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mardi 24 mars 2015

Toutes ces choses qui nous échappent - Wendy Wunder

« Je crois, moi, qu'il peut y avoir plusieurs versions de la vérité. Chacun choisit la sienne, et construit sa vie autour. »

 
Auteur : Wendy Wunder.
Éditions : Hachette.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie : 2015.
Nombre de pages : 400.

Synopsis :
« Certains ont des sœurs, des cousins. Moi, j’ai Zoe. Depuis l’année de nos sept ans, j’ai un talent pour veiller sur elle et la protéger de ses coups de tête excentriques. En tout cas jusqu’ici j’arrivais toujours à la canaliser. Cette fois, c’est plus compliqué : Zoe veut partir, quitter le trou où on vit. Elle dit qu’elle a besoin de prendre la route et de nous éloigner de nos vies minables ; qu’elle refuse d’être considérée comme folle. Je vais suivre Zoe. Parce que je dois l’aider à recouvrer son état normal. Parce qu’elle est la seule personne sur qui je puisse compter dans ce monde. Et je me dis qu’elle a raison : on doit partir pour apprendre toutes ces choses qui nous échappent et dont nous avons tant besoin : l’audace, l’insouciance et, qui sait, peut-être même le bonheur... »



Mon avis :
Merci aux éditions Hachette pour ce partenariat, j'avais beaucoup apprécié La fille qui ne croyait pas aux miracles de la même auteur, et au vu de ce titre et de cette couvertures si accrocheurs je n'ai pas pu résister. Je ne savais pas dans quoi je me lançais, mais j'avais envie de découvrir, et ça a été un réel plaisir même si à mes yeux cette lecture ne fut pas non plus exceptionnelle.

Une histoire d'amitié, et même plus que ça. Deux filles avec une relation fusionnelle depuis de nombreuses années. Hannah et Zoé, des caractères très différents mais qui ont l'air de s'assembler à la perfection. Pourtant Zoé s'égare. Se perd dans un monde différent du notre. Elle veut s'évader, et avec Hannah elles partent. Chacune pour découvrir toutes ces choses qui nous échappent.

Mon avis risque d'être paradoxale, moi-même j'ignore pourquoi. Ce roman m'a vraiment fait quelque chose, j'ai été émue, et surtout admirative de toutes les merveilleuses idées de l'auteur, de la trame de l'histoire, du fil conducteur très bien suivi et surtout de la fin. Tout m'a convaincue dans ce roman au niveau de la construction du récit. Pourtant j'ai eu quelques passages où j'étais... comme lassée. Parfois l'histoire me passionnait totalement, et parfois je m'ennuyais, ce qui fait que malgré tout ce que je trouve excellent dans ce roman, je ne suis pas non plus conquise par sa globalité. Mais je sais qu'il peut plaire à beaucoup de personnes et c'est pour ça que je vous le conseille, évidemment. Pour toutes ces choses que ce roman nous apprend, parce que oui en refermant la dernière page j'étais retournée par toutes ces leçons de vie qui m'ont été enseignées par les mots de l'auteur.

Le style est très facile à la lecture, mais on ressent cette énergie spéciale propre à Wendy Wunder, une plume très particulière qui, peut-être, est la cause de mes quelques moments de lassitude, car son style n'étant pas habituel il fallait parfois que je fasse quelques efforts. En fait, j'ai des choses à reprocher à ce roman. Mais il est si merveilleux dans les idées et surtout pour la toute fin que j'ai envie de vous dire « N'écoutez pas les défauts que je vous cite, et lisez-le ! » ce que j'espère que vous ferez pour découvrir cette histoire atypique qui, au fond, m'a vraiment passionnée. Et qui vous passionnera aussi je l'espère.

En conclusion, mon avis paradoxale risque d'en perdre certains. Alors si vous ne deviez retenir qu'une chose : ce roman vaut vraiment la peine d'être lu, pour toutes les leçons de vie qu'il nous enseigne inconsciemment, et pour cette histoire si atypique que j'ai adoré découvrir, et pour les idées de l'auteur absolument passionnantes et renversantes. Alors même si mon avis n'est pas que positif, ce livre, je ne peux que vous le conseiller, surtout que la fin est juste exceptionnelle.

Une histoire qui nous apprend beaucoup.

jeudi 19 mars 2015

Interview de Clémentine Beauvais, l'auteur des Petites reines !

La merveilleuse Clémentine Beauvais a répondu à quelques questions de ma part qui vous permettront d'en savoir un peu plus sur cette talentueuse auteur ainsi que sur son prochain roman Les petites reines (chronique ici)

- Décrivez votre propre roman en trois mots.
« Manger bouger »
Ah zut ça fait juste deux mots. Et c’est déjà pris. Hmm…
« Même pas mal » ?
Tu dirais quoi, toi, Audrey ? C’est dur ta question oh !

- Pourquoi avoir choisi des personnages qui se décrivent eux-mêmes comme laids et repoussants ?
Donner la parole à Mireille, l’une des ‘boudins’, s’est imposé assez naturellement – après tout, c’est quand même les trois filles qui sont au cœur de l’histoire ! Et si elles se décrivent elles-mêmes comme laides, c’est 1) que le reste du monde n’a pas arrêté de le leur dire depuis qu’elles sont nées, et 2) que l’on s’aime rarement assez pour combattre l’opinion du reste du monde à ce sujet. Mireille est quand même quelqu’un à qui on a dit qu’elle ressemblait à Jean-Paul Sartre, ce qui est à peu près aussi flatteur que d’être comparée à Maître Yoda.

Je suis agacée par les livres pour ados qui mettent en scène des filles qui sont en fait très jolies mais qui tentent de persuader le lecteur qu’elles ne sont pas au courant. (‘Ah là là, ce que je suis moche ! j’ai des yeux turquoise – le truc trop bizarre quoi – dans un visage normalissime en forme de cœur, et des cheveux bêtement ondulés et blond vénitien alors que je voudrais telleeeemmmment qu’ils soient blond platine!!! et ce grain de beauté très banal au même endroit que Natalie Portman ! c’est trop laid. Je ne comprends pas pourquoi tout le monde est amoureux de moi !’) Quand on est ado, si on est beau, on le sait. Si on ne l’est pas, on le sait aussi. Mireille, Astrid et Hakima souffrent tous les jours qu’on les trouve moches. Ce n’est pas quelque chose qu’elles disent avec fausse modestie. C’est très violent comme sentiment, et je voulais montrer cette violence, même si je le fais avec une certaine distance.

