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6 avril 2016

Les Fragiles - Cécile Roumiguière.

« C'est bien la vie, ça : on croit tout prévoir, avoir tout bon, et paf, il y a un truc qui vient tout gâcher. »


Auteur : Cécile Roumiguière.
Éditions : Sarbacane (collection Exprim).
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 200.

Synopsis : « Drew a dix-sept ans. On est grand à dix-sept ans. Pourtant, dans sa tête, Drew est encore cet enfant de neuf ans qui a pris le racisme de son père en plein plexus. Drew déteste son père tout en cherchant à lui plaire. Jusqu'au jour où il rencontre… Sky, une fille aussi fêlée que lui. Et SOLAIRE. Et BELLE ! Une fille qui, comme lui – mais comme son père aussi -, est une Fragile. »


Mon avis :
Les Fragiles, c'est le troisième roman Exprim' de l'année, et je dois avouer que je l'attendais avec une immense impatience. J'avais besoin d'une lecture forte, d'une lecture qui puisse me choquer, me surprendre, m'émouvoir. Tout sauf me décevoir, voilà tout. Alors, lorsqu'il est arrivé, je m'y suis plongée toute entière.

Drew a dix-sept ans, mais il a aussi neuf ans, treize ans… Son père, quelque soit son âge, est raciste. Mais c'est aussi son père. Il s'appelle Cédric, et sa femme, Cindy, tente parfois de défendre Drew. Sky, elle aussi, elle a des âges différents. L'auteur nous emmène dans un récit qui mêle l'année des dix-sept ans de Drew à son passé, à partir de ses 9 ans. Mais on a aussi cette première page qui nous trouble, qui nous intrigue, une première page inattendue, on relit le résumé, on ne comprend pas. Tout est flou, mais on sait que tout finira par s'éclairer. Drew est un personnage si humain, si fragile. Mais il n'est pas le seul. On ne le pense pas en commençant ce roman, mais chaque personnage est fragile, à sa manière. C'est l'un des aspects les plus étonnants de ce roman : penser ne ressentir qu'un seul et unique sentiment envers un personnage, et découvrir que non, il y en a plein d'autres qui sont tout simplement surprenants. Vous allez vous attacher à des personnages alors que vous ne l'auriez même pas imaginé, cette idée vous aurait même fait doucement rire. Mais, croyez-moi, c'était une sacrée expérience que de ne plus se sentir maître de ses émotions.

Ces récits croisés des vies de tous ces personnages ne nous embrouillent absolument pas, chaque page ajoute des éléments afin de construire une histoire, et nous savons que seules les dernières pages nous révéleront ce que nous désirons savoir depuis ce fameux prologue, inoubliable, gravé dans notre esprit. Mais entre tout ça il y a des mots tellement forts, tellement puissants, comme le racisme. Des mots qui nous obsèdent, auxquels on réfléchit. Ce livre nous remet nous-même en question sur ce que l'on ressent. C'est comme si je culpabilisais d'être touchée par un personnage qui aurait dû me répugner. C'était étrange. Et gênant. Même en refermant ce livre, je me posais des questions. Devais-je ressentir ça ? Était-ce normal ? Je l'ignorerai toujours. Tout comme chacun des personnages, qui vit à sa manière, qui évolue malgré les obstacles, qui passe par-dessus les difficultés que lui impose son niveau social, l'influence parentale, l'influence extérieure. Ce livre aborde l'adolescence et tout ce brouhaha d'émotions ressenties à cette période, encore plus lorsque les valeurs enseignées par nos parents perturbent celles que nous apprenons chaque jour en communauté, à l'école, avec d'autres personnes. Tout nous est unique, même l'histoire d'amour est si singulière. Aucune scène n'est à mettre de côté, chacune d'entre elles est primordiale pour que nous comprenions un peu plus les idées de Drew, ou même de Sky. Ou même de Cédric. Les idées des fragiles.

Je ne crois pas que l'auteur veuille nous faire passer un message en particulier, elle nous raconte simplement une histoire, et les messages, elle sait que nous les trouvons nous-même à travers tout ce que nous ressentons au fil des pages. Le style est particulier, particulièrement précis sur les vagues émotionnelles ressenties par Drew, Sky, Cédric, Cindy, Mariji… On se sent si proche de cette histoire qu'on a l'impression d'avoir traversé le papier pour vivre chaque événement, pour accompagner Drew du début à la fin. Si les premières pages réussissent à vous accrocher au récit, alors vous ne pourrez plus vous passer de ce roman. Mais vous aurez aussi ce désir profond de le savourer, de ne pas finir trop vite, pour pouvoir songer à tout ce qu'il contient, y songer plus longtemps.

Les Fragiles est un roman unique. Unique pour son style particulier, son sujet riche et diversifié, ses personnages si humains et si hors du commun. Unique pour les émotions que vous allez ressentir et les questions que vous allez vous poser. Pour moi, ce livre était comme un cadeau bien emballé : j'ignorais à quoi m'attendre et je n'ai cessé d'être surprise du début à la fin. J'ai adoré cette lecture si puissante, si profonde, qui nous rend si fragiles.

Une lecture excellente, surprenante.

3 mars 2016

Laisse brûler - Antoine Dole.

« Ça leur suffit à tous : les apparences. »

Auteur : Antoine Dole.
Éditions : Sarbacane, collection Exprim.
Genre : Contemporain, Jeunesse.
Année de sortie 2010.
Nombre de pages : 189.

Synopsis : «Il y a Noah, abonné à « l’auto-lynchage mental », qui se gave de rancœur et de médicaments depuis six ans – depuis qu’un certain Julien l’a anéanti. Ses journées, il les passe assis sur un banc, en bas de l’endroit où c’est arrivé. Il y a Maxime, scénariste-télé raté, qui tombe amoureux de Noah juste au moment où celui-ci rompt avec lui : et ce qu’il croit d’abord être une banale rupture fait exploser sa vie. Et puis il y a Julien, animateur-vedette d’une petite chaîne câblée, qui s’éveille nu, dans une cave, ligoté à une chaise... Noah, Julien, Maxime : trois trajectoires qui se croisent et s’embrassent pour mieux s’embraser. À l’origine de ce triangle noir, un secret profond, abyssal ; le brasier d’une plaie ouverte qui consume les êtres et les pousse aux pires folies.»
Mon avis :
Antoine Dole est l'auteur de Je reviens de mourir et A copier cent fois. Deux romans forts, chacun à leur manière, et deux romans qui choquent, qui réveillent. Il possède un style unique, et cela faisait longtemps que je ne m'étais pas replongée dans l'une de ses histoires. Une chose est sûre : dès que l'on termine un de ses romans, on cherche partout où est-ce qu'on pourrait en lire un autre. C'est comme une addiction.

