3 août 2016

L'été où je suis né - Florence Hinckel.

« Le monde avait changé. Les couleurs avaient acquis une luminosité inégalée. »

Auteur : Florence Hinckel.
Éditions : Gallimard, collection Scripto.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2011.
Nombre de pages : 84.


Synopsis : « Léo, quinze ans, vit avec Claire et Charles, ses parents adoptifs, délicats et aimants. Né sous X, il ne connaît pas sa mère biologique avec laquelle il dialogue intérieurement depuis toujours. Avec ses copains, les cours et les motos qu’il customise, la vie est bien remplie. Lorsqu’arrive l’été avec la fin des cours, Léo rencontre une fille et tombe amoureux. Tout son univers bascule. »


Mon avis :
Je découvre avec ce roman la plume de Florence Hinckel, qui est pourtant très présente dans ma bibliothèque (je possède quatre livres de cette auteur). Il est celui que j'ai choisi de lire en premier, et il est celui qui me donne envie de lire tous les autres.

Dans ce roman très court, nous sommes avec Léo, un garçon passionné par les motos et par ses promenades avec son meilleur ami Jason. L'été est là, il veut s'amuser, profiter, mais son monde va basculer le jour où il rencontre Xavière : Léo tombe amoureux. Et il découvre un nouveau lui-même, apeuré par l'amour, parce qu'il est né sous X, et qu'il nomme sa mère biologique X depuis sa plus tendre enfance. Xavière pourrait bien bouleverser tout cet équilibre qui venait de s'installer dans sa vie.
Léo est un personnage très touchant, sa sensibilité le rend terriblement attachant et on ne peut que partager ses joies et ses peines. Cette petite histoire est un livre d'amour : celui qu'on partage avec nos parents, celui de nos amis et celui destiné à celui ou celle que l'on souhaite aimer pour le restant de nos jours. Léo découvre chacun d'entre eux avec une naïveté émouvante qui cache pourtant des choses très profondes au fond de lui.
C'était rapide, c'était bref, mais c'était pourtant si intense, si beau, si bien écrit, que j'en suis ressortie émue, le sourire aux lèvres mais aussi triste de quitter Léo, Xavière, Jason, et tout ce que ressentent ces trois personnages adolescents. Florence Hinckel écrit cet âge difficile avec une justesse et un talent remarquables.

Ma chronique n'est pas très longue, elle reflète le nombre de pages de ce roman, elle ne veut pas trop vous en dévoiler, à vous de découvrir cette petite histoire si intense et si touchante qui aborde des thèmes importants de l'adolescence, ainsi que d'autres qui sont moins ordinaires et qui nous intéressent d'autant plus. Je sais maintenant une chose : je dois lire tous les romans de Florence Hinckel qui sont dans ma bibliothèque.

Une petite lecture touchante.

1 août 2016

Sous la même étoile - Kelley York.

« Nous sommes à des kilomètres de nos vies, et c'est d'une beauté à couper le souffle. »

Auteur : Kelley York.
Éditions : Pocket Jeunesse.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 288.

Synopsis : « Une fois le lycée terminé, Hunter et sa demi-sœur Ashlin décident de prendre une année sabbatique et d'emménager chez leur père. Là-bas, ils retrouvent Chance, un garçon fantastique avec qui ils passent tous leurs étés depuis l'enfance. Si le jeune homme les a toujours fascinés, Ashlin et Hunter éprouvent bientôt pour lui de tout autres sentiments. Mais ils comprennent aussi que les excentricités de Chance dissimulent une vérité bien plus noire… »


Mon avis :
Je ne sais pas par où commencer. Dès les premières pages, j'ai su que ce roman me plairait. Arrivée au milieu, j'étais persuadée que ce serait un coup de cœur. Toutes mes certitudes se sont embrouillées lorsque j'ai lu les dernières pages, puis en le refermant je me suis dit « ça, c'est bien plus qu'un coup de cœur ».

Ashlin et Hunter sont frères et sœurs, et ils décident de passer un an chez leur père où ils vont retrouver Chance, leur meilleur ami d'enfance. Leurs sentiments pour ce grand enfant ont évolués depuis. Mais derrière le côté frivole de Chance se cache certainement une vérité bien plus grave qu'il ne le prétend. Chance est de ces personnages qui nous troublent, nous fascinent, nous obsèdent et nous passionnent. Je n'arrête pas de penser à lui depuis que j'ai commencé ce roman. L'auteur a créé trois jeunes adultes si attachants et d'une justesse si touchante qu'on ne peut que les aimer, vouloir le mieux pour eux. Ce sont des personnages que vous ne trouverez nulle part ailleurs, et que vous devez découvrir, sinon je peux vous assurer que vous passez à côté de quelque chose de fabuleux, de fort.

Je ne veux rien vous dire de l'intrigue. Je ne veux rien vous dire tout court, et tout vous dire en même temps. Vous devez savoir que ce roman va vous surprendre sans cesse, du début à la fin. Vous allez tomber amoureux de Chance, parce que c'est comme ça. Vous allez découvrir des liens sentimentaux nouveaux, uniques, hors du commun. Mais vous allez aussi avoir peur, vous inquiéter, sentir votre cœur accélérer. Et surtout, il risque peut-être de se briser, parce que ce livre peut paraître tendre et léger, mais il renferme des réalités bien plus sombres que tout ce que nous pouvons imaginer. Et en le terminant, c'est comme si mon cœur était entier et en milliers de morceaux à la fois. J'ai eu l'impression qu'il s'arrêtait, j'ai refermé ce roman et je me suis dit que non, il devait guérir, aller mieux, parce que c'était comme ça que ça devait se finir. L'auteur en a décidé ainsi, et en y repensant, c'est une fin extraordinaire qu'elle nous offre ici. Une fin qui allait au-delà de toutes mes espérances. Une fin qui a décidé que ce roman ferait à présent parti de mes livres préférés.