- Pour ceux qui n'ont pas encore lu le livre, quel est le message que
vous souhaitez faire passer à travers cette histoire écrite de votre plume ?

Quand les hommes préhistoriques approchent, te laisse pas encercler, fabrique-toi des ailes, sors ton plateau de fromages, fais un pique-nique dans les nuages, et envoie-leur des boulettes de pain sur la tête.

- Pensez-vous être proche mentalement d'un des trois boudins ? Si oui,
lequel ?

Mireille est, peut-être sans surprise, celle qui me ressemble le plus, mais je n’aurais pas son courage ni sa carapace. Elle a les mêmes occupations que celles que j’avais à son âge, et le même sens de l’humour pourri. Astrid a hérité de mon côté bougon. Hakima ne me ressemble pas du tout, mais j’ai beaucoup d’affection pour les gens comme elle – rêveurs, doux et sincères.

- Quel est votre secret pour écrire un roman léger, drôle, mais aussi très poignant et abordant un sujet important ?
J’aimerais bien le savoir, ça serait chouette ! J Bon, tu me flattes, là… Je sais pas – lire en grandes quantités des articles du Gorafi et d’autres romans, de blogs et textes satiriques ou humoristiques. Et avaler quotidiennement des salades de tomates-mozzarella, apparemment, puisque c’est ce que j’ai fait en écrivant la 2e moitié du livre… ?

- Et enfin, une question concernant les réseaux sociaux : dans vos deux
derniers romans Exprim' ils sont présents, et ils sont capables de
changer la vie de nos personnages. Dans le cas des Petites Reines, à vos
yeux, sont-ils plus bénéfiques que nocifs ? Ou l'inverse ?

Pour moi, ça reste ambivalent. Les trois filles s’en prennent quand même plein la figure, malgré le fait que leur couverture médiatique leur permette aussi beaucoup de choses. A mon avis, ce genre d’aventures vous donnerait envie de redevenir anonyme assez rapidement, mais les héros et héroïnes de romans sont moins chochottes que nous, pauvres mortels…

- Merci pour cette interview, et j'ai déjà hâte de lire votre prochaine
parution Exprim' !

Moi aussi, ça voudra dire que je l’aurai écrite ! Merci pour ces questions.

mercredi 18 mars 2015

Les petites reines - Clémentine Beauvais.

« Peut-être que la mocheté, ça fait mûrir.  »

Auteur : Clémentine Beauvais.
Éditions : Sarbacane, collection Exprim'.
Genre : Jeunesse.
Date de sortie : 1er avril 2015.
Nombre de pages : 304.

Synopsis : « À cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont gagné le « concours de boudins » de leur collège de Bourg-en-Bresse. Les trois découvrent alors que leurs destins s’entrecroisent en une date et un lieu précis : Paris, l’Élysée, le 14 juillet. L’été des « trois Boudins » est donc tout tracé : destination la fameuse garden-party de l’Élysée !!! Et tant qu’à monter à Paris, autant le faire à vélo – comme vendeuses ambulantes de boudin, tiens ! Ce qu’elles n’avaient pas prévu, c’est que leur périple attire l’attention des médias… jusqu’à ce qu’elles deviennent célèbres !!! Entre galères, disputes, rigolades et remises en question, les trois filles dévalent les routes de France, dévorent ses fromages, s’invitent dans ses châteaux et ses bals au fil de leur odyssée. En vie, vraiment. »
Merci aux éditions Sarbacane pour ce roman en partenariat ! 
 

Mon avis :
Clémentine Beauvais, l'auteur du fabuleux roman Comme des images qui, à ma grande joie, m'avait fait découvrir la plume de cette écrivaine pleine de talent. Je n'étais pas ressortie indemne de ma lecture, et une fois encore ce nouveau livre n'échappe pas à la règle. Encore une fois on nous parle de l'image, celle qu'on véhicule autour de nous, et celle qui se cache en nous. Un roman qui plaira aux jeunes comme aux grands.

Trois boudins : Mireille, Astrid et Hakima. Accompagnées de Kader, elles partent à vélo pour un road trip qui les mènera tout droit à la garden-party de l’Élysée pour le 14 juillet. Trois personnages hors du commun, Mireille nous raconte leur histoire, se décrivant elle-même comme grosse, laide, repoussante, alors qu'en lisant ce roman on trouve cette jeune fille juste touchante. Elles se lancent dans une aventure pas facile à vivre, mais qui nous fera connaître chaque personnage plus en détail. J'étais touchée par Hakima, attendrie par Astrid et noyée sous des larmes de rire quand Mireille s'exprimait – autrement dit, comme il s'agit du narrateur, j'ai arrêté de rire quand j'ai refermé le roman. Nous croisons de tout le long de leur chemin, des personnes adorables comme des personnes détestables : les personnes de la vie, tout simplement.

Si ce roman nous fait rire, il ne faut pas oublier qu'il dénonce une réalité : l'importance de l'apparence. Mais c'est si bien tourné que même les scènes les plus affreuses possèdent une touche d'humour. Pourtant cela n'enlève jamais réellement l'horreur de la situation, et si j'ai parfois été choquée, je ne pouvais nier que l'auteur n'inventait rien : nous sommes dans un monde où les insultes derrière l'écran sont faciles, ainsi que dans un monde où le harcèlement scolaire est existant, et répandu. Ce livre ne veut pas dire « si tu veux plaire, maigris et maquille toi » mais plutôt « tu es plus belle au naturel ». J'ai adoré tout ce que voulait nous communiquer l'auteur à travers ses mots, sa plume.

Ces personnages nous touchent, nous intriguent, et nous surprennent toujours un peu plus. On suit leur périple avec passion, on écoute leurs nouvelles idées avec attention et on s'attache à ces filles, on s'attache à ces merveilleuses personnes. L'auteur est incroyable, possède un style magnifique qui nous envoûte à chaque nouvelle phrase, elle sait nous faire rire avec un vocabulaire riche, varié, intéressant, et nous en sommes d'autant plus ravis. Une fin qui nous étonne, une fin que j'ai appréciée, et si j'étais triste de terminer cette histoire extraordinaire, je suis maintenant impatiente de retrouver la plume de l'auteur dans un autre ouvrage.