Trois personnages, trois chemins qui se croisent et qui s'éloignent. Noah, anéanti par un certain Julien, enchaîne les médicaments. Maxime, qui était amoureux de Noah quand ce dernier a rompu, va prendre des décisions qui bouleverseront sa vie. Et Julien, lui, se réveille nu dans une cave, ligoté. Trois hommes, amoureux des hommes, souffrant à cause des hommes. Ils sont torturés par leurs pensées les plus profondes, et suivre ces longs monologues intérieurs si sombres sont des moments aussi passionnants qu'horrifiants. Ils sont perdus, déçus de cette société, terrifiés par les autres, et par eux-même. On s'attache à Noah pour ses blessures qui nous sont au début inconnues. On apprécie Maxime pour ses sentiments si intenses. On plaint Julien pour sa situation actuelle, on commence par le détester, et finalement on ne sait plus trop. On ne sait jamais vraiment, avec ce livre, si ce n'est qu'on lit une histoire extraordinaire.

Cette histoire dénonce des choses si importantes de notre société, de l'homme, de sa cruauté, de son animalité ainsi que de son inhumanité, parfois. Je ne peux pas vous dire ce qui est dénoncé, je ne veux rien vous révéler, il faut lire ce roman choc pour savoir. C'est une réalité si peu abordée par les médias, par les auteurs, mais elle existe, et je ne peux que remercier Antoine Dole pour savoir mettre les mots sur ce que d'autres n'osent même pas évoquer. On suit la déchéance de Noah, et on en apprend davantage sur toutes les cicatrices invisibles de son être. Un personnage qui m'a fait ressentir de l'espoir, finalement, bien que je ne m'y serais pas attendue. Puis on suit Maxime, son cœur brisé, sa folie, ses idées, sa déprime. Un personnage qui montre le côté extrême de l'homme, ses prises de décision trop souvent soudaines. Et Julien, qui se retrouve là sans comprendre, Julien qui se remet en question, sans cesse. Les situations les plus soudaines peuvent mettre les gens face à eux-même sans qu'ils ne s'en aperçoivent.

Antoine Dole garde son style si cru, si violent, si choquant. Il veut nous marquer, nous montrer à quel point certaines choses ne fonctionnent pas, ici, sur Terre, entre nous et les autres, entre les autres entre eux. Sa plume n'hésite pas sur les mots, sur les situations, elle nous dévoile des réalités dans leurs aspects les plus sombres. C'est retournant, c'est perturbant, et une fois le livre fini, on en ressort changé. Chamboulé. Anéanti. On en veut davantage mais on est heureux que ça s'arrête. Que d'émotions contradictoires. On parle de l'Homme, en général, de l'homosexualité, aussi, ainsi que des préjugés qui poursuivent l'homme, et l'Homme. On parle de tout, de manière unique.

Ce livre n'est pas un coup de cœur : il a plutôt fait brûler mon cœur. Est-ce différent ? Est-ce plus fort ? Je n'en sais rien, je laisse brûler. Si j'en dis trop sur ce livre, je vous dévoile un peu l'histoire, ce que je refuse. Mais là, j'ai l'impression de ne pas en dire assez pour vous convaincre. C'est un livre qu'il faut lire, je ne sais pas comment vous persuader de l'acheter, mais j'aimerais vraiment que vous le découvriez. C'est au-delà de tout ce que vous avez pu lire jusqu'à maintenant, ça va vous perturber, certes, mais vous allez aussi réfléchir à énormément de choses, suite à cette lecture.

Un livre unique, retournant, brûlant.

2 février 2016

London Panic ! - Marie Vermande-Lherm.

« Londres a l'air d'une énorme caverne d'Ali Baba, dégoulinante d'or et de lumière. »

Auteur : Marie Vermande-Lherm.
Éditions : Sarbacane, collection Exprim.
Genre : Jeunesse.
Date de sortie 3 février 2016.
Nombre de pages : 156.

Synopsis : « Lucie n'aurait jamais dû entrer en guerre ouverte contre sa prof d'anglais : la voilà privée du voyage scolaire à Londres dont elle rêvait. Tant pis : ce voyage, elle le fera, coûte que coûte ! Quitte à vendre son âme (ou presque !) à un mystérieux camarade de classe - l'étrange et peu loquace Abu -. Quitte à s'improviser baby-sitter dans la famille farfelue d'un authentique lord anglais. Quitte à courir aux quatre coins de Londres sur la piste d'un petit prophète de 1m20, disparu en plein shopping ! Quoiqu'il arrive, Lucie : Don't Panic ! »

Mon avis :
Cette année, vous allez en voir passer des romans Exprim' sur le blog car je compte bien lire tous ceux de 2016. Pourquoi donc ? Parce que chaque roman Exprim' me laisse toujours un merveilleux souvenir de lecture, et je ne veux pas en manquer un seul. Alors London Panic, avec sa couverture pleine de couleurs, son résumé plein de bonne humeur, je m'attendais à un moment amusant et agréable. Et, ça ne m'étonne bien évidemment pas : j'ai eu ce que j'attendais.

Lucie est privée de voyage à Londres, mais ce n'est pas grave, car elle va forcément trouver une solution à son problème. Elle y compte bien. Quitte à se faire passer pour quelqu'un qu'elle n'est pas, et à mentir aux gens, elle ira dans cette merveilleuse ville d'Angleterre, il le faut ! Lucie, c'est juste l'humour et l'amour incarnés. Un personnage plein de joie de vivre, qui ne cesse d'enchaîner les blagues sans même le vouloir, et qui aime les personnes qui l'entourent avec une grande intensité. Je me suis tellement attachée à elle ! Et puis si on ajoute au clan un petit prophète de 1m20, un grand gaillard tout nu et une voiture qui coûte plus de 100000€, ça donne une aventure plus qu'extraordinaire !

Lucie est très douée pour se fourrer dans des histoires pas possibles, et elle nous le prouve bien tout au long du roman. J'ai trouvé que les événements s'enchaînaient à la perfection pour nous faire ressentir un mélange de rigolade et d'émotions. Au delà de tous les moments marrants, il y a aussi de très beaux messages, de très beaux passages, qui sont capables de nous mettre la larme à l’œil ou de nous faire sourire de bonheur, tout simplement. C'est simple, mais c'est merveilleux, en fait. Et ces deux mots résument parfaitement cette histoire. Parce qu'on a ce livre entre nos mains, et on se demande où toute cette histoire peut nous mener, puis on commence à comprendre, on commence à saisir les petits subtilités du récit, et là on ne lâche plus ce livre, hors de question avant d'être arrivé à la dernière page. Une dernière page qui a dessiné un IMMENSE sourire sur mon visage, une dernière page qui conclut si bien ce roman. Je pourrais presque vous le conseiller rien que pour cette dernière page, mais ça serait réducteur car ce livre en entier est génial, dans sa totalité. C'est à dire toutes ses pages, du coup.