La plume de l'auteur est assez simple d'un point de vue extérieur. Mais lorsqu'on est plongé dans l'histoire, elle est addictive au possible, rendant l'histoire plus que passionnante mais surtout d'une puissance extraordinaire. Comme je le disais, on s'attend plutôt à quelque chose qui soit dans le léger, et on se retrouve finalement avec un roman fort, unique, qui nous marque. Les dialogues sont plein d'émotions et il y en a certains qui me restent en tête tant je les ai trouvés beaux. Je me suis sentie à ma place dans ce livre, et c'était un supplice de le terminer et de devoir en sortir.

J'ai tant de choses à dire sur ce roman, que je me tais, parce que je n'ai qu'une envie : que vous découvriez tout ça de vous-même. Alors éteignez votre ordinateur, sortez de chez vous et rendez-vous à la librairie la plus proche. Achetez cette merveille, enfermez-vous dans votre chambre et dévorez cette perle rare. Vous irez de surprises en surprises, et ensuite vous viendrez me dire si vous aussi, ça vous a fait ce quelque chose d'unique, ce quelque chose qui me suit encore et que je veux garder parce que je veux relire ce roman, encore et encore, jusqu'à ce qu'il n'ait plus de secrets pour moi. Chose impossible, peu importe, je le relirai. Ça c'est une certitude.

Un roman unique, un coup de cœur, un coup de foudre, un de mes livres préférés à présent.

13 juillet 2016

Mauv@ise connexion - Jo Witek.

« La poésie m'offrait une ultime croyance en la beauté du monde. »

Auteur : Jo Witek.
Éditions : Talents Hauts (collection Ego).
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2012.
Nombre de pages : 95.

Synopsis : « Je me suis inscrite sur un nouveau tchat. J'ai tapé Marilou. Je trouvais que ce pseudo correspondait bien à la fille que j'avais envie d'être. Plus sexy, plus délurée, plus effrontée aussi. Marilou, une autre moi-même. Une fille qui l'a tout de suite attiré. - Bonjour, Marilou. C'est joli comme prénom. T'as quel âge ? J'ai menti : Seize. Et toi ? - Vingt. Mentait-il lui aussi ? Je ne me suis pas vraiment posé la question, trop heureuse de partager ma tristesse nocturne avec un garçon. J'ai poursuivi. - Je viens de me disputer avec ma mère. Elle refuse que je fasse des photos de mode. - Elle doit être jalouse de ta beauté. - Merci. Je crois que tu as raison. - Je sais de quoi je parle, je suis photographe de mode. - C'est vrai ? - Oui, pour des défilés à Paris et des shooting magazines. On peut la voir quelque part ta jolie frimousse, Marilou ? Voilà. Ça a commencé comme ça. »
Mon avis :
Jo Witek était présente à la Comédie du livre 2016, l'occasion pour moi de la rencontrer et d'acheter un de ses livres afin de découvrir sa plume. J'ai choisi un roman de la collection Ego parce qu'ils sont courts mais très puissants. Et ça n'a pas loupé.

C'est un roman choc, comme chaque titre de la collection Ego qui défend de nombreuses causes avec des auteurs talentueux. Ici, nous suivons Julie, une jeune fille de 14 ans qui s'inscrit sur un tchat et crée un double d'elle-même, Marilou, 16 ans, adolescente plus sexy, plus confiante, plus entreprenante. Julie s'enfonce de plus en plus dans les mensonges, dans le danger. Et c'est ce dont parle l'auteur, les dangers d'internet. On s'attache beaucoup à Julie, à ses rêves d'enfance, à son désir de vivre une belle histoire d'amour, à son espoir et à sa naïveté. Parce que ça n'arrive pas qu'aux autres, et que ça n'arrive pas qu'aux personnes différentes, moins aimées, moins choyées par leurs parents. Ça peut arriver à tout le monde. C'est un filet dont les mailles se referment petit à petit sur la proie, au point que cette dernière ne comprend plus quelle est la limite entre le coupable et la victime. Une confusion qu'il faut effacer, écraser, enlever des esprits. On suit cette descente aux enfers qui nous fascine autant qu'elle nous répugne. J'ai été secouée par cette petite lecture qui a su me faire éprouver de grandes choses en un léger nombre de pages. Énervée, choquée, révoltée, émue, mes yeux se sont remplis de larmes, mon cœur accélérait. C'est un roman au style très simple mais si prenant et à l'histoire si juste que je le recommande à tout le monde, il est à mes yeux à mettre entre les mains des plus jeunes pour prévenir, avertir, afin d'éviter de devoir guérir par la suite.

Une chronique courte, tout comme ce roman choc. Un message si fort passé par l'auteur qui se bat pour que ce genre de situation n'existe plus. J'ai été fascinée par cette histoire bouleversante. Mes yeux étaient humides, mon cœur battait la chamade, et je remerciais sans cesse l'auteur à l'intérieur de moi, pour véhiculer des valeurs très importantes, de l'humanité. Merci Jo Witek pour cette lecture qui est à mettre entre les mains de tout le monde, et surtout des plus jeunes, très exposés sur internet à notre époque.

Un roman fort, choc.

7 juillet 2016

Quand la nuit devient jour - Sophie Jomain.

« Être libre de mourir comme on le souhaite, c’est aussi être libre de vivre comme on l’entend. »

Auteur : Sophie Jomain.
Éditions : Pygmalion.
Genre : Contemporain.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 238.

Synopsis : « On m’a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà. La dépression. Ma faiblesse. Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début. J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois. Le 6 avril 2016. Par euthanasie volontaire assistée. »

Mon avis :
Je ne connaissais Sophie Jomain que de nom, et lorsque que j'ai découvert ce roman, je me suis dit qu'il fallait que je le lise, pour connaître sa plume mais surtout pour lire cette histoire qui me semblait si dure et si complexe. Je me suis lancée dans ce livre et je remercie les éditions Pygmalion pour cet envoi si bouleversant.

