7 avril 2016

La Mort est une femme comme les autres - Marie Pavlenko.

« Comme d'habitude, dès la moindre contrariété, les hommes perdaient le sens commun. Les fourmis faisaient pareil quand on donnait un coup de pied dans leur fourmilière. »

Auteur : Marie Pavlenko.
Éditions : Pygmalion.
Genre : Contemporain, Fantastique.
Année de sortie 2015.
Nombre de pages : 193.

Synopsis : « Imaginez un monde où personne ne s'éteint.
Imaginez un service de soins palliatifs où personne ne succombe.
Imaginez un univers où la mort en a ras la faux et fait un burn out.
Emm n'en peut plus. Un matin, elle s'arrête et s'asseoit. Ses bras sont de plomb, elle pèse une tonne, elle ne peut plus se lever. En se laissant aller à son spleen, elle rencontre Suzie, une jeune femme dont la gentillesse va l'émouvoir. Commence alors un périple extraordinaire au cours duquel Emm va découvrir la richesse de la nature humaine. »
Mon avis :
Marie Pavlenko est une auteur que j'avais déjà vue en conférence mais dont la plume m'était inconnue. Ce titre a accroché mon regard et je n'ai pas hésité une seule seconde à le demander aux éditions Pygmalion que je remercie pour cet envoi que l'on pourrait qualifier de… hors du commun !

La Mort s'appelle Emm, et elle fait un burn-out. Oui, ça paraît totalement dingue, mais elle n'a plus envie de tuer, elle est fatiguée, chaque mouvement est une torture, on peut dire que la Mort elle-même est en dépression (drôle d'histoire n'est-ce pas !). Le monde devrait s'en réjouir, mais non : les gens se retrouvent bloqués aux soins palliatifs, ils peuvent se décapiter, sauter d'un immeuble, se noyer, il leur est impossible de mettre fin à leurs jours. On passe de 150000 décès par jour à ZÉRO. Et, pour les humains, c'est catastrophique, les gens deviennent fous, ils élaborent des théories plus folles les unes que les autres et les hôpitaux sont plein à craquer. Emm, elle, découvre la nature humaine, mais plus particulièrement Suzie, un personnage touchant. Suzie réussit à nous émouvoir malgré le peu de pages du livre, et Emm aussi malgré son rôle pas très… rassurant, disons. Mais elles ne sont pas les seules à intervenir dans cette histoire et j'ai vraiment trouvé que chaque personnage avait sa place et a laissé une marque dans mon esprit, ce qui est assez rare. Là, c'était évident, ils nous font tous mourir de rire malgré l'aspect parfois glauque de la situation. Des personnages que j'ai adorés, rien que pour eux ce livre vaut la peine d'être lu car ils sont la clé de cette aventure.

L'histoire est délirante mais pas si invraisemblable que ça. On se dit que la situation est bien trop extraordinaire, sauf qu'elle permet aux personnages et au lecteur de se questionner sur notre rapport à la mort à l'aide d'un récit amusant. Tous ces personnages qui paniquent dès que plus personne ne meurt alors que, comme nous le confie Emm, ils la supplient habituellement de les épargner : nous ne sommes jamais satisfaits, finalement. J'ai trouvé que les événements étaient bien trouvés et se suivaient à la perfection. Certes, certaines scènes étaient à mes yeux trop faciles ou trop rapides mais dans un roman plutôt court cela ne m'a pas spécialement dérangée, ce n'était pas l'objet principal du récit. Je pense vraiment qu'il est bénéfique pour tout le monde de lire ce livre. Tout d'abord parce qu'il vous fera rire, vous touchera et vous mettra de bonne humeur en seulement 193 pages, mais surtout parce que malgré le comique de cette situation, il y a aussi des sujets plus fondamentaux qui vous intéresseront et vous feront vous questionner sur plein de choses essentielles de nos vies auxquelles nous ne pensons pas. Un dénouement surprenant, qui m'a laissée légèrement déçue sur le moment mais finalement en y réfléchissant bien cette fin collait à toute l'histoire et ne pouvait être différente, alors bravo à l'auteur pour la cohérence du récit.

Le style de Marie Pavlenko est plutôt simple et efficace à la lecture, mais surtout sans gêne, elle n'hésite pas à dire ce qui est et à nous présenter des personnages qui font de même, et ça nous rend tout de suite proche d'eux car on se sent moins éloignés par la distance qu'il peut y avoir lorsque que l'on ressent un « tabou » dans l'écriture d'un livre. Non, ici chacun dit ce qu'il pense sans honte et ça rend cette histoire pleine de spontanéité, d'humeur et d'émotions. Un mélange qui rend notre lecture passionnante et nos personnages rayonnants.

Je ne m'attendais pas à ce que ce petit livre contienne une histoire si extraordinaire. J'ai vraiment passé un fabuleux moment, et je pense ne garder que de bons souvenirs de ce roman et de ses personnages aussi dingues qu'attachants. J'ai été marquée par ce périple de la Mort et je vous conseille de tenter l'aventure à votre tour, ce livre vous fera forcément passer une belle lecture, j'en suis persuadée et je le souhaite de tout cœur.

Une fabuleuse lecture.

6 avril 2016

Les Fragiles - Cécile Roumiguière.