Le style de l'auteur est totalement unique (ça fait 48645164 de fois que je vous le dis, je sais, mais c'est justement ce que j'adore avec les romans Exprim' : une plume totalement propre à l'auteur, un style recherché tout en étant naturel, bref j'aime j'aime j'aime). Certes, sur le début, j'ai eu une (très) petite appréhension, je l'avoue, car comme il s'agit d'un style que l'on n'a pas l'habitude de lire, j'ai eu besoin d'un léger temps d'adaptation. Bon, très léger car il m'a suffit de quelques pages seulement pour comprendre que l'auteur est super talentueuse et qu'elle a écrit un livre absolument fabuleux. Du coup, ce style, je vous conseille de le découvrir, et même si au début ça vous semble spécial, vous verrez justement que ce côté spécial est extraordinaire. Et si ça sort de l'ordinaire, alors c'est fantastique.

Lucie répète sans cesse à la fin des chapitres « et alors, après, il s'est passé quoi ? » et c'est ce que je me suis dit en refermant ce livre. Je n'avais ni envie de quitter les personnages, ni envie de me dire que ça y est, c'était déjà fini, cette super histoire. Alors j'ai été obligée d'imaginer une suite toute seule (snif). Mais du coup, j'ai terminé ce livre des étoiles plein les yeux, avec de merveilleux souvenirs en tête, et j'adore ça. Du coup, je vous conseille beaucoup ce roman si, vous aussi, vous voulez vivre une aventure pas comme les autres.

Une histoire formidable.

5 janvier 2016

Dans le désordre - Marion Brunet.

« La fin de l'amour a pour elle une odeur de lessive, de jasmin et de soleil. »

Auteur : Marion Brunet.
Éditions : Sarbacane (Exprim)
Genre : Jeunesse, Contemporain.
Date de sortie 6 janvier 2016.
Nombre de pages : 251.

Synopsis :
« Ils sont sept. Sept qui se rencontrent en manif, dans la révolte, dans le désordre, refusant la vie qu'on leur impose. Ils décident de vivre ensemble, en squat et en meute. Et au cœur de la meute, il y a Jeanne et Basile, qui découvrent l'amour, celui qui brûle et transporte. »


Mon avis :
Marion Brunet était déjà à mes yeux l'auteur de romans marquants, poignants, touchants et révoltants, avant même que je ne me plonge dans sa nouvelle parution qui a semé un sacré désordre dans mon esprit. Un désordre positif, évidemment, mais qui va me donner du fil à retordre pour expliquer clairement mon avis sur ce livre. Merci, merci, merci aux éditions Sarbacane pour ce roman.

C'est l'histoire de sept personnes, d'âges différents, qui se rencontrent lors d'une manifestation. Chacun d'entre eux n'apprécie pas le système dans lequel ils vivent, et ensemble, ils veulent trouver un moyen de faire changer les choses. Ils vont vivre ensemble, en squat, avec comme plus grand désir de semer le désordre pour bouleverser les petites habitudes de la société. Et parmi tous ces semeurs de trouble, il y a Basile et Jeanne, qui vont vivre l'amour. Ce qui est incroyable, c'est qu'ils sont nombreux. Sept personnages, on ne voit pas ça dans tous les livres. Et ce qui sort de l'ordinaire, c'est qu'on s'attache à chacun d'entre eux. Ils ont tous une place très importante dans notre cœur, parce que Marion Brunet n'en laisse aucun de côté. On découvre leur passé, on apprend à vivre avec eux et on les aime tellement qu'on aimerait vraiment vivre cette aventure avec eux, tout quitter et s'installer dans le squat pour changer, vivre autrement, découvrir une vie différente.

C'est un sujet nouveau, du jamais vu pour ma part, un roman sur la révolution contre notre société actuelle. Des manifestations, des envies de changer le monde pour vivre comme on l'entend. Mais ce livre n'est pas que pour les révolutionnaires. Ce n'est pas parce que je n'ai pas la même vision des choses que les personnages que je n'ai pas aimé ce livre, loin de là. J'ai adoré découvrir les idées qui animent les esprits de ces hommes et de ces femmes qui désirent vivre autrement. Les romans de la collection Exprim' nous font découvrir d'autres horizons, de nouveaux pays, des manières de penser différentes de ce que l'on trouve habituellement dans les livres. Ce sont des romans qui ouvrent l'esprit, qui font réfléchir, qui peuvent même parfois nous faire changer d'avis sur nos idées habituelles. J'aime ce pouvoir qu'a la lecture, et j'aime ce talent qu'a Marion Brunet pour nous faire sortir des terrains vus et revus afin de nous emmener sur des sentiers de terre, au creux de la forêt, sous des tentes et sur des couchages à la belle étoile. J'ai tellement apprécié les personnages, leur amitié naissante, leur installation ainsi que les diverses péripéties qui se sont imposées à eux. Je me suis beaucoup intéressée à leur histoire, avec le désir de voir mon esprit s'ouvrir à de nouveaux idéaux et se fermer aux préjugés que l'on peut avoir. C'était étrange de lire des envies inverses aux miennes, et j'imagine qu'on réagit tous différemment face à cette situation. J'ai pour ma part adoré faire cette expérience unique de lecture. Cette expérience enrichissante, que je vous recommande de vivre car elle pourrait changer beaucoup de choses en vous. Une impression de laisser une partie de vous même dans le squat, avec les 7 habitants de ce cocon de vie, d'amour et de révolte.

La plume de Marion Brunet est une nouvelle fois incroyablement percutante. Elle est capable de vous faire sourire puis de vous faire passer à un sentiment de colère dans la seconde qui suit. Et le plus fou, c'est qu'il m'est arrivé quelque chose que je n'aurais jamais imaginé : j'ai pleuré. J'ai pleuré comme une enfant, j'ai mouillé les pages de mes larmes, et ça ne s'arrêtait jamais. Mes sanglots redoublaient sans cesse et les larmes brouillaient ma vue, je ne pouvais même plus continuer ma lecture. Tout ce roman est incroyablement touchant. J'ai vécu des moments de rire, des moments de larmes, et tant de révolte et de colère ont pris place en moi au fur et à mesure que je tournais les pages. Chaque mot avait le don de me toucher au plus profond de moi. Dans mes moments de larmes, chaque phrase accentuait mes pleurs, et dans mes moments de rires, chaque paragraphe faisait s'étirer le sourire que j'avais sur mes lèvres. J'ai tellement envie que vous lisiez ce roman, j'ai tellement envie de le faire découvrir à de nombreuses personnes. J'aimerais que le monde entier le lise pour pouvoir partager toutes ces émotions que j'ai ressenties.

Si vous ne l'aviez pas encore compris, Dans le désordre est un sacré coup de cœur. Un coup de poignard dans le cœur, aussi. Un roman incroyable, un roman touchant, un roman déroutant. Poignant, révoltant. Ce roman a tout pour être bon, mais il est encore plus que ça. Il est unique, il est tout ce que vous n'avez pas encore lu et tout ce que vous devez lire dès aujourd'hui. Alors il faut se rendre à la librairie la plus proche, et l'acheter, pour ensuite le savourer, ou bien le dévorer. Peu importe, l'essentiel, c'est qu'il faut le lire.