Camille n'a pas encore trente ans, mais elle sait déjà qu'elle ne veut pas fêter cet anniversaire là. Souffrant de dépression depuis son adolescence, elle ne supporte plus de vivre et décide de mettre fin à ses jours de manière légale, par euthanasie volontaire assistée. Un sujet très difficile, très fort, avec un personnage qui nous trouble et nous intrigue. Comment peut-on vouloir mourir lorsque l'on a de nombreuses années devant soi ? Lorsque l'espoir peut revenir ? Ce sont quelques questions parmi toutes celles que je me posais à propos de ce personnage si fragile tout en étant déterminé comme jamais. J'ai beaucoup apprécié Camille, ce qui rendait la fin de ce livre d'autant plus redoutée, parce que je ne voulais pas la quitter. Ce livre est aussi rempli d'espoir que de désespoir, c'est étrange mais vrai, ça m'a perturbée, mais j'ai beaucoup aimé.

Nous suivons Camille dans les procédures administratives de sa décision, dans son internement à l'endroit où elle vivra ses trois derniers mois. On essaie de comprendre, d'apprendre, on assiste à des moments difficiles, mais aussi à de nouvelles rencontres qui font naître de l'espoir en nous. Au delà de la difficulté de son choix, il faut aussi imaginer la réaction de la famille, de l'entourage. Camille se bat pour réussir à franchir les obstacles qui se dressent face à elle. Étonnamment, j'ai trouvé cette histoire très belle. Je ne veux même pas vous dire pourquoi j'ai trouvé du beau dans toute cette tristesse, je veux simplement que vous lisiez ce livre, afin que vous compreniez pourquoi j'ai ressenti tout ça, pourquoi j'ai souri et j'ai pleuré aussi. Vous verrez, c'est dur, mais c'est aussi incroyablement beau et touchant. J'ai ressenti tant d'émotions différentes.

Je suis très heureuse d'avoir découvert la plume de Sophie Jomain à travers ce roman si complexe, si bouleversant. J'ai pu voir à quel point elle savait manier son stylo pour accrocher le lecteur à l'histoire et lui faire ressentir toutes les émotions de Camille. J'ai adoré son style, ses idées et sa manière de les mettre en place. Je n'hésiterai pas à lire un autre roman de cette auteur talentueuse.

J'ai refermé ce livre avec l'esprit retourné par tant d'émotions contradictoires. J'ai ressenti énormément de choses, j'ai découvert la très jolie plume de Sophie Jomain, j'ai pleuré et j'ai souri, j'ai cru en certaines choses, j'ai vu poindre le désespoir, j'ai fermé ce livre et j'ai réfléchi. J'ai trouvé cette histoire aussi bouleversante que sublime, alors j'espère que cela en sera de même pour vous.

Une lecture bouleversante.

4 juillet 2016

La théorie du grand tout - J.J. Johnson.

« J'ai chialé pendant des heures le jour où Jamie est morte, et à ses funérailles aussi, et un nombre incalculable de fois depuis, mais c'est comme essayer de vider l'océan avec des seaux d'eau : t'as beau écoper, ça reste la mer à perte de vue. »

Auteur : J.J. Johnson.
Éditions : Alice, collection Tertio.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 464.

Synopsis : « Ce n’est pas parce que tout le monde pense que tu devrais tourner la page que tu es prêt à le faire. Sarah, 15 ans, a perdu sa meilleure amie dans un terrible accident et n’arrive pas à s’en remettre. Son arme : le cynisme. Plus rien n’a d’importance. Jusqu’à cette drôle de rencontre… »


Mon avis :
C'est le résumé très vague de ce roman, sa sublime couverture ainsi que son fabuleux titre qui m'ont donné envie de découvrir ce roman adolescent. Le sujet est fort, difficile, et j'avais très envie de savoir comment l'auteur amènerait son personnage à aller mieux après le terrible événement qu'il venait de vivre. Merci aux éditions Alice pour ce roman.

Sarah a 15 ans et ce qu'on retient d'elle dès la première rencontre, c'est qu'elle fait preuve de cynisme en permanence. Vu d'extérieur, c'est un véritable défaut, mais lorsqu'on apprend à la connaître, on sait que tout cela vient de la mort de Jamie, sa meilleure amie, qui a perdu la vie devant ses yeux. Jamie est un personnage que nous aurions adoré connaître, Sarah ne cesse de nous le sous-entendre, mais nous nous n'avons qu'elle, et personnellement je l'ai trouvée très attachante. Son caractère et sa manière de parler ainsi que ses pensées m'ont rappelé mes années d'adolescence, avec toutes les questions qui tournent autour de cette période. C'était une héroïne vraie, sensible, touchante et pénible aussi parfois, mais c'est ce qui la rendait si unique. La drôle de rencontre qu'elle va faire pourrait bien changer sa vie…

Dès les premières pages, une grande intrigue s'annonce : comment est décédée Jamie ? On comprend que cette question traumatise Sarah qui a assisté à la scène, mais notre curiosité nous pousse à attendre impatiemment le moment où elle nous le racontera. Et au-delà de cet événement traumatisant, Sarah a aussi des problèmes plus habituels propres à l'adolescence, la distance avec son petit copain, ses notes, l'autorité de ses parents. Si on y ajoute son côté cynique, on comprend qu'elle a du mal avec le social. La rencontre qu'elle va faire risque de changer beaucoup de choses pour elle et pour son entourage. J'ai adoré tout ce suspens, tous ces petits éléments qui s'emboîtent les uns les autres pour ajouter du mystère à l'histoire, mais aussi des indices qui nous permettent d'y songer, d'avoir nos propres hypothèses. J'étais toujours très impatiente de retourner dans l'histoire pour retrouver Sarah et poursuivre vers les changements qui arrivent dans sa vie – et, bien évidemment, à chaque fois que je devais interrompre ma lecture, le suspens était à son maximum (bah oui, sinon ça serait pas rigolo).