Vous l'aurez deviné : je vous conseille vraiment, vraiment, vraiment ce roman qui est une explosion de joie, d'humour, de vie et de réalité. Une réalité qui nous frappe, mais aussi qui nous réveille. Des personnages humains qui nous font rire et qui nous touchent, une aventure qui sort de l'ordinaire, un périple plein de dangers, une incroyable volonté, et une plume qui nous fait voyager. Je ne pouvais pas trouver mieux, ce roman est une merveille, et il est unique.

Un coup de cœur.

samedi 14 mars 2015

The Book of Ivy - Amy Engel.

« Peut-être qu'on attend trop de la liberté. »

Auteur : Amy Engel.
Éditions : Lumen.
Genre : Jeunesse, Dystopie.
Année de sortie : 2015.
Nombre de pages : 342.

Synopsis :
« Voilà cinquante ans qu’une guerre nucléaire a décimé la population mondiale. Un groupe de survivants d’une dizaine de milliers de personnes a fini par se former, et ce qui reste des États-Unis d’Amérique s’est choisi un président. Mais des deux familles qui se sont affrontées pour obtenir le pouvoir, la mienne a perdu. Aujourd’hui, les fils et les filles des adversaires d’autrefois sont contraints de s’épouser, chaque année, lors d’une cérémonie censée assurer l’unité du peuple. J’ai seize ans cette année, et mon tour est venu. Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule et unique mission dans la vie : tuer le garçon qu’on me destine, Bishop, le fils du président. Depuis ma plus tendre enfance, je me prépare pour ce moment. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes. Les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche... Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera. »


Mon avis :
Merci aux éditions Lumen pour ce roman en partenariat. The Book of Ivy s'est très vite fait connaître grâce à toute une mise en scène créée par les éditions Lumen, une idée brillante de leur part car sans même savoir de quoi parlait l'histoire, nous étions nombreux à avoir la curiosité de vouloir découvrir ce roman dystopique. L'envie ne s'est pas atténuée et après tous les avis positifs, je me suis lancée à mon tour pour au final suivre l'avis général : un livre à ne pas manquer.

Certes les dystopies sont à présent toutes plus ou moins semblables sur le fond de l'histoire, c'est inévitable, mais Amy Engel nous fait entrer dans un monde qui n'a rien de compliqué : le notre, dans plusieurs années, après que notre population ait été dévastée par une guerre nucléaire – le plus inquiétant c'est que la situation n'est pas surréaliste dans le fond. Nous n'avons donc aucun mal à nous imprégner de l'histoire, des nouvelles règles et lois de cette société présidée par Monsieur Lattimer. Ivy Westfall fait partie de l'autre famille de ceux qui souhaitaient gouverner, et c'est pour cette raison que la mission d'Ivy est primordiale : il faut renverser ce régime et instaurer une démocratie dans laquelle son père sera le nouveau président. Ivy n'a pas le choix, il faut qu'elle obéisse. Mais c'était sans compter sa rencontre avec Bishop qui s'annonce différente de ce qui était envisagé...

Ivy est une jeune fille admirative de son père, totalement dévouée à sa famille car toute sa vie elle n'a connu que cet amour familial, ce seul lien sentimental. Mais quand on rencontre l'amour, les doutes s'installent et la personnalité peut en ressortir changée. Ivy est une fille vraiment attachante, par ses décisions et sa manière d'être, même si parfois ses réactions m'ont totalement déboussolée, l'auteur a très bien su mener son personnage là où elle le souhaitait. Tout comme Bishop : un garçon mystérieux qui se révèle être un personnage juste merveilleux : on tombe facilement sous son charme – en tout cas ça a marché pour moi. Leur relation évolue, mais Ivy doit le tuer. Avec la pression de son père et de sa sœur, ainsi que l'amour qu'elle commence à éprouver, les doutes sont omniprésents en elle, et on la comprend : je n'aurais jamais su comment réagir à sa place.

C'est une histoire horrible dans le sens où nous sommes sans cesse dans l'attente de la suite, c'est presque si je souhaitais sauter des pages tant le suspens était insoutenable. L'auteur sait nous faire mourir d'impatience, mais elle sait aussi comment nous traumatiser à la fin du roman : je veux le tome 2, là, maintenant, tout de suite. On entre très vite dans l'histoire, l'action est toujours là sans que cela soit non plus permanent, et surtout l'intrigue est excellente ; on a envie de prévoir la fin, mais trop de suppositions s'ouvrent à nous. Cette lecture était éprouvante car l'auteur a du talent, j'ai ressenti plusieurs émotions au fil des pages, de la colère à l'anéantissement, de l'infime joie au bonheur intense. Je ressentais ce que ressentait Ivy, et à présent je ne peux plus faire marche arrière, une fois ce premier tome fini on ne peut que désirer découvrir la suite.

Il n'y a pas eu la petite étincelle du coup de cœur, mais il y a eu tout ce qu'il faut pour que j'affirme que ce roman est excellent, pour que je vous le recommande vivement, et pour que j'en parle autour de moi. Une lecture éprouvante qui nous fait voir un monde susceptible d'exister, qui nous fait réfléchir à des sujets importants comme la liberté, la peine de mort, et surtout un roman qui suscite notre impatience. Impossible de le lâcher avant d'avoir lu le dernier mot. Et ensuite, place aux lamentations, car actuellement j'ai terriblement envie de lire le second tome, vivement sa sortie !

Un excellent roman dystopique.

mardi 10 mars 2015

Complice(s) - Eireann Corrigan.

« J'aurais voulu t'offrir un monde meilleur. »

Auteur : Eireann Corrigan.
Éditions : Milan, collection Macadam.
Genre : Jeunesse, Thriller.
Date de sortie : 11 mars 2015.
Nombre de pages : 313.
Prix : 14€90.

Synopsis :
« Leur plan : simuler un enlèvement.
Leur but : faire parler d'elles.
Chloé et Finn en sont convaincues : être intelligente, jolie et sportive ne suffit pas. Pour avancer dans la vie, il faut devenir quelqu'un.
Quel que soit le moyen,
et à n'importe quel prix.
Leur plan est parfait. »


Mon avis :
J'ai reçu ce roman dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Milan et la collection Macadam, je les en remercie grandement. Une nouveauté qui me donnait très envie, malgré le fait que j'en savais peu sur l'histoire. Ayant lu un résumé assez vague (pas bien plus que celui que je vous ai écrit), j'ai pu découvrir ce roman avec tout le suspens et les situations retournantes. Je vous conseille donc de ne pas lire d'autres synopsis que celui que je vous ai mis plus haut car j'en ai lu des trop explicites qui pourraient vous gâcher certaines surprises.