Un coup de cœur.

28 décembre 2015

Dysfonctionnelle - Axl Cendres.

« J'ai mis dans ses yeux tout le soleil qu'il y avait dans les miens. »

Auteur : Axl Cendres.
Éditions : Sarbacane (Exprim)
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2015.
Nombre de pages : 305.

Synopsis : « Fidèle, alias Fifi, alias Bouboule, grandit dans une famille Dysfonctionnelle ; Papa enchaîne les allers-retours en prison, Maman à l’asile ; mais malgré le quotidien difficile, Fidèle vit des moments de joie, entourée de ses six frères et sœurs aux personnalités fortes et aux prénoms panachés : Alyson, JR, Dalida, Jésus… Cette tribu un peu foldingue demeure Au Bout Du Monde, le bar à tocards que tient le père dans Belleville, théâtre de leurs pleurs et rires. À l’adolescence, la découverte de son « intelligence précoce » va mener Fidèle à « l’autre » bout du monde : un lycée des beaux quartiers où les élèves se nomment Apolline ou Augustin, et regardent de haut son perfecto, ses manières de chat de gouttière et ses tee-shirts Nirvana. Mais c’est aussi là que l’attend l’amour, le vrai, celui qui forme, transforme… CELUI QUI SAUVE. »

Mon avis :

Au salon du livre de Montreuil, j'ai pu faire dédicacer ce roman, et Axl Cendres a écrit « Si ce livre ne te plaît pas, tu as le droit de venir me donner un coup de poing ». Je suis navrée de vous décevoir, mais je ne vais pas vous montrer ma force de moineau en allant donner un coup de poing à Axl, car ce livre m'a plu, c'était même plus que ça. Merci aux éditions Sarbacane pour cette découverte incroyable.

Fidèle a une famille complètement dysfonctionnelle, ce genre de famille qu'on rêverait de rencontrer, mais certaines personnes ne sont certainement pas de notre avis. Avec un papa kabyle qui fait plusieurs séjours en prison, une maman juive convertie au christianisme où les séjours se passent dans un asile, une grand-mère musulmane et 6 frères et sœurs, Fidèle est servie. Ce sont des personnages totalement déments qu'on a là. Les prénoms nous font déjà rire quand on les découvre (ainsi que les raisons qui ont amené les enfants à se nommer de cette façon), puis les personnalités sont à mourir de rire. Chacun est si différent, si unique en son genre et si engagé dans sa cause. C'était un réel plaisir d'en apprendre toujours plus sur chaque personnage vivant au Bout du monde. Et puis, il y a aussi les gens de l'extérieur, intéressants eux aussi, surtout par le contraste qu'ils marquent à côté de la famille de Fidèle. J'ai été totalement décontenancée par ce livre. Les personnages étaient tous plus dingues les uns que les autres, tout en étant si humains et si touchants que ce livre devenait une véritable perle rare à mes yeux. Je n'avais jamais lu ça, et j'ai envie de vous faire découvrir ça, justement, mais je n'ai pas les mots pour vous expliquer à quel point c'était… dysfonctionnel, comme roman.

Ce livre est une bouffée d'air frais et de folie. Et pourtant, derrière tout ce masque d'humour et d'amusement, il y a des personnes qui ont vécu des choses indicibles. Derrière la légèreté de cette histoire on distingue la dureté de la vie. C'était un mélange de tout, d'amour et de tristesse. Mais c'est surtout un livre qui nous oblige à être tolérant. Il y a tellement de personnages différents avec des origines différentes, des pratiques uniques, des religions propres à eux-même, des envies personnelles, qu'on ne peut pas être fermé d'esprit face à eux. Non, il faut aimer tout le monde (quoique non, certains personnages sont imbuvables, mais eux on a raison de ne pas les aimer, je vous assure). J'ai adoré cette immense diversité du roman qui rend chaque chose étrange totalement banale. Ça nous montre qu'on a pas besoin d'être « normal » pour être heureux. Ça nous montre aussi qu'on apprend énormément pendant l'enfance et qu'on est très attentif à l'éducation reçue par nos parents. Et puis l'amour, l'amour, sa présence rend le tout merveilleux, magique, ça nous fait rêver. C'est une histoire qui nous touche en plein cœur et qui nous fait sourire, tout le temps, toujours. J'ai trop de choses à dire sur ce livre, mais je ne vais pas les dire, et je vais vous laisser le lire, comme ça on pourra se les dire ensemble.

Découvrir la plume d'Axl Cendres fut un immense plaisir. J'ai ri comme jamais, parce que c'est rare de vraiment rire quand on lit un roman, mais avec cette auteur absolument pas. Tout ce qui est rare devient normal, alors j'ai ri souvent, et ça me rendait heureuse, ce livre faisait mon bonheur dès que je m'y replongeais. C'était dingue, comme lecture, c'était invraisemblable, j'avais envie que tous les lecteurs du monde le lisent en même temps que moi pour qu'on puisse en parler tous ensemble, rire et pleurer ensemble, discuter pendant des heures de tel ou tel personnage. J'ai ressenti tellement de choses, j'ai tellement envie de vous donner envie de le lire. Je ne sais pas trop comment m'y prendre sans vous y obliger. Ah ! Je sais : « Si tu ne lis pas ce livre, j'ai le droit de venir te donner un coup de poing ! »
(mais du coup oubliez que je vous ai dit que j'avais une force de moineau, parce que je suis pas très impressionnante sinon)

Ce livre est une histoire de folie. Ce roman est incroyable, renversant, touchant. Il vous parle de tout, il vous faire rire aux éclats, il vous touche et il vous re-touche en plein cœur. Des personnages hors du commun qui vous offrent une histoire unique, inoubliable, à lire de toute urgence. Sinon, je mettrai ma menace à exécution (et attention, là je suis sérieuse, vous devez VRAIMENT lire ce roman, c'est très très important).


COUP DE CŒUR.

24 septembre 2015

La fille de la ville - Boris Lanneau.

« La fille de la ville faisait des pointes sur la lune, elle avait les étoiles à ses pieds. »

Auteur : Boris Lanneau.
Éditions : Sarbacane (collection Exprim').
Genre : Jeunesse, Contemporain.
Année de sortie : 2015.
Nombre de pages : 293.