La plume de l'auteur est propre au personnage de Sarah : simple, familière parfois mais cela fait qu'on s'y retrouve. Le cynisme de l'adolescente permet ce côté unique du style, j'ai rarement eu à faire à des personnages aussi caractériels, et ça m'a drôlement plu. Et la petite touche personnelle de l'auteur, ce sont ses petits schémas/graphiques avant chaque nouveau chapitre. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise, mais ils étaient vraiment amusants et justes, au fond. Ça rendait l'histoire encore plus agréable à retrouver à chaque plongeon au cœur du roman.

Je suis ravie de cette lecture touchante et émouvante dans laquelle je me suis facilement retrouvée grâce au style simple et familier de l'auteur. C'était un roman passionnant avec des intrigues intéressantes et bien menées pour une fin qui m'a surprise et mis le sourire aux lèvres. Je vous recommande vraiment cette histoire adolescente qui est profonde à certains moments et légères à d'autres, rendant le tout absolument fabuleux à lire.

Une excellente lecture.

1 juillet 2016

Le ciel est partout - Jandy Nelson.

« Sur les photos de nous,
elle regarde toujours vers l'objectif
et moi, vers elle. »

Auteur : Jandy Nelson.
Éditions : Gallimard, collection Pôle-Fiction.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2010.
Nombre de pages : 413.

Synopsis :
« « Je suis censée pleurer la mort de ma sœur, pas tomber amoureuse… »
Comment Lennie peut-elle continuer à vivre après une telle tragédie ?
A-t-elle encore le droit de plaire et de désirer ?
D'être heureuse, de rire ? Parfois, il faut tout perdre pour se trouver... »


Mon avis :
Je ne connaissais pas la plume de Jandy Nelson avant de découvrir ce roman, qu'une amie me conseille depuis des années : il s'agit de son livre préféré de tous les temps, et ma curiosité m'a poussée à vouloir comprendre pourquoi. Je me suis envolée vers ce ciel si bleu, et j'ai compris, dès le début, que ce roman allait me plaire, me donner le sentiment d'être sur un nuage.

Lennie n'est plus que la moitié d'elle-même : sa sœur Bailey est décédée quelques semaines plus tôt. Alors que tout lui semble désespéré, elle commence à éprouver des émotions qui lui donnent envie de recommencer à vivre. Ces dernières font naître en elle un affreux sentiment de culpabilité : comment peut-elle désirer profiter de la vie alors que sa sœur n'en a plus le droit ? L'auteur fait de Lennie un personnage d'une justesse incroyable. Elle représente tout ce qu'est un adolescent pendant cette période si complexe, avec la confusion des émotions et leur contradiction. C'est une jeune fille attachante, courageuse, qui a besoin de temps pour mettre des mots sur ce qu'elle ressent et qui adore écrire des poèmes.

Lennie ne se remet pas vraiment de cette tragédie, mais tout lui tombe soudainement dessus, l'amour qui entraîne la peur, la confusion, parfois même la honte. Les poèmes que l'adolescente écrit pour faire sortir ses émotions touchent le lecteur en plein cœur et décrivent si bien le deuil, l'amour, le lien de deux sœurs, la solitude, la perte. Chacun d'entre eux nous permet de découvrir Lennie un peu plus, de tenter de la comprendre. Elle a peur de tomber amoureuse, mais elle se dit aussi qu'elle ne peut pas se priver, et que ce n'est pas ce que sa sœur aurait voulu. Ce livre fait passer du sourire aux larmes, et des pleurs aux sourires. Le deuil est abordé avec une très grande justesse, ce qui émeut tout au long du récit, il laisse aussi place à des émotions plus joyeuses, à l'amour, l'amitié, la famille, les passions. J'ai été envoûtée par ce tourbillon de sentiments si profonds, je suis tombée amoureuse des personnages de Jandy Nelson car elle fait d'eux des hommes et des femmes, tout simplement, des personnes qui font des erreurs, qui ne sont pas parfaites, qui se trompent, recommencent, qui apprennent et qui évoluent. Quel bonheur d'évoluer à leurs côtés.

S'il y a bien une chose dont il faut parler lorsqu'on souhaite vous conseiller ce livre, c'est de la merveilleuse plume de l'auteur. On est avec Lennie, on est près d'elle, on ressent comme elle. Nos émotions font des montagnes russes, tout cela grâce à la poésie de Jandy Nelson aussi présente dans le récit que dans les poèmes de Lennie qui sont écrits entre chaque chapitre. Ces poèmes sont à mes yeux ce qui fait la perfection de ce roman. Ils étaient beaux, si beaux que je pourrais les relire sans cesse, les écrire en moi afin de les connaître par cœur, et y repenser quand je sens qu'ils peuvent m'aider. Oui, c'est un roman adolescent, mais il aborde ce que tout le monde peut vivre un jour, et ça, c'était fait avec un immense talent.

Je ressors de cette lecture éblouie par l'immensité du ciel, par la magie de ce livre, par la justesse des personnages, par la beauté des mots. Je ressors de cette lecture en étant changée, émerveillée, aidée. Ce livre et ses poèmes font un bien immense, tout en devient passionnant. Je n'ai rien à dire de plus si ce n'est : lisez ce roman. Vraiment. Jandy Nelson est une auteur à découvrir.

Un coup de cœur.

28 juin 2016

Hanako, fille du Soleil levant - Elodie Loch-Béatrix.

« Si ma vie était un ikebana, chaque invité aurait trouvé sa place et le vent n'aurait plus qu'à souffler pour les faire vibrer tous ensemble. »

Auteur : Elodie Loch-Béatrix.
Éditions : Milan.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 256.