Chloé et Finn veulent faire parler d'elles. Elles ont beau faire tout leur possible elles savent que ce ne sera pas suffisant pour qu'elles deviennent célèbres. Elles imaginent alors un plan afin de simuler un enlèvement, ce qui leur assurerait une popularité sans limites. Mais on se doute bien qu'un mensonge aussi grave peut vite dégénérer...
Finn est le narrateur de l'histoire, celle dont on connaît les pensées les plus profondes, et j'ai trouvé son personnage si touchant, si dévoué à sa meilleure amie, Chloé. Cette dernière, je n'ai pas pu m'y attacher, et ce dès le début. On sent bien que cette fille est égocentrique, mais comme c'est Finn qui nous décrit l'histoire, elle nous parle de sa meilleure amie comme d'un ange, et au début, on arrive à la croire.

C'est un sujet totalement nouveau pour moi. Deux adolescentes qui simulent la disparition de l'une d'entre elles, je n'avais jamais lu quelque chose d'aussi intrigant. Et je peux vous dire que c'était juste formidable. De voir comment Finn se débrouille pour mentir au monde entier tandis que Chloé est dissimulée dans un sous-sol d'une maison vide. Mais surtout, au delà de leur plan diabolique, on découvre des personnages qui se révèlent, qui s'avouent certaines choses à eux-même, qui assument leurs décisions. Le sentiment le plus présent tout au long du roman ? L'impatience. J'avais chaque soir hâte de me replonger dans cette aventure, le suspens étant toujours à son comble quand au dénouement final de l'histoire. Et l'auteur nous réserve des surprises, car quand on pense que l'histoire est finie, on se rend compte qu'il y en a encore. Et ça, c'était merveilleusement bien pensé.

L'auteur sait mettre le suspens là où il faut, c'est à dire : tout le temps. Un plan pareil ne peut pas se finir sans difficultés, on en est sûrs, mais pourtant on doute, et on se demande bien comment une histoire pareille pourrait se terminer. L'auteur sait nous faire imaginer de nombreuses fins différentes mais je peux vous assurer que celle qu'elle a écrite de sa plume ne pourra que vous surprendre. Le style reste simple, nous sommes dans la tête d'une adolescente, mais c'est justement parfait pour saisir les détails importants de l'histoire et pouvoir à notre tour mener notre propre enquête, et tenter de prédire la suite. J'ai totalement adoré l'histoire du début à la fin, et le seul petit défaut que je peux donner à ce livre c'est l'attitude de certains personnages où certaines situations qui me paraissaient peu logiques suite à l'enlèvement de Chloé, mais bon après je ne sais pas tellement comme ça se passe réellement après un événement pareil.

En conclusion, dès que ce roman sort en librairie, il faut se ruer dessus et sans un brin d'hésitation ! Ce n'est peut-être pas un livre poétique qui fait rêver, mais c'est vraiment une histoire de suspens époustouflante qui nous happe dès les premières pages pour nous relâcher au bout de 27 chapitres, plus essoufflés que jamais. Une fin qui m'a retournée mais que j'ai adoré, des retournements de situation totalement hallucinants et une maîtrise du fil de l'histoire qui me laisse très admirative. Ne passez pas à côté de ce livre, je vous le conseille plus que jamais !

Un roman incroyablement passionnant.

samedi 7 mars 2015

La Liste - Siobhan Vivian.

« C'est un moment précieux et elle accepte de le vivre, ce qui déjà est un pas dans la bonne direction. »

Auteur : Siobhan Vivian.
Éditions : Nathan.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie : 2013.
Nombre de pages : 406.

Synopsis : « La liste nomme 8 filles chaque année Les 4 plus belles et les 4 plus laides du lycée Et si votre nom s'y trouvait ? Une tradition odieuse sévit au lycée de Mount Washington : tous les ans, une semaine avant le bal de début d'année, une liste est placardée dans les couloirs. Personne ne sait qui établit cette liste. Et personne n'a jamais réussi à empêcher qu'elle soit publiée. Invariablement, chaque année, la plus belle et la plus laide des troisièmes, des secondes, des premières et des terminales sont désignées. 8 filles en tout. 8 filles qui se retrouvent sous les projecteurs impitoyables du lycée. 8 filles qui vont voir leur vie brusquement changer... pour le meilleur ou pour le pire ? »

Mon avis :
La Liste, ce roman au résumé tentant mais dont les critiques étaient malheureusement repoussantes. Cela ne m'a pas empêcher de me procurer ce livre, afin de me faire mon propre avis sur cette histoire d'adolescents. Je comprends que certains avis ne soient pas élogieux, mais ce roman n'a rien de mauvais à mes yeux, j'ai donc été agréablement surprise.

Une liste, avec 8 filles dessus. 4 sont nommés les plus belles, et 4 autres les plus moches. Personne ne sait qui est l'auteur de cette mystérieuse liste. Les chapitres s'alternent avec les points de vue de chaque fille inscrite sur la liste, et on découvre leur réaction, la manière dont elles le prennent, comment elles vivent leur sélection. On se rend compte que ce ne sont pas toujours les nommées les plus moches qui souffrent le plus. Je me suis attachée à certaines filles, mais j'ai trouvé que d'autres manquaient de profondeur par moment. Il est vrai que la compréhension du roman n'est pas aisée, on passe d'un esprit à l'autre sans trop se souvenir de ce que pensait l'adolescente 8 chapitres avant. Mais j'ai réussi à m'habituer, pour à la fin connaître chaque personnage sans trop de difficulté, et je n'ai donc pas eu de mal à comprendre le fil de l'histoire.

Finalement, les avis négatifs ont eu un effet positif sur moi : je ne m'attendais pas à quelque chose de grandiose, et j'ai eu bien mieux que ce que je pouvais m'imaginer. Cette histoire est vraiment appuyée sur la psychologie de chaque personnage. La vision d'une fille de 3ème à côté de celle d'une fille de terminale. Des réactions qui changent d'une nommée à l'autre. Des envies et des passions différentes. Une vie qui ne ressemble jamais à celle d'une autre. J'ai vu ce que des adolescentes pouvaient penser, l'envie pour l'une d'être populaire, reconnue, l'envie pour l'autre de plaire, de ne pas décevoir les gens. J'ai trouvé que c'était un très bon roman jeunesse dans le sens où l'histoire nous montre des personnages humains, avec des personnalités très différentes mais je peux dire que chaque fille s'associe à une personne que j'ai connu au lycée.