Synopsis : « Cinq potes à la vie à la mort, cinq gars de la campagne : ils se sur- nomment « l’Équipe ». Il y a Attila, le chef ; Dolby, le petit gros ; Dudu, celui qui conduit la 2-Chevaux, toujours bien coiffé dans ses chaussures bateau. Le quatrième, fou et footeux, c’est Jmenba, qui rêve de Gepffroy-Guichard. Et le dernier, c’est Rouge-Gorge, le poète. Cinq gars de la campagne, avec une 2-Chevaux et des rêves de fille de la ville – cette fille incroyable qui les a tous éblouis l’été dernier. Il paraît qu’elle revient le mois prochain. Tous veulent la conquérir, bien sûr… mais suite à une chasse au lièvre à fond la caisse, tout tombe à l’eau : la 2-Chevaux et les rêves. Heureusement, l’Équipe n’a pas dit son dernier mot ! »
Mon avis :
Les éditions Sarbacane ont des romans plus fous, plus amusants et plus passionnants les uns que les autres. Je m'attends donc toujours à plonger dans une lecture nouvelle, unique, et c'est ce que j'attendais de La fille de la ville, car rien que son résumé promettait de grandes choses. J'ai été surprise par ce livre, parfois dans le bon sens, parfois dans le mauvais (et heureusement le bon rattrape le mauvais), mais laissez-moi vous expliquer plus en détails mon ressenti sur ce récit.

L’Équipe est composée de cinq gars de la campagnes, qui sont amis depuis longtemps et qui comptent le rester à la vie à la mort. Cinq gars tous très différents, mais assez semblables pour tomber tous les cinq amoureux de la fille de la ville. La fille de la ville, personnage énigmatique qui nous intrigue tout au long de notre lecture, on pourrait la comparer à un rêve, cette fille qu'ils aiment tant. Cette année, elle revient pendant les vacances, et ils comptent bien mettre le paquet pour l'impressionner ! C'est là que des soucis se posent, des petites embûches semées par-ci par-là qu'ils vont devoir contourner, ensemble, afin de montrer à leur bien-aimée de quoi ils sont capables. Ils ne se nomment pas l’Équipe pour rien ! Ce sont des personnages très atypiques car les gars de la campagne, ça ne cause pas comme une fille de la ville, justement. Ils parlent à leur manière, ils ont un vocabulaire qui, en plus d'être familier, est propre à eux-même : quelque chose que nous n'avons pas l'occasion de voir tous les jours, dans nos lectures habituelles, ça nous fait justement sortir de nos genres favoris pour nous faire découvrir un peu de nouveauté.

C'est là que mon avis devient plus difficile à écrire : j'ai été séduite par l'histoire dans sa globalité, une fois que j'ai terminé le livre, mais le début ne m'a pas énormément convaincue, j'appréhendais la suite (heureusement, tout s'est bien passé ensuite pour que j'apprécie ma lecture). C'est un style spécial étant donné qu'on a justement affaire à des personnages peu communs d'où leurs origines, leur mentalité et donc leur vocabulaire villageois. Et un bon nombre de personnages avec de nombreux surnoms qui rendent le début du roman un peu brouillon, jusqu'à ce que tout se stabilise et qu'on comprenne – et qu'on adore ! Je dirais donc que les lecteurs pourraient être assez perdus au début du roman, mais si vous avez envie de lire une belle histoire d'amitié, il ne faut pas hésiter, vous pouvez être sur de découvrir un récit qui sort de l'ordinaire !

La plume de l'auteur est donc agréable à lire, amusante à découvrir et drôle à traduire. Le style des campagnards est gardé tout au long du récit, on s'y habitue avec facilité, et surtout on découvre des idées étonnantes dans l'esprit de Boris Lanneau. J'ai adoré la tournure que prend l'histoire, vraiment. Les idées de l'auteur, tous les événements qui se produisent, qui s'enchaînent, pour une conclusion qui nous donne le sourire, qui nous amuse, et c'est ce que j'ai le plus apprécié : c'est comme si cette histoire avait une morale. Une morale que je ne vous dirai pas, évidemment, car pour la découvrir, il faut lire ce livre, afin de ressentir tout le plaisir de la trouver, de l'apprécier, d'y réfléchir et de l'approuver.

C'est donc un roman qui sort grandement de mes lectures habituelles, au niveau du style, tout était très nouveau pour moi. Malgré mes appréhensions, j'ai aimé découvrir ce genre, j'ai aimé les personnages et j'ai surtout aimé les idées qui ont donné un fil particulier à l'histoire. La fin du roman m'a vraiment plu, et elle a effacé les petits défauts qui pouvaient rendre cette lecture moins passionnante. Je vous conseille donc ce roman en sachant très bien qu'il ne plaira pas à tous, mais je le conseille tout de même : soyez aventureux, soyez curieux, ayez cette folle envie de découvrir un style nouveau !

Un bon roman qui sort de l'ordinaire.

23 août 2015

Quelqu'un qu'on aime - Séverine Vidal.

« Il voudrait garder ce moment, le retenir. Mais il ne peut pas, le présent file et c'est comme ça. »

Auteur : Séverine Vidal.
Éditions : Sarbacane (collection Exprim).
Genre : Contemporain, Jeunesse.
Date de sortie : 26 août 2015.
Nombre de pages : 205.

Synopsis : « Matt craignait le pire. Il sent sur son cou la main de son grand-père, qui prend la parole :
Je perds la mémoire. Et ce jeune homme, assis là, il m'emmène en tournée à travers les USA pour réveiller les souvenirs enfouis. C'est pas beau, ça ?
Antonia et Luke hochent la tête ensemble, parce qu'ils sont émus, Matt le voit dans le rétro.
Gary relâche son étreinte et :
Qui pourrait rêver meilleur petit-fils, hein ?
Matt craignait le pire et ce n'est pas ce qui est arrivé. C'est même tout le contraire. »


Mon avis :
Quelqu'un qu'on aime est un roman qui même sans l'ouvrir m'a déjà plu : sa couverture est tout simplement sublime. Et en lisant le roman elle prend tout son sens. Je ne connaissais Séverine Vidal que par un de ses romans jeunesse, j'ignorais donc ce que cela pouvait donner avec une écriture un peu plus matière. Curieuse de le savoir, je me suis plongée dans ce roman, et je peux vous dire une chose : mon ignorance a été remplacée par une grande admiration.

Ce sont plein de personnages dans ce roman, et si peu à la fois. Gary, notre bon papy qui perd la mémoire et qui est à l'initiative de ce road trip pour retrouver la mémoire. Matt, son petit-fils, jeune père, l'accompagne dans ce périple. Sa fille Amber, encore un bébé, est là elle aussi. Puis Antonia et Luke, nos deux nouveaux compagnons, sont du voyage. Ces 5 personnes vont apprendre à se connaître jusqu'à former une vraie famille, une famille dont on fait nous aussi partie, et c'est d'autant plus touchant quand on lit un livre de se sentir aussi impliqué dans le récit. Je les ai tous trouvés tellement attachants, émouvants, j'avais envie d'en savoir plus sur leurs histoires passées, certains personnages ayant des vies plus mystérieuses que d'autres. On apprend à les connaître en même temps qu'eux-même apprennent à se connaître, et ça donne à ce roman un côté très agréable car on appartient au groupe, à l'histoire. On vit le road-trip avec eux.