Synopsis : « Des ancêtres japonais, c’est sympa… tant qu’on ne vous oblige pas à faire de l’ikebana ! Hanako a d’autres envies comme passer du temps avec ses amis, Adam et Chloé, ou savoir ce que lui veut Matt, un beau lycéen. Mais tout se complique lorsque son père lui interdit de toucher à une mystérieuse boîte…. Le secret qu’elle contient pourrait bien bouleverser toute sa petite vie ! »

Mon avis :
J'ai toujours connu Élodie comme la modératrice du merveilleux forum Folili qui a une énorme place dans ma vie car j'y ai été durant cinq formidables années. Apprendre que cette même Élodie devient auteur avec ce roman m'a surprise, rendue curieuse et follement impatiente de découvrir ce que cette histoire me réservait. Je m'y suis plongée, je m'y suis retrouvée et j'ai adoré.

Hanako a 13 ans, c'est une jeune héroïne pleine d'énergie aux origines japonaises. Il est important de le préciser car son père souhaite qu'elle s'intéresse à ses racines, et il l'inscrit à un cours d'ikebana. Mais à 13 ans, la jeune fille désire plutôt s'amuser avec ses meilleurs amis, en savoir plus sur le beau Matt, mais surtout découvrir ce que ses parents lui cachent dans cette mystérieuse boîte secrète. Nous n'avons aucun mal à nous retrouver dans le personnage d'Hanako qui est exactement dans l'âge où tout commence à changer autour d'elle, l'âge où l'on souhaite grandir, parfois un peu trop vite. Elle est attachante, courageuse, audacieuse et plein d'ambition. Ses réflexions peuvent nous toucher comme nous faire rire, et j'ai adoré en découvrir un peu plus sur elle à chaque page.

Ce roman mêle les soucis de l'adolescence, les émotions nouvelles qui apparaissent, mais on peut aussi noter la grande présence de la culture japonaise, et c'est un point qui m'a énormément plu. Sans prendre trop de place dans l'histoire, on apprend certaines coutumes du pays, certains mots, certains événements historiques, ce qui enrichit grandement notre lecture. Cela permet de rendre l'histoire beaucoup plus profonde et intéressante. Et puis tout ce qui se passe à côté nous passionne aussi, c'est tellement beau de relire la naissance de l'amour tout en retrouvant aussi les difficultés que l'on croise au collège. Et cette histoire de boîte mystérieuse donne une sacré dose de suspens à l'histoire ! Sans tomber dans le cliché, l'auteur a créé un personnage auquel nous pouvons aisément nous identifier.

Le style de l'auteur est fluide avec de petites touches poétiques qui rendent le récit agréable et unique. À tel point que j'ai à peine eu le sentiment d'être dans un roman jeunesse car je me suis vraiment laissée emporter par les mots et par l'histoire qui m'ont passionnée. L'ajout de la culture japonaise est une excellente idée et m'a vraiment donné le sentiment de lire une histoire complète, travaillée et bien structurée. J'aurais même aimé rester un peu plus longtemps avec Hanako et ses amis tant ils étaient attachants et plein de surprises !

Je suis surprise et ravie de ma lecture : surprise parce qu'il est rare que j'apprécie autant un livre jeunesse et ravie justement parce que j'ai adoré lire ce roman. Je me suis retrouvée dans le personnage d'Hanako qui m'a rappelé mes années du collège et je pense que ce livre, à lire à partir de 8-9 ans, plaira beaucoup à tous ceux qui se lanceront dans cette lecture car il regroupe tout ce qui nous concerne au début de l'adolescence tout en étant enrichissant grâce à la présence de la culture japonaise.

Une lecture jeunesse passionnante !

8 juin 2016

Ma raison de respirer - Rebecca Donovan.

« Les gens changent, et nous changerons encore. Ce qui veut dire que je retomberai amoureux de toi. Parce que je suis sûr d'une chose : quoiqu'il arrive, mes sentiments pour toi seront toujours les mêmes. »

Auteur : Rebecca Donovan.
Éditions : Pocket Jeunesse.
Genre : Romance, Contemporain.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 576.

CE RÉSUMÉ CONTIENT ÉVIDEMMENT DES SPOILERS SUR LES DEUX TOMES PRÉCÉDENTS.

Synopsis : « – J’ai absolument besoin de sauter.
Pourquoi ?
Parce que je n’arrive plus à respirer.
Deux ans après avoir brisé le coeur d’Evan, Emma ne parvient pas à l’effacer de sa mémoire. Quand un carton plein de souvenirs ressurgit, l’armure d’Emma se fissure. Toutes ses émotions passées reviennent l’assaillir. Pour oublier, elle devient accro à l’adrénaline. Soirées, alcool, garçons : rien ne semble pouvoir combler ce vide qui la consume. Jusqu’à une rencontre décisive, qui bouleversera toutes ses certitudes… »

Mon avis :
Mes avis sur les deux premiers tomes étaient très enthousiastes car cette saga a vraiment su me plaire depuis les premières pages. J'attendais avec une folle impatience ce troisième et dernier tome en ressentant tout de même une pointe d'appréhension car je ne voulais surtout pas être déçue de cette saga que j'ai tant aimée. Alors, ce dernier opus a-t-il su me convaincre autant que les précédents ?