La plume de l'auteur est simple, assez belle pour que l'envie de continuer la lecture soit grande, et j'ai dévoré ce roman. C'est une histoire assez jeunesse c'est bien vrai, et certains points ne sont pas assez approfondis, je l'admets aussi. Des personnages trop en surface et une fin assez rapide, avec des éléments plutôt... dérangeants. Mais dans l'ensemble j'ai trouvé ce roman très bien écrit, avec de très bonnes idées sur l'apparence, mais aussi sur l'esprit, les liens d'amitié, d'amour, et familiaux.

J'ai donc été agréablement surprise par ce roman qui, au tout début, me faisait appréhender ma lecture. J'ai eu des préjugés infondés et je suis heureuse d'avoir pu me faire mon propre avis et de découvrir une histoire intéressante que j'ai adoré découvrir. Je vous conseille beaucoup ce roman, surtout aux adolescents car il vous plaira certainement davantage, étant donné que c'est dans cette tranche d'âge.

Un bon roman jeunesse.

dimanche 22 février 2015

À tous les garçons que j'ai aimés - Jenny Han.

« L'amour, c'est effrayant, c'est changeant, ça peut disparaître. Mais c'est un risque à prendre. »

Auteur : Jenny Han.
Éditions : Panini Books (collection Scarlett).
Genre : Jeunesse, Romance.
Année de sortie : 2015.
Nombre de pages : 461.
Synopsis : « Lara Jean Song conserve ses lettres d’amour dans une boîte à chapeau que sa mère lui a donnée. Ce ne sont pas des lettres qu’elle a reçues, ce sont celles qu’elle a écrites. Une pour chaque garçon qu’elle a aimé. Lorsqu’elle écrit, elle ose ouvrir son coeur et dire toutes les choses que jamais elle n’exprimerait dans la vraie vie, car ses lettres ne sont que pour elle. Jusqu’au jour où Lara découvre que ses lettres secrètes ont toutes été postées… Elle doit soudain faire face à son passé amoureux, la situation devient vite hors de contrôle mais qui sait ? Quelque chose de positif pourrait ressortir de ces lettres, après tout. »

Mon avis :
Ce nouveau roman de Jenny Han faisait déjà beaucoup parler de lui sur la blogo, à l'époque où les blogueurs le lisaient en VO. J'étais tellement impatiente qu'il sorte en français afin de pouvoir moi aussi découvrir cette histoire qui me promettait une très bonne lecture. Merci Babelio pour cette masse critique privée qui m'a permis de découvrir cette merveille, en compagnie de Mathilde de Mille et deux livres (sa chronique plus bas).

Lara est une adolescente tout ce qu'il y a de plus ordinaire, si ce n'est que je l'ai trouvée très attachante. Nous entrons dans l'histoire avec grande facilité, et nous rencontrons un bon nombre de personnages tous très différents, intéressants à découvrir plus en détails par la suite. Au delà de la romance, la famille possède une place importante dans ce récit. Le départ de la grande sœur, assumer ses responsabilités d’aînée, savoir prendre des décisions, faire des choix... nous assistons aux changements dans la vie de Lara Jean qui grandit, qui devient une femme. Et l'histoire en était d'autant plus passionnante.

Lara écrivait toujours des lettres aux garçons qu'elle aimait afin de mettre fin à ses sentiments pour eux, afin de tourner la page. Mais quand ces lettres - qui pour certaines datent de plusieurs années – se retrouvent postées et arrivées à destination, Lara Jean ne sait plus quoi faire pour faire face à la situation. Elle va prendre de folles décisions qui changeront sa vie à tout jamais. On s'amuse beaucoup du pétrin de Lara, mais on est aussi très attendri par son personnage ainsi que sa petite sœur, son meilleur ami, et bien d'autres encore... J'ai adoré son personnage ainsi que le fil qu'a suivi l'histoire. Les événements sont très bien trouvés par l'auteur, chaque nouvelle situation nous fait sourire où nous révolte, l'auteur sait nous mettre dans tous nos états.

La plume de l'auteur est très jeunesse, mais c'est justement ce dont j'avais besoin. Une lecture qui ne soit pas prise de tête, qui nous détend, et qui nous fait passer un bon moment. J'ai eu raison de jeter mon dévolu sur ce roman car il m'a pleinement satisfaite, je n'aurais pas pu rêver mieux pour avoir un nouveau coup de cœur. Une romance vraiment adorable, dont j'ai adoré suivre l'évolution, jusqu'à la dernière page qui m'a totalement retournée : je veux la suite.

Ce livre est un coup de cœur pour l'histoire, l'originalité ainsi que la romance qui au fond ne sort pas de l'ordinaire mais les romances adolescentes me plaisent toujours autant, surtout quand elles sont bien écrites, passionnantes, et que le récit aborde aussi d'autres sujets importants comme la famille, le détachement, le fait de grandir. Merci à Jenny Han pour ce roman plein de tendresse mais aussi d'humour : j'ai passé un merveilleux moment.

Un coup de cœur.

> chronique de Mathilde / Mille et deux livres <

mercredi 18 février 2015

Les gens heureux lisent et boivent du café - Agnès Martin-Lugand.

« Mais mon cœur battait obstinément. Et me maintenait en vie. Pour mon plus grand malheur. »

 
Auteur : Agnès Martin-Lugand.
Éditions : Pocket.
Genre : Drame, Contemporain.
Année de sortie : 2013.
Nombre de pages : 187.

Synopsis : « Diane perd brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel. »



Mon avis :
Un roman qui, dès sa sortie, a été accrocheur à mes yeux : le titre était le plus attirant qu'il m'ait été donné de lire. J'avais tellement envie de le découvrir. Ma mère l'ayant lu, mes amies aussi, il fallait que je me lance, et quand Laura me l'a offert pour noël j'ai décidé de ne pas patienter plus longtemps, je l'ai donc lu en lecture commune avec Tom (lien de sa chronique en bas). Une lecture commune très enrichissante car nos deux avis sont très opposés, même si au fond ils se rejoignent sur certains point. Il a été déçue tandis que j'ai bien aimé l'histoire, même si je l'avoue je ne lui ai rien trouvé d'extraordinaire.