C'est une histoire vivante, réelle. Les personnages sont humains, on les découvre tels qu'ils sont, avec leurs qualités comme leurs défauts. On peut voir leurs points forts comme leurs faiblesses, on ne les juge pas, on les aime tellement. J'ai vraiment apprécié ce voyage qui était émouvant, aucun autre mot ne correspond aussi bien à ce récit. L'intrigue est simple, et pourtant ce livre est passionnant. On est à l'aise parmi les membres de cette nouvelle famille, c'est donc un plaisir de se replonger dans l'histoire afin de continuer l'aventure, chaque nouveau chapitre nous apprenant davantage de tel ou tel mystère. C'était plein d'amour et plein d'espoir, ça nous donne envie de claquer la porte de chez nous et de partir, loin, de s'évader sur les routes comme ils le font si bien. C'est un roman qui détend, qui touche, parfois en plein cœur, qui nous fait rire, sourire, mais qui peut aussi nous faire pleurer. Un petit roman qui renferme de grandes choses.

Mais si tout ça est si beau, si agréable, si touchant, si émouvant, c'est évidemment grâce à la plume de Séverine Vidal. Je vous le dis tout le temps mais les auteurs de la collection Exprim, bien qu'ils aient chacun leur propre style, ont une petite ressemblance dans leurs histoires en général, une plume assez familière qui nous rapproche encore plus de l'histoire, et surtout un style plus passionnant que jamais. Ce que j'ai retrouvé chez Sévérine Vidal, et surtout ce que j'ai énormément apprécié. C'est poétique tout en étant simple, c'est agréable et rempli d'émotions. Une plume que j'aime beaucoup, des idées que j'ai vraiment trouvées excellentes et une fin qui m'a énormément plu. Et quand la fin me plaît, alors c'est que le roman tout entier m'a plu.

Ce livre est donc un roman à lire, surtout à cette période de l'année – les vacances se terminent et vous avez besoin d'évasion. Un livre qui nous fait voir la vie positivement même quand elle n'est pas toujours belle, un road-trip passionnant et amusant, des rencontres qui nous touchent en plein cœur et une plume envoûtante, poétique, le tout pour un roman émouvant que je ne peux que vous conseiller de tout cœur.

Une merveilleuse lecture.

9 juin 2015

Coeur de Brindille - Yves-Marie Robin.

« Une étincelle de joie brillait dans le regard des amoureux – une de celles qui enflamment la vie. »

Auteur : Yves-Marie Robin.
Éditions : Sarbacane, collection Exprim.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie : 2015.
Nombre de pages : 188.

Synopsis : « Été 1975, Cité des Biscottes, dans le Nord de la France. Lolita dite Brindille, une adolescente de 15 ans, vit seule avec sa mère, alcoolique notoire. En vraie « fleur de béton », Brindille ne rêve que de partir – d’abord et avant tout, pour revoir son frère aîné Angelo, incarcéré à Marseille. C’est à l’occasion d’une rencontre foudroyante avec un jeune jongleur travaillant dans un cirque tzigane qu’elle concrétise ce désir… au grand désarroi de son professeur de lycée, très attaché à cette élève atypique qui va se lancer à sa poursuite. Mais Lolita laisse peu de traces ; lancée sur les routes avec le cirque, elle apprend le métier, change d’identité, s’adapte aux péripéties en suivant son instinct, toujours. En cargo, à pied ou sur la selle d’un scooter, elle ira jusqu’au bout de son aventure... par le chemin où naissent les légendes ! »

Mon avis :
Une nouveauté des éditions Sarbacane, un nouveau roman Exprim : il me fallait ce livre. Cette collection a ce don de toujours me faire découvrir des romans uniques et hors du commun, je ne pouvais donc pas passez à côté d'une sortie qui me donnait fortement envie – de par sa sublime couverture, son magnifique titre, ou encore son résumé très prometteur. Je remercie donc Charlène et les éditions Sarbacane pour m'avoir envoyé ce roman : grâce à vous, je connais à présent une plume nouvelle et surprenante.

Lolita, que tout le monde appelle Brindille, est une jeune fille à qui la vie n'a pas fait de cadeaux. Une mère alcoolique et un frère prisonnier – ce dernier lui manquant énormément, elle rêve de le retrouver, après tant de temps passé loin de lui. Sa rencontre avec Diego va marquer un grand tournant dans sa vie : Brindille devient libre comme l'air. C'est un personnage hors du commun que nous avons là. Une jeune fille franche, au langage très familier, avec une vision de la vie difficile au vu de son passé ; pourtant Brindille est une adolescente formidable, attachante, qui donne beaucoup de son être pour aider, pour plaire, et qui nous touche grandement malgré sa carapace très solide recouvrant une souffrance que nous n'avons pas de mal à deviner.

Les chapitres alternent avec de nombreux points de vue, celui de l'adorable Brindille, celui du malheureux Angelo, son frère, qui passe ses jours à attendre en prison, ainsi que celui du professeur de Brindille, un homme prêt à tout pour son élève. Nous assistons aussi à l'échange qui a lieu entre Brindille et son frère sous forme de lettres qu'ils s'envoient l'un à l'autre afin de se donner des nouvelles régulièrement. C'était agréable de suivre cet échange qui, bien que cela ne soit pas explicite, était rempli d'amour du premier mot au dernier. Brindille vit une folle aventure, rencontre des personnes aimantes, et on ne peut que souhaiter le bonheur de cette jeune fleur – sa tige ne demande qu'à grandir, qu'à s'épanouir.

Le style, et venons-en à lui avec beaucoup de sérieux, car il est bien la seule barrière qui puisse faire appréhender un lecteur qui n'a lu que les premières pages. C'est un style très particulier, un style unique, familier et pourtant si poétique, qu'il est difficile de le décrire avec des mots. Il faut le lire pour vraiment saisir l'impact que la plume de l'auteur peut avoir sur nous, avec de simples mots. Je peux comprendre que certains n'apprécient pas cette manière d'écrire, il m'arrivait de relire pour mieux saisir, mais j'ai tout de même adoré ce moment de découverte, lire quelque chose de nouveau, d'inhabituel, qui sort de mes lectures de tous les jours. On accroche ou on n'accroche pas, moi j'ai adoré la plume et je peux dire que j'ai voyagé avec le cirque !

Ce livre est unique, il nous fait rire, il sait nous surprendre, et ça, j'adore. Il a beau être loin du coup de cœur, je sais que je vais en garder un bon souvenir, car ce n'est pas tous les jours qu'on sort de nos habitudes de lecture pour nous plonger dans l'inconnu, lire comme si c'était notre premier roman, admirer le style, être amusée par ce dernier. Je sais que ce roman n'est pas pour tout le monde au niveau de l'écriture, mais je sais aussi que les curieux seront tentés de sauter le pas afin de découvrir ce que ce roman a de si spécial. Alors j'espère vraiment que vous serez curieux !