On retrouve Emma deux ans après qu'elle ait quitté Evan. Elle ne parvient pas à le sortir de son esprit, alors elle va tenter de nouvelles expériences et rencontrer de nouvelles personnes. Mais on se doute bien que les chemins des amoureux risquent de se recroiser un jour… Emma possède toujours ce caractère qui m'exaspère autant qu'il me touche. C'est une héroïne atypique, elle est têtue, indécise, mais je suis aussi terriblement attachée à elle. Suivre un personnage depuis tant de temps, tant de pages (trois tomes qui donnent environ 1800 pages en tout), ça crée des liens nouveaux, forts. Et ce troisième tome a su une nouvelle fois me passionner parce qu'Emma a beau être tantôt insupportable tantôt agréable, j'ai adoré suivre son évolution. Et puis les autres personnages sont tout aussi importants (EVAN EVAN), sa meilleure amie Sara qu'on ne peut qu'apprécier, et puis EVAN qu'on ne peut qu'aimer/admirer/idolâtrer/adore/sur-aimer. Evan est un personnage extraordinaire et l'auteur a su une nouvelle fois me refaire tomber amoureuse de lui. Rien que pour ça, j'ai adoré ce dernier tome.

Ce roman n'est pas parfait, cette saga non plus, je ressens pourtant ce besoin de vous dire à quel point je l'aime. Certains petits défauts me dérangent : je trouve que c'est parfois trop romancé, trop répétitif. Sauf que cela ne m'empêche pas d'être absolument accro au livre et de le dévorer. J'ai ce sentiment d'appartenir à cette saga tant elle est longue et centrée sur Emma : nous passons beaucoup de temps avec elle, nous n'avons pas d'autre choix que d'avoir hâte de savoir ce qu'il se passe ensuite pour ce personnage. Cette saga m'a conquise malgré ses défauts, malgré ses imperfections. Je me suis sentie à ma place au sein de l'histoire, et je ne pouvais plus lâcher ce livre jusqu'à la dernière page. J'avais envie de savourer, mais il m'était impossible de m'arrêter. Tant d'émotions contradictoires qu'un unique livre a été capable de me faire ressentir, je n'en ressors pas indemne et mon petit cœur a eu du mal à accepter le fait que cela soit fini. Il ne l'accepte toujours pas, en fait.

Le style de Rebecca Donovan est fidèle à lui-même, il est simple mais addictif. Ce troisième tome m'a un peu perdue lors des changements de narrateur qui étaient indiqués par un simple saut de ligne (qui était oublié à plusieurs reprises), mais être parfois dans l'esprit d'un autre personnage à certains moments du récit était intéressant et excitant à la fois. On découvre une nouvelle facette de certains aspects de l'histoire, et j'ai fini par m'y faire et par adorer cette nouveauté.

Ce troisième tome a su me passionner autant que les précédents et conclut à mes yeux cette saga avec brio malgré ses imperfections. Pour moi, ces trois tomes forment une trilogie unique car je me suis rarement sentie aussi proche d'un personnage et aussi accro à son histoire. Je ressors de ce dernier tome avec un pincement au cœur de savoir que je ne reverrai plus jamais Emma et Evan, mais j'attends impatiemment le nouveau livre de Rebecca Donovan qui sortira en octobre 2016. Si vous n'avez toujours pas lu cette saga, alors qu'attendez-vous ?

Un dernier tome qui conclut la saga à merveille.

5 juin 2016

Avant toi - Jojo Moyes.

« On n'est d'aucune utilité à quelqu'un qui ne veut pas être aidé. »


Auteur : Jojo Moyes.
Éditions : Milady.
Genre : Romance.
Année de sortie 2013.
Nombre de pages : 475.

Synopsis : « Quand Lou apprend que le bar où elle est serveuse depuis des années, met la clé sous la porte, c’est la panique. En pleine crise, dans ce trou paumé de l’Angleterre, elle se démène pour dégoter un job qui lui permettra d’apporter à sa famille le soutien financier nécessaire. On lui propose un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. C’est alors que la jeune femme découvre Will, un jeune tétraplégique qui rêve de mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis. »

Mon avis :
Ce livre patiente dans ma bibliothèque depuis bien plus d'une année, et avec la sortie de l'adaptation cinématographique d'ici quelques semaines, je me suis décidée à me plonger dans cette romance qui m'intriguait tant son succès était grand. Et j'ai compris la grandeur de ce dernier.

Lou recherche désespérément un job, et lorsqu'elle se voit proposer un contrat pour s'occuper d'un handicapé, elle accepte, et rencontre Will. Un personnage odieux, froid. Mais comment être souriant quand on se sent déjà mort de l'intérieur ? Lou n'a que six mois pour redonner à Will l'envie de vivre, sinon, il mettra fin à ses jours. Ces deux personnages sont liés par quelque chose d'unique, de nouveau. Ce n'était pas léger ou simple comme dans les romances habituelles, non, j'ai ressenti une complicité si forte que les moments où elle était présente me touchaient plus que tout ce que je pouvais imaginer. Lou est maladroite, amusante, attachante, tandis que Will est arrogant, une attitude qui lui permet de cacher sa sensibilité et son côté (ABSOLUMENT TROP) craquant. Oui, j'avoue, Will, c'était le garçon trop parfait dans ce livre (et j'avoue que je suis horrible de dire ça car vivre dans un fauteuil est tout sauf parfait aux yeux de celui qui y est, mais là il était le book boyfriend par excellence).

Les premières pages ne me semblaient pas extraordinaires, j'ai appréhendé la suite. C'est comme si je voulais aimer ce livre tant il avait l'air génial, mais je n'y parvenais pas dès le début et ça m'agaçait. Puis c'est venu, passées les 100 premières pages, j'ai découvert quelque chose de si puissant et de si doux à la fois que je me suis laissée séduire par cette romance passionnante. Lou évolue, Will l'observe dans ses changements et d'autres personnages interviennent à côté pour aider ces deux-là à découvrir de nouvelles choses. On ne sombre jamais dans le cliché du romantisme, l'auteur ne choisit pas la facilité et c'est ce qui m'a immédiatement plu. Les émotions sont pures et sincères et je n'en ai été que d'autant plus touchée. Sans oublier que les enjeux de Lou sont énormes puisqu'il s'agit de la vie d'un homme qu'elle doit sauver, et que, bien évidemment, elle ne le fait plus seulement pour sauver son patient mais pour continuer à passer du temps avec cet homme pour qui elle ressent des sentiments particuliers. L'auteur réussit à envoûter le lecteur avec un style pourtant classique mais si addictif qu'il nous est totalement impossible de lâcher ce roman. Mon désir de rester près de Lou et Will était trop grand pour que je puisse laisser ce livre trop longtemps loin de moi. Il m'a accompagnée partout lors de mon séjour à Paris, et je lui en suis reconnaissante sauf pour une chose : lire quelque chose de si émouvant dans le métro = impossibilité de pleurer toutes les larmes de mon corps = frustration extrême = snif.