Nous faisons la rencontre de Diane, une jeune femme à qui la vie n'a fait aucun cadeau, qui doit à présent vivre sans son mari et sa fille à ses côtés. Diane est détruite mais une once d'espoir existe en elle, on y croit, et cela rend ce personnage très attachant, assez bien approfondi. Son meilleur ami Félix est un garçon qui nous charme assez facilement. Quand Diane décide de partir en Irlande nous nous doutons que sa vie va prendre un nouveau tournant. Surtout lorsqu'elle y fait la rencontre de ses propriétaires, ainsi que celle de son voisin...

C'est un roman touchant. Le thème du deuil est abordé dès les premières pages, ce qui m'a valu des larmes de tristesse pour Diane, pour Colin son mari et pour Clara sa fille. Mais c'est aussi ce qui m'a déçue. Je m'attendais à ce que Colin et Clara soient toujours présents dans l'histoire car ils sont justement la cause de malheur de Diane, elle y pense chaque jour, chaque heure, chaque minute. Mais à un moment donné du roman, Colin et Clara deviennent inexistants pendant une période assez longue, nous ne voyons plus une seule fois leurs prénoms dans le récit, Diane n'y pense plus comme s'ils n'étaient plus au centre de cette histoire. J'ai été déçue par ce détail assez important car cela me paraissait beaucoup trop surréaliste que, après avoir passé un an enfermée à penser à eux jour et nuit, tout à coup elle soit capable de les rayer de sa tête pour une semaine. Ils sont passés au second plan et c'est ce qui m'a dérangée. Ainsi qu'une autre situation un peu de trop vers la fin de l'histoire, mais bon ce sont les choix de l'auteur et sans ça l'histoire serait un peu différente or j'ai beaucoup apprécié le dénouement final.

Bien sûr s'ils n'étaient plus aussi importants dans l'histoire, c'est parce que Diane rencontrait des gens, essayait de se reconstruire. Donc ma déception était atténuée car l'histoire de la jeune femme me touchait toujours, elle essayait de redécouvrir l'amour. La plume de l'auteur est très simple, mais assez belle pour m'avoir fait pleurer et assez fluide pour avoir rendu ce roman très difficile à lâcher. J'ai ressenti des émotions à travers les mots de l'auteur et c'est pour moi le talent qu'on attend d'un écrivain, alors même si c'était un style assez simple, je n'avais pas besoin de plus et j'ai été charmée.

Je n'ai pas trouvé ce roman extraordinaire, mais j'ai tout de même beaucoup aimé suivre l'histoire de Diane, son retour à la vie avant que la mort ne la rattrape, ses découvertes, ainsi qu'une fin qui nous attriste mais qui nous fait sourire en même temps. L'auteur sait bien retranscrire les émotions avec un style assez simple, et même si certains détails m'ont déçue l'histoire dans son ensemble était très belle, très agréable à lire, et je suis ravie d'avoir pu découvrir cette auteur et sa plume.

Une très belle histoire.


> chronique de Tom <

dimanche 15 février 2015

Un secret - Philippe Grimbert.

« Fils unique, j'ai longtemps eu un frère. »

Auteur : Philippe Grimbert.
Éditions : Le Livre de Poche.
Genre : Drame.
Année de sortie : 2004.
Nombre de pages : 185.

Synopsis : « Souvent les enfants s'inventent une famille, une autre origine, d'autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu'il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne le vérifieront pas... Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et des millions de disparus sur qui s'est abattue une chape de silence. »


Mon avis :
Un roman dont l'histoire ne m'était pas inconnue, car j'avais déjà vu le film il y a quelques années. L'histoire m'avait énormément perturbée. J'étais révoltée, comme à chaque fois, par la rafle et autres événements durant les années 40, et j'étais en même temps bouleversée par l'histoire et agacée par certaines personnages qui à mes yeux sont inexcusables. Ce roman m'a d'autant plus fait ressentir ces émotions : on vit chaque chose avec beaucoup plus d'intensité.

Un secret menace une famille depuis des années. Un secret que tout le monde garde, que tout le monde connaît, sauf le narrateur qui nous raconte son histoire. Cet enfant est curieux, cet enfant ne se sent pas assez aimé par ses parents, cet enfant sent que quelque chose dérange sa famille, que certains regards sont trop perdus, certaines paroles trop incertaines. Le tout causé par un secret bien trop lourd à porter. Le narrateur l'ignore et le sait en même temps, car depuis toujours il ressentait comme la présence d'un frère imaginaire, jusqu'à ce que la vérité éclate.

Je connaissais déjà le secret, je savais déjà ce qui allait se dérouler, mais ça ne m'a pas empêché d'être révoltée une fois encore par l'horreur de l'histoire, par la situation dramatique et par les fautifs de tout cela. Durant le roman on apprend que certains personnages se marient, puis en désirent d'autres, puis détruisent leur compagnon, leur font faire des actes irrémédiables ainsi qu'impardonnables. J'ai eu l'impression de lire un roman où chaque personne s'en veut mais chaque personne a une part de responsabilité dans le drame, et ça m'a vraiment horrifiée.

Apprendre que ce roman est une véritable histoire, la vie de l'auteur, ça m'a perturbée, au final. Le choc et l'horreur passés, j'étais intriguée par tant de secrets, tant de regrets cachés et tant de secrets qui resteront à jamais inavoués. Même si au fond, si l'on suit bien l'histoire, on se rend compte qu'il n'y a qu'un seul véritable secret. Et je vous laisse lire ce livre pour le découvrir. Un roman qui, il ne faut pas l'oublier, nous montre qu'au fond les seuls véritables fautifs sont ceux qui ont emmené les juifs dans les camps, ceux qui ont ordonné cela, et ceux qui ont tué des hommes sans aucun regret.

Un roman d'une plume simple, qui se lit avec facilité, mais nous passons de l'horreur au bouleversement à la peur et à l'énervement. J'ai aimé ce roman car il s'agit d'un témoignage et que je respecte beaucoup cet auteur qui a posé des mots sur sa vie afin de nous faire partager un lourd secret. Mais ce que je n'ai pas apprécié, ce sont certains personnages qui m'ont tout simplement énervée, et je retiens mes mots car il s'agit là de véritables personnes et je ne peux les juger sans les connaître. Mais ce que j'ai lu m'a suffit à savoir que j'en voulais beaucoup à certains, mais il ne faut jamais oublier que les véritables fautifs de tout ça sont ceux qui ont arrêté les juifs et qui les ont emmenés dans les camps.