Un roman étonnant, unique et passionnant.


J'ai lu ce roman en lecture commune avec mysunthebooks, j'ai été ravie de partager ce moment avec elle ! Voici le > lien de sa chronique <

19 mars 2015

Interview de Clémentine Beauvais, l'auteur des Petites reines !

La merveilleuse Clémentine Beauvais a répondu à quelques questions de ma part qui vous permettront d'en savoir un peu plus sur cette talentueuse auteur ainsi que sur son prochain roman Les petites reines (chronique ici)

- Décrivez votre propre roman en trois mots.
« Manger bouger »
Ah zut ça fait juste deux mots. Et c’est déjà pris. Hmm…
« Même pas mal » ?
Tu dirais quoi, toi, Audrey ? C’est dur ta question oh !

- Pourquoi avoir choisi des personnages qui se décrivent eux-mêmes comme laids et repoussants ?
Donner la parole à Mireille, l’une des ‘boudins’, s’est imposé assez naturellement – après tout, c’est quand même les trois filles qui sont au cœur de l’histoire ! Et si elles se décrivent elles-mêmes comme laides, c’est 1) que le reste du monde n’a pas arrêté de le leur dire depuis qu’elles sont nées, et 2) que l’on s’aime rarement assez pour combattre l’opinion du reste du monde à ce sujet. Mireille est quand même quelqu’un à qui on a dit qu’elle ressemblait à Jean-Paul Sartre, ce qui est à peu près aussi flatteur que d’être comparée à Maître Yoda.

Je suis agacée par les livres pour ados qui mettent en scène des filles qui sont en fait très jolies mais qui tentent de persuader le lecteur qu’elles ne sont pas au courant. (‘Ah là là, ce que je suis moche ! j’ai des yeux turquoise – le truc trop bizarre quoi – dans un visage normalissime en forme de cœur, et des cheveux bêtement ondulés et blond vénitien alors que je voudrais telleeeemmmment qu’ils soient blond platine!!! et ce grain de beauté très banal au même endroit que Natalie Portman ! c’est trop laid. Je ne comprends pas pourquoi tout le monde est amoureux de moi !’) Quand on est ado, si on est beau, on le sait. Si on ne l’est pas, on le sait aussi. Mireille, Astrid et Hakima souffrent tous les jours qu’on les trouve moches. Ce n’est pas quelque chose qu’elles disent avec fausse modestie. C’est très violent comme sentiment, et je voulais montrer cette violence, même si je le fais avec une certaine distance.

- Pour ceux qui n'ont pas encore lu le livre, quel est le message que
vous souhaitez faire passer à travers cette histoire écrite de votre plume ?

Quand les hommes préhistoriques approchent, te laisse pas encercler, fabrique-toi des ailes, sors ton plateau de fromages, fais un pique-nique dans les nuages, et envoie-leur des boulettes de pain sur la tête.

- Pensez-vous être proche mentalement d'un des trois boudins ? Si oui,
lequel ?

Mireille est, peut-être sans surprise, celle qui me ressemble le plus, mais je n’aurais pas son courage ni sa carapace. Elle a les mêmes occupations que celles que j’avais à son âge, et le même sens de l’humour pourri. Astrid a hérité de mon côté bougon. Hakima ne me ressemble pas du tout, mais j’ai beaucoup d’affection pour les gens comme elle – rêveurs, doux et sincères.

- Quel est votre secret pour écrire un roman léger, drôle, mais aussi très poignant et abordant un sujet important ?
J’aimerais bien le savoir, ça serait chouette ! J Bon, tu me flattes, là… Je sais pas – lire en grandes quantités des articles du Gorafi et d’autres romans, de blogs et textes satiriques ou humoristiques. Et avaler quotidiennement des salades de tomates-mozzarella, apparemment, puisque c’est ce que j’ai fait en écrivant la 2e moitié du livre… ?

- Et enfin, une question concernant les réseaux sociaux : dans vos deux
derniers romans Exprim' ils sont présents, et ils sont capables de
changer la vie de nos personnages. Dans le cas des Petites Reines, à vos
yeux, sont-ils plus bénéfiques que nocifs ? Ou l'inverse ?

Pour moi, ça reste ambivalent. Les trois filles s’en prennent quand même plein la figure, malgré le fait que leur couverture médiatique leur permette aussi beaucoup de choses. A mon avis, ce genre d’aventures vous donnerait envie de redevenir anonyme assez rapidement, mais les héros et héroïnes de romans sont moins chochottes que nous, pauvres mortels…

- Merci pour cette interview, et j'ai déjà hâte de lire votre prochaine
parution Exprim' !

Moi aussi, ça voudra dire que je l’aurai écrite ! Merci pour ces questions.

18 mars 2015

Les petites reines - Clémentine Beauvais.

« Peut-être que la mocheté, ça fait mûrir.  »

Auteur : Clémentine Beauvais.
Éditions : Sarbacane, collection Exprim'.
Genre : Jeunesse.
Date de sortie : 1er avril 2015.
Nombre de pages : 304.

Synopsis : « À cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont gagné le « concours de boudins » de leur collège de Bourg-en-Bresse. Les trois découvrent alors que leurs destins s’entrecroisent en une date et un lieu précis : Paris, l’Élysée, le 14 juillet. L’été des « trois Boudins » est donc tout tracé : destination la fameuse garden-party de l’Élysée !!! Et tant qu’à monter à Paris, autant le faire à vélo – comme vendeuses ambulantes de boudin, tiens ! Ce qu’elles n’avaient pas prévu, c’est que leur périple attire l’attention des médias… jusqu’à ce qu’elles deviennent célèbres !!! Entre galères, disputes, rigolades et remises en question, les trois filles dévalent les routes de France, dévorent ses fromages, s’invitent dans ses châteaux et ses bals au fil de leur odyssée. En vie, vraiment. »
Merci aux éditions Sarbacane pour ce roman en partenariat ! 
 

Mon avis :
Clémentine Beauvais, l'auteur du fabuleux roman Comme des images qui, à ma grande joie, m'avait fait découvrir la plume de cette écrivaine pleine de talent. Je n'étais pas ressortie indemne de ma lecture, et une fois encore ce nouveau livre n'échappe pas à la règle. Encore une fois on nous parle de l'image, celle qu'on véhicule autour de nous, et celle qui se cache en nous. Un roman qui plaira aux jeunes comme aux grands.