Le deuxième tome vient de sortir, mais personnellement le tome 1 se suffit à lui-même à mes yeux donc je veux rester sur ce sentiment de satisfaction que j'ai ressenti en le refermant, un sourire sur les lèvres.

Je vous conseille cette romance touchante pour les nombreuses émotions qu'elle m'a fait ressentir et pour ses personnages si justes, si particuliers et si profondément humains. Je ne m'attendais pas à apprécier autant cette histoire, j'en suis ravie et j'espère qu'à votre tour vous la lirez et vous serez surpris de l'aimer, de désirer y rester même quand la dernière page sera tournée. Maintenant, je n'ai plus qu'une hâte, être au 22 juin pour voir le film !

Une merveilleuse lecture.

7 avril 2016

La Mort est une femme comme les autres - Marie Pavlenko.

« Comme d'habitude, dès la moindre contrariété, les hommes perdaient le sens commun. Les fourmis faisaient pareil quand on donnait un coup de pied dans leur fourmilière. »

Auteur : Marie Pavlenko.
Éditions : Pygmalion.
Genre : Contemporain, Fantastique.
Année de sortie 2015.
Nombre de pages : 193.

Synopsis : « Imaginez un monde où personne ne s'éteint.
Imaginez un service de soins palliatifs où personne ne succombe.
Imaginez un univers où la mort en a ras la faux et fait un burn out.
Emm n'en peut plus. Un matin, elle s'arrête et s'asseoit. Ses bras sont de plomb, elle pèse une tonne, elle ne peut plus se lever. En se laissant aller à son spleen, elle rencontre Suzie, une jeune femme dont la gentillesse va l'émouvoir. Commence alors un périple extraordinaire au cours duquel Emm va découvrir la richesse de la nature humaine. »
Mon avis :
Marie Pavlenko est une auteur que j'avais déjà vue en conférence mais dont la plume m'était inconnue. Ce titre a accroché mon regard et je n'ai pas hésité une seule seconde à le demander aux éditions Pygmalion que je remercie pour cet envoi que l'on pourrait qualifier de… hors du commun !

La Mort s'appelle Emm, et elle fait un burn-out. Oui, ça paraît totalement dingue, mais elle n'a plus envie de tuer, elle est fatiguée, chaque mouvement est une torture, on peut dire que la Mort elle-même est en dépression (drôle d'histoire n'est-ce pas !). Le monde devrait s'en réjouir, mais non : les gens se retrouvent bloqués aux soins palliatifs, ils peuvent se décapiter, sauter d'un immeuble, se noyer, il leur est impossible de mettre fin à leurs jours. On passe de 150000 décès par jour à ZÉRO. Et, pour les humains, c'est catastrophique, les gens deviennent fous, ils élaborent des théories plus folles les unes que les autres et les hôpitaux sont plein à craquer. Emm, elle, découvre la nature humaine, mais plus particulièrement Suzie, un personnage touchant. Suzie réussit à nous émouvoir malgré le peu de pages du livre, et Emm aussi malgré son rôle pas très… rassurant, disons. Mais elles ne sont pas les seules à intervenir dans cette histoire et j'ai vraiment trouvé que chaque personnage avait sa place et a laissé une marque dans mon esprit, ce qui est assez rare. Là, c'était évident, ils nous font tous mourir de rire malgré l'aspect parfois glauque de la situation. Des personnages que j'ai adorés, rien que pour eux ce livre vaut la peine d'être lu car ils sont la clé de cette aventure.

L'histoire est délirante mais pas si invraisemblable que ça. On se dit que la situation est bien trop extraordinaire, sauf qu'elle permet aux personnages et au lecteur de se questionner sur notre rapport à la mort à l'aide d'un récit amusant. Tous ces personnages qui paniquent dès que plus personne ne meurt alors que, comme nous le confie Emm, ils la supplient habituellement de les épargner : nous ne sommes jamais satisfaits, finalement. J'ai trouvé que les événements étaient bien trouvés et se suivaient à la perfection. Certes, certaines scènes étaient à mes yeux trop faciles ou trop rapides mais dans un roman plutôt court cela ne m'a pas spécialement dérangée, ce n'était pas l'objet principal du récit. Je pense vraiment qu'il est bénéfique pour tout le monde de lire ce livre. Tout d'abord parce qu'il vous fera rire, vous touchera et vous mettra de bonne humeur en seulement 193 pages, mais surtout parce que malgré le comique de cette situation, il y a aussi des sujets plus fondamentaux qui vous intéresseront et vous feront vous questionner sur plein de choses essentielles de nos vies auxquelles nous ne pensons pas. Un dénouement surprenant, qui m'a laissée légèrement déçue sur le moment mais finalement en y réfléchissant bien cette fin collait à toute l'histoire et ne pouvait être différente, alors bravo à l'auteur pour la cohérence du récit.

Le style de Marie Pavlenko est plutôt simple et efficace à la lecture, mais surtout sans gêne, elle n'hésite pas à dire ce qui est et à nous présenter des personnages qui font de même, et ça nous rend tout de suite proche d'eux car on se sent moins éloignés par la distance qu'il peut y avoir lorsque que l'on ressent un « tabou » dans l'écriture d'un livre. Non, ici chacun dit ce qu'il pense sans honte et ça rend cette histoire pleine de spontanéité, d'humeur et d'émotions. Un mélange qui rend notre lecture passionnante et nos personnages rayonnants.