Un roman perturbant.

vendredi 13 février 2015

L'empereur, c'est moi - Hugo Horiot.

« Ce n'est pas grave d'être en cage quand on ne sait pas voler. »

Auteur : Hugo Horiot.
Éditions : L'Iconoclaste.
Genre : Témoignage.
Année de sortie : 2013.
Nombre de pages : 214.

Synopsis :  
« Ce livre est une histoire vraie. L'autoportrait d'un enfant en colère, qui mène une guerre sans merci, contre lui-même et contre les autres. Un enfant autiste Asperger. Aujourd'hui, l'orage de l'autisme est passé. Le guerrier aux bras nus est devenu un adulte serein. Alors, il a décidé de replonger en enfance. Au fil des chapitres, il nous entraîne avec lui. Il a quatre ans, huit ans, douze ans. Il a peur. Il se cogne à l'absurdité de la vie comme un papillon contre une lampe. C'est net, juste, cruel parfois. Les larmes sont étouffées et la tendresse jaillit comme l'éclair. Un texte fascinant dans la lignée des grands récits sur l'autisme. »
Mon avis :
Un roman dont je n'avais jamais entendu parler, qui aborde un thème qui m'a toujours intéressée : l'autisme Asperger. Ma cousine m'a prêté ce livre, ne m'en disant que du bien, et j'ai eu très envie de le lire, je l'ai donc sorti de ma bibliothèque pour découvrir l'enfance d'Hugo Horiot, et sa vie en tant qu'autiste Asperger.

Hugo nous raconte son enfance depuis qu'il est en âge de se souvenir. Depuis qu'il a 4 ans, Hugo est un enfant intelligent. Très intelligent. Pourtant autour de lui ce n'est pas quelque chose que les gens voient. Ce roman contient peu de personnages car il se concentre sur Hugo, son ressenti, ses idées sur la vie, et sur sa mère. Une femme qui n'a pas voulu considérer Hugo comme différent, tout simplement parce qu'au fond il n'était pas si différent.

Avoir le point de vue de la personne est toujours plus passionnant, car nous savons que les propos sont véritables, et qu'il ne s'agit pas d'une personne qui en décrit une autre. Là nous sommes avec Hugo, avec lui, toujours. Nous sommes dans sa tête, dans son esprit. Peut-être que chaque enfant autiste est différent, mais cela nous permet tout de même de réussir à comprendre pourquoi parfois, il réagit de telle ou telle manière. Pourquoi il crie. Pourquoi il ne parle pas. C'était vraiment intéressant de lire ce témoignage, qui parfois me rendait pleine d'émotions, et qui à d'autres moments me faisait sourire d'amusement. Mais qui m'a surtout passionnée du début à la fin par son authenticité, et surtout par l'attachement que j'avais pour le petit Hugo. Il ne voulait pas de la pitié des gens, et en le lisant nous n'avons pas de pitié à lui donner, juste cette envie de rencontrer cet enfant si doué, si intelligent, qui le cache. Cet enfant si différent. Cet enfant, tout simplement.

En plus d'écrire une histoire touchante qui nous raconte la réalité d'une enfance difficile mais qui, avec des efforts, a pu se dérouler de manière correcte pour donner naissance à un homme talentueux, Hugo Horiot possède une plume qui sait nous charmer à chaque nouvelle phrase, et qui nous fascine. Les pensées et les idées de ce jeune enfant nous fascinent. C'était fabuleux de découvrir l'autisme du point de vue de l'enfance, et ça m'a permis de m'intéresser encore davantage à cette maladie qui m'a toujours beaucoup intriguée.

J'ai donc été très heureuse d'avoir pu découvrir un livre sur l'enfance d'un jeune austiste Asperger, surtout qu'il ne pouvait pas être plus authentique étant donné que l'histoire nous est racontée par Hugo lui-même. Un témoignage qui nous fait sourire ou pleurer, mais qui nous montre surtout une réalité. Je remercie l'auteur d'avoir partagé avec nous cette enfance qui n'était pas de tout repos.

Un témoignage unique.

mardi 10 février 2015

Nous sommes Charlie - 60 écrivains unis pour la liberté d'expression.

« Si un dieu a peur d'un dessin, c'est qu'il est plus petit qu'un crayon – ou que les mots sont plus grands que lui. »
Delphine Coulin.

Auteur : 60 écrivains unis pour la liberté d'expression.
Éditions : Le Livre de Poche.
Genre : Témoignage.
Année de sortie : 2015.
Nombre de pages : 165.

Synopsis :
« Face à la tragédie, des voix s'élèvent contre la barbarie qui a voulu mettre à genoux la liberté d'expression. C’est de la volonté de les rassembler en un recueil, que naît, dès le lendemain de l’attaque contre Charlie Hebdo, l’idée de cet ouvrage, mêlant textes classiques fondamentaux et paroles d’auteurs contemporains. La richesse des contributions gracieuses ici réunies témoigne du remarquable élan suscité par ce projet, dont l’intégralité des bénéfices sera reversée à Charlie Hebdo. »


Mon avis :
Je suis Charlie. Tu es Charlie. Il est Charlie. Nous sommes Charlie. Vous êtes Charlie. Ils sont Charlie.

Les événements en ce début d'année n'ont laissé personne indifférent. Dans ce recueil de textes fondamentaux ainsi que de paroles d'auteurs contemporains, nous retrouvons des auteurs que nous apprécions, des petites textes touchants, des histoires pleines d'ironie, mais surtout nous découvrons de nombreux avis. Des avis qui se rejoignent en général, mais qui parfois diffèrent de notre opinion personnel. Je crois que c'est ça qu'il veut montrer, ce recueil. Nous sommes libres de ne pas être d'accord avec ce que nous lisons. Nous sommes libres d'avoir notre propre avis tant qu'il est respectueux. Nous sommes libres, tout simplement.

Je ne vois pas comment parler de ce recueil, je ne peux critiquer un ensemble de textes si touchants, si bouleversants, et si sincères. Nous avons des écrits de personnes proches de l'équipe de Charlie Hebdo. Nous en avons d'autres qui, même s'ils n'achetaient pas le journal, défendent tout de même cette liberté d'expression qui nous est chère à tous. Nous avons des avis très diversifiés qui nous permettent parfois de comprendre les réactions qui changent d'une personne à une autre. J'ai une pensée pour la nouvelle de Romain Puértolas, une histoire fictive bourrée d'humour, mais qui ne fait pas que monter des larmes de rires. J'ai adoré son texte qui mélange l'humour tant présent de Charlie, ainsi que la gravité des faits passés.