Trois boudins : Mireille, Astrid et Hakima. Accompagnées de Kader, elles partent à vélo pour un road trip qui les mènera tout droit à la garden-party de l’Élysée pour le 14 juillet. Trois personnages hors du commun, Mireille nous raconte leur histoire, se décrivant elle-même comme grosse, laide, repoussante, alors qu'en lisant ce roman on trouve cette jeune fille juste touchante. Elles se lancent dans une aventure pas facile à vivre, mais qui nous fera connaître chaque personnage plus en détail. J'étais touchée par Hakima, attendrie par Astrid et noyée sous des larmes de rire quand Mireille s'exprimait – autrement dit, comme il s'agit du narrateur, j'ai arrêté de rire quand j'ai refermé le roman. Nous croisons de tout le long de leur chemin, des personnes adorables comme des personnes détestables : les personnes de la vie, tout simplement.

Si ce roman nous fait rire, il ne faut pas oublier qu'il dénonce une réalité : l'importance de l'apparence. Mais c'est si bien tourné que même les scènes les plus affreuses possèdent une touche d'humour. Pourtant cela n'enlève jamais réellement l'horreur de la situation, et si j'ai parfois été choquée, je ne pouvais nier que l'auteur n'inventait rien : nous sommes dans un monde où les insultes derrière l'écran sont faciles, ainsi que dans un monde où le harcèlement scolaire est existant, et répandu. Ce livre ne veut pas dire « si tu veux plaire, maigris et maquille toi » mais plutôt « tu es plus belle au naturel ». J'ai adoré tout ce que voulait nous communiquer l'auteur à travers ses mots, sa plume.

Ces personnages nous touchent, nous intriguent, et nous surprennent toujours un peu plus. On suit leur périple avec passion, on écoute leurs nouvelles idées avec attention et on s'attache à ces filles, on s'attache à ces merveilleuses personnes. L'auteur est incroyable, possède un style magnifique qui nous envoûte à chaque nouvelle phrase, elle sait nous faire rire avec un vocabulaire riche, varié, intéressant, et nous en sommes d'autant plus ravis. Une fin qui nous étonne, une fin que j'ai appréciée, et si j'étais triste de terminer cette histoire extraordinaire, je suis maintenant impatiente de retrouver la plume de l'auteur dans un autre ouvrage.

Vous l'aurez deviné : je vous conseille vraiment, vraiment, vraiment ce roman qui est une explosion de joie, d'humour, de vie et de réalité. Une réalité qui nous frappe, mais aussi qui nous réveille. Des personnages humains qui nous font rire et qui nous touchent, une aventure qui sort de l'ordinaire, un périple plein de dangers, une incroyable volonté, et une plume qui nous fait voyager. Je ne pouvais pas trouver mieux, ce roman est une merveille, et il est unique.

Un coup de cœur.

24 janvier 2015

La Boîte - Anne-Gaëlle Balpe.

« Là, tout de suite, la mort me paraissait beaucoup plus simple que la vie. »

Auteur : Anne-Gaëlle Balpe.
Éditions : Sarbacane, collection Exprim'.
Genre : Jeunesse.
Date de sortie : 5 février 2015.
Nombre de pages : 188.

Synopsis :
« Malt et Jen, deux jeunes désœuvrés, traînent leur ennui dans la ville d’Edens. Chaque jour, ils viennent sur le même banc. Et un jour, sous ce même banc, ils trouvent une boîte. Qui contient de l’argent et un numéro de téléphone. Le lendemain, une autre boîte. Qui contient encore plus d'argent. Et un message en prime : « Plus d’argent en échange d’un service ». En acceptant cette proposition, ils entrent dans le maillage d’une organisation tentaculaire qui ne les laissera plus s’échapper. S’engage alors une course-poursuite haletante, sur fond de trahison et de secrets révélés dont personne ne sortira indemne. »

Merci à Juliette et aux éditions Sarbacane pour ce partenariat ! 

Mon avis :
Une nouveauté Exprim', il ne m'en fallait pas plus pour que j'accepte de lire ce roman qui sortira très prochainement chez Sarbacane. Une nouvelle auteur, que j'avais hâte de découvrir. Un résumé qui promettait un roman intrigant, mystérieux. J'ai plongé dans cette boîte, que j'ai beaucoup appréciée. Merci à Marine de Tartinneauxpommes pour avoir partagé ce livre avec une Lecture Commune (sa chronique).

On se retrouve dans une ville très éloignée du monde, et paumée aux yeux de nos personnages principaux. Malt, Jen et Jonas, trois amis, passent leurs journées à s'ennuyer dans ce village inintéressant pour des jeunes de leur âge. Puis sur leur banc habituel apparaît une boîte. La boîte. De l'argent, un mot qui en promet encore plus. De quoi attirer Jen et Malt pour sortir de leur ambiance monotone. Malt est un garçon attachant de par ses émotions, sa situation, et ses choix. Quand à Jen, ce n'est pas une fille qui m'a charmée, loin de là. J'ai fini par comprendre pourquoi au fil des pages, mais je ne l'ai pas appréciée, bien qu'au fond elle me faisait parfois de la peine. Les autres personnages ont tous une personnalité intéressante à découvrir, je les ai pour la plupart beaucoup aimés.

Nos deux jeunes amis se retrouvent dans une situation dangereuse. Un engagement qui interdit le retour en arrière. Un choix irrémédiable qui va les conduire à se confronter à des situations abominables. L'auteur a su développer les personnages, leur passé et leurs émotions sans que cela ne prenne trop de place, mais avec assez de profondeur pour que nos émotions soient elles aussi très présentes. Et l'histoire est très bien écrite, je trouve le fil conducteur bien trouvé, intrigant, on veut savoir la suite et on veut comprendre, on émet des hypothèses -souvent fausses- puis on est surpris... un vrai roman à vous couper le souffle ! Bien que parfois tout nous paraisse surréaliste, le personnage principal nous dévoile ses pensées qui rendent l'histoire d'autant plus réelle. Il m'arrivait de sourire, ou bien d'avoir la vue troublée par les larmes... les émotions sont très bien passées pour moi, ce qui m'a beaucoup plu.

J'ai trouvé le thème peu commun, je n'avais jamais lu de livre abordant le trafic sous n'importe quel angle, et cela m'a d'autant plus intéressée au déroulement de l'histoire. L'auteur sait mettre le suspens là où il faut, et son style est à mes yeux très agréable, on se sent avec les personnages, très proches d'eux (bien que le vocabulaire en devienne familier, cela ne me dérange pas le moins du monde). Les secrets qui nous sont dévoilés nous font avancer dans l'histoire, dans notre compréhension, et nous ne sommes jamais au bout de nos surprises, jusqu'à la dernière page. Une fin que j'ai adorée. J'ai donc découvert une très bonne auteur, son envoûtante plume et sa très belle imagination.

C'est un roman simple à mes yeux, qui a justement très bien fonctionné avec moi : j'ai adoré. Une intrigue palpitante, des personnages attachants et mystérieux, des retournements de situation improbables, des changements de côté, des révélations... Le tout dans un roman qui m'a fait sourire, rire, et parfois presque pleurer. Sa simplicité fait que ce n'est pas un coup de cœur, mais son histoire unique fait que c'est une très bonne lecture.

Un roman fort et passionnant.