Je ne m'attendais pas à ce que ce petit livre contienne une histoire si extraordinaire. J'ai vraiment passé un fabuleux moment, et je pense ne garder que de bons souvenirs de ce roman et de ses personnages aussi dingues qu'attachants. J'ai été marquée par ce périple de la Mort et je vous conseille de tenter l'aventure à votre tour, ce livre vous fera forcément passer une belle lecture, j'en suis persuadée et je le souhaite de tout cœur.

Une fabuleuse lecture.

6 avril 2016

Les Fragiles - Cécile Roumiguière.

« C'est bien la vie, ça : on croit tout prévoir, avoir tout bon, et paf, il y a un truc qui vient tout gâcher. »


Auteur : Cécile Roumiguière.
Éditions : Sarbacane (collection Exprim).
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 200.

Synopsis : « Drew a dix-sept ans. On est grand à dix-sept ans. Pourtant, dans sa tête, Drew est encore cet enfant de neuf ans qui a pris le racisme de son père en plein plexus. Drew déteste son père tout en cherchant à lui plaire. Jusqu'au jour où il rencontre… Sky, une fille aussi fêlée que lui. Et SOLAIRE. Et BELLE ! Une fille qui, comme lui – mais comme son père aussi -, est une Fragile. »


Mon avis :
Les Fragiles, c'est le troisième roman Exprim' de l'année, et je dois avouer que je l'attendais avec une immense impatience. J'avais besoin d'une lecture forte, d'une lecture qui puisse me choquer, me surprendre, m'émouvoir. Tout sauf me décevoir, voilà tout. Alors, lorsqu'il est arrivé, je m'y suis plongée toute entière.

Drew a dix-sept ans, mais il a aussi neuf ans, treize ans… Son père, quelque soit son âge, est raciste. Mais c'est aussi son père. Il s'appelle Cédric, et sa femme, Cindy, tente parfois de défendre Drew. Sky, elle aussi, elle a des âges différents. L'auteur nous emmène dans un récit qui mêle l'année des dix-sept ans de Drew à son passé, à partir de ses 9 ans. Mais on a aussi cette première page qui nous trouble, qui nous intrigue, une première page inattendue, on relit le résumé, on ne comprend pas. Tout est flou, mais on sait que tout finira par s'éclairer. Drew est un personnage si humain, si fragile. Mais il n'est pas le seul. On ne le pense pas en commençant ce roman, mais chaque personnage est fragile, à sa manière. C'est l'un des aspects les plus étonnants de ce roman : penser ne ressentir qu'un seul et unique sentiment envers un personnage, et découvrir que non, il y en a plein d'autres qui sont tout simplement surprenants. Vous allez vous attacher à des personnages alors que vous ne l'auriez même pas imaginé, cette idée vous aurait même fait doucement rire. Mais, croyez-moi, c'était une sacrée expérience que de ne plus se sentir maître de ses émotions.

Ces récits croisés des vies de tous ces personnages ne nous embrouillent absolument pas, chaque page ajoute des éléments afin de construire une histoire, et nous savons que seules les dernières pages nous révéleront ce que nous désirons savoir depuis ce fameux prologue, inoubliable, gravé dans notre esprit. Mais entre tout ça il y a des mots tellement forts, tellement puissants, comme le racisme. Des mots qui nous obsèdent, auxquels on réfléchit. Ce livre nous remet nous-même en question sur ce que l'on ressent. C'est comme si je culpabilisais d'être touchée par un personnage qui aurait dû me répugner. C'était étrange. Et gênant. Même en refermant ce livre, je me posais des questions. Devais-je ressentir ça ? Était-ce normal ? Je l'ignorerai toujours. Tout comme chacun des personnages, qui vit à sa manière, qui évolue malgré les obstacles, qui passe par-dessus les difficultés que lui impose son niveau social, l'influence parentale, l'influence extérieure. Ce livre aborde l'adolescence et tout ce brouhaha d'émotions ressenties à cette période, encore plus lorsque les valeurs enseignées par nos parents perturbent celles que nous apprenons chaque jour en communauté, à l'école, avec d'autres personnes. Tout nous est unique, même l'histoire d'amour est si singulière. Aucune scène n'est à mettre de côté, chacune d'entre elles est primordiale pour que nous comprenions un peu plus les idées de Drew, ou même de Sky. Ou même de Cédric. Les idées des fragiles.

Je ne crois pas que l'auteur veuille nous faire passer un message en particulier, elle nous raconte simplement une histoire, et les messages, elle sait que nous les trouvons nous-même à travers tout ce que nous ressentons au fil des pages. Le style est particulier, particulièrement précis sur les vagues émotionnelles ressenties par Drew, Sky, Cédric, Cindy, Mariji… On se sent si proche de cette histoire qu'on a l'impression d'avoir traversé le papier pour vivre chaque événement, pour accompagner Drew du début à la fin. Si les premières pages réussissent à vous accrocher au récit, alors vous ne pourrez plus vous passer de ce roman. Mais vous aurez aussi ce désir profond de le savourer, de ne pas finir trop vite, pour pouvoir songer à tout ce qu'il contient, y songer plus longtemps.

Les Fragiles est un roman unique. Unique pour son style particulier, son sujet riche et diversifié, ses personnages si humains et si hors du commun. Unique pour les émotions que vous allez ressentir et les questions que vous allez vous poser. Pour moi, ce livre était comme un cadeau bien emballé : j'ignorais à quoi m'attendre et je n'ai cessé d'être surprise du début à la fin. J'ai adoré cette lecture si puissante, si profonde, qui nous rend si fragiles.

Une lecture excellente, surprenante.