Nous avons des textes fondamentaux très précieux pour ce pays, des textes qui racontent des événements si anciens que c'est terrible de voir qu'ils sont encore d'actualité. Des textes de philosophes importants dans l'histoire de notre pays. J'ai aimé le fait que parfois les auteurs écrivaient une longue nouvelle, parfois un texte argumentatif, parfois quelques phrases, parfois un poème, parfois ils racontaient une véritable histoire. Le tout réuni donne naissance à ce recueil très cher à mes yeux. Je relirai régulièrement certains textes qui m'ont touchée, émue, plus que d'autres. Comme quoi les mots ont une puissance que nul ne pourra jamais surpasser.

Ma chronique n'en est pas véritablement une. Parce que je n'ai rien à reprocher à ce recueil, car on ne peut reprocher à des gens d'exprimer leur avis, de rendre hommage à la liberté qui a été touchée. Ce recueil m'a émue, appris, instruit, touchée, et même parfois fait rire.

Nous sommes Charlie.

lundi 9 février 2015

Je vous demande le droit de mourir - Vincent Humbert.

« Même si on sait, si l'on est persuadé qu'on la reverra bientôt, il faudrait toujours terminer sa phrase par : « je t'aime » »

Auteur : Vincent Humbert (et Frédéric Veille)
Éditions : J'ai lu.
Genre : Autobiographie, témoignage.
Année de sortie : 2003.
Nombre de pages : 186.

Synopsis : « "Monsieur Chirac, je vous demande le droit de mourir..." Cette supplice, datée du 30 novembre 2002, s'adressait au président de la République française, qui ne pouvait y répondre favorablement puisque la loi, en France, n'autorise pas l'euthanasie. Et pourtant... Lorsqu'on lit le message boulversant que nous envoie Vincent Humbert depuis son lit d'hopital de Berk, on ne peut qu'être troublé : quand la médecine ne peut plus rien pour vous, quand vous êtes le spectateur impuissant de vos tortures, pourquoi vous serait-il refusé (toutes considérations religieuses mises à part) d'en obtenir la fin ?
La fin d'un supplice : c'est ce que Vincent souhaite, avec détermination et des arguments terribles... En attendant, veillé quotidiennement par une mère-pietà dont l'amour et le dévouement n'ont d'égale que sa propre douleur et assisté par un ami avec lequel il communique par signes, il lance dans ce livre un appel pathétique. Pour que les condamnés de la vie puissent obtenir, s'ils le réclament, une libération dans la dignité. »


Mon avis :
Un roman que j'ai découvert grâce à Claudia de lecturedelivres qui parlait si bien de ce témoignage. J'avais envie de savoir ce que pouvait ressentir quelqu'un prêt à mourir, j'avais envie de savoir d'un point de vue véritable en quoi consistait réellement le combat pour l'euthanasie. Et j'ai donc plongé dans ce témoignage bouleversant.

Je pense que je ne suis pas en mesure de critiquer un témoignage, de critiquer une autobiographie. Surtout quand ce dernier a été écrit par un ami du malade qui alignait les mots en dictant l'alphabet à Vincent Humbert pour que ce dernier appuie avec son pouce quand il s'agissait de la bonne lettre. Tout ce que je peux faire, c'est vous raconter. Raconter ce que j'ai ressenti durant cette lecture, et raconter quel est le message que Vincent veut faire passer à la France, et même au monde entier.

Vincent décide de nous raconter sa vie. Sa vie avant son accident, car il estime qu'après, ça n'avait plus rien d'une vie, ainsi que sa vie après cet événement qui a bouleversé le cours de son existence. Il nous raconte son enfance, il nous raconte ses joies et ses malheurs. Mais aussi ce qu'il endure actuellement. Une chambre d'hôpital qu'il ne voit pas car il est aveugle, des amis qui lui rendent visite à qui il ne peut parler car il est muet, et sa mère qu'il ne peut serrer dans ses bras car il est tétraplégique. On ne peut même pas imaginer ses souffrances. On ne peut même pas imaginer ce qu'il a pu endurer. Même avec toute la volonté du monde je n'ai pas réussi à imaginer ma réaction, mes envies, si sa place avait été la mienne. Alors on se contente de lire, et de découvrir son calvaire.

Mais au delà de sa vie et de sa souffrance, Vincent fait passer un message. J'y voyais même souvent cette envie de dénoncer. Parce que si Vincent a réussi à communiquer par le biais de pressions avec son pouce, c'est grâce à l'acharnement de sa mère pendant des mois, malgré les gens autour qui lui disaient qu'elle était folle, qu'elle n'y arriverait jamais. Il dénonce aussi le fait que personne ne voulait l'entendre, que personne ne voulait abréger ses souffrances. Il dénonce le fait que c'est à la personne de choisir ou non si elle veut vivre ou pas, et non aux médecins. Il dénonce l'acharnement thérapeutique et ses effets. C'était tellement intéressant, et poignant à la fois. J'ai aimé découvrir la vie de Vincent même si ça m'horrifiait. J'ai aimé savoir ce qu'il vivait pour comprendre. Pour découvrir un autre point de vue que le mien. Pour savoir comment quelqu'un pouvait préférer la mort à la vie. Je retiens de ce roman qu'il m'a beaucoup appris, et qu'il m'a beaucoup fait réfléchir. Un témoignage bouleversant écrit d'une voix parfois naïve, et parfois très sérieuse, ce qui était d'autant plus révoltant quand on savait que c'était une voix qui n'existait malheureusement plus. La voix d'un garçon de 19 ans.

Je crois que ma chronique ne ressemble pas à grand chose, mais je ne vois pas comment vous parler de ce roman qui à mes yeux ne peut être critiqué, car il s'agit là de la vie de quelqu'un, la vie d'un homme qui à présent est décédé. Un homme qui s'est battu jusqu'au bout pour ceux qui vivaient la même situation que lui, et on ne peut qu'admirer son courage et sa force de persuasion, surtout quand on sait à quel point son état n'était pas au meilleur de lui-même. J'ai beaucoup admiré Vincent Humbert, et je soutiens totalement le combat qu'il a durement mené.

Un témoignage poignant.