« C'est bien la vie, ça : on croit tout prévoir, avoir tout bon, et paf, il y a un truc qui vient tout gâcher. »


Auteur : Cécile Roumiguière.
Éditions : Sarbacane (collection Exprim).
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 200.

Synopsis : « Drew a dix-sept ans. On est grand à dix-sept ans. Pourtant, dans sa tête, Drew est encore cet enfant de neuf ans qui a pris le racisme de son père en plein plexus. Drew déteste son père tout en cherchant à lui plaire. Jusqu'au jour où il rencontre… Sky, une fille aussi fêlée que lui. Et SOLAIRE. Et BELLE ! Une fille qui, comme lui – mais comme son père aussi -, est une Fragile. »


Mon avis :
Les Fragiles, c'est le troisième roman Exprim' de l'année, et je dois avouer que je l'attendais avec une immense impatience. J'avais besoin d'une lecture forte, d'une lecture qui puisse me choquer, me surprendre, m'émouvoir. Tout sauf me décevoir, voilà tout. Alors, lorsqu'il est arrivé, je m'y suis plongée toute entière.

Drew a dix-sept ans, mais il a aussi neuf ans, treize ans… Son père, quelque soit son âge, est raciste. Mais c'est aussi son père. Il s'appelle Cédric, et sa femme, Cindy, tente parfois de défendre Drew. Sky, elle aussi, elle a des âges différents. L'auteur nous emmène dans un récit qui mêle l'année des dix-sept ans de Drew à son passé, à partir de ses 9 ans. Mais on a aussi cette première page qui nous trouble, qui nous intrigue, une première page inattendue, on relit le résumé, on ne comprend pas. Tout est flou, mais on sait que tout finira par s'éclairer. Drew est un personnage si humain, si fragile. Mais il n'est pas le seul. On ne le pense pas en commençant ce roman, mais chaque personnage est fragile, à sa manière. C'est l'un des aspects les plus étonnants de ce roman : penser ne ressentir qu'un seul et unique sentiment envers un personnage, et découvrir que non, il y en a plein d'autres qui sont tout simplement surprenants. Vous allez vous attacher à des personnages alors que vous ne l'auriez même pas imaginé, cette idée vous aurait même fait doucement rire. Mais, croyez-moi, c'était une sacrée expérience que de ne plus se sentir maître de ses émotions.

Ces récits croisés des vies de tous ces personnages ne nous embrouillent absolument pas, chaque page ajoute des éléments afin de construire une histoire, et nous savons que seules les dernières pages nous révéleront ce que nous désirons savoir depuis ce fameux prologue, inoubliable, gravé dans notre esprit. Mais entre tout ça il y a des mots tellement forts, tellement puissants, comme le racisme. Des mots qui nous obsèdent, auxquels on réfléchit. Ce livre nous remet nous-même en question sur ce que l'on ressent. C'est comme si je culpabilisais d'être touchée par un personnage qui aurait dû me répugner. C'était étrange. Et gênant. Même en refermant ce livre, je me posais des questions. Devais-je ressentir ça ? Était-ce normal ? Je l'ignorerai toujours. Tout comme chacun des personnages, qui vit à sa manière, qui évolue malgré les obstacles, qui passe par-dessus les difficultés que lui impose son niveau social, l'influence parentale, l'influence extérieure. Ce livre aborde l'adolescence et tout ce brouhaha d'émotions ressenties à cette période, encore plus lorsque les valeurs enseignées par nos parents perturbent celles que nous apprenons chaque jour en communauté, à l'école, avec d'autres personnes. Tout nous est unique, même l'histoire d'amour est si singulière. Aucune scène n'est à mettre de côté, chacune d'entre elles est primordiale pour que nous comprenions un peu plus les idées de Drew, ou même de Sky. Ou même de Cédric. Les idées des fragiles.

Je ne crois pas que l'auteur veuille nous faire passer un message en particulier, elle nous raconte simplement une histoire, et les messages, elle sait que nous les trouvons nous-même à travers tout ce que nous ressentons au fil des pages. Le style est particulier, particulièrement précis sur les vagues émotionnelles ressenties par Drew, Sky, Cédric, Cindy, Mariji… On se sent si proche de cette histoire qu'on a l'impression d'avoir traversé le papier pour vivre chaque événement, pour accompagner Drew du début à la fin. Si les premières pages réussissent à vous accrocher au récit, alors vous ne pourrez plus vous passer de ce roman. Mais vous aurez aussi ce désir profond de le savourer, de ne pas finir trop vite, pour pouvoir songer à tout ce qu'il contient, y songer plus longtemps.

Les Fragiles est un roman unique. Unique pour son style particulier, son sujet riche et diversifié, ses personnages si humains et si hors du commun. Unique pour les émotions que vous allez ressentir et les questions que vous allez vous poser. Pour moi, ce livre était comme un cadeau bien emballé : j'ignorais à quoi m'attendre et je n'ai cessé d'être surprise du début à la fin. J'ai adoré cette lecture si puissante, si profonde, qui nous rend si fragiles.

Une lecture excellente, surprenante.

2 avril 2016

Paranoïa - Melissa Bellevigne.

« Moi, sans toi, je ne serai qu'une âme en perdition. »

Auteur : Melissa Bellevigne.
Éditions : Hachette, collection Black Moon.
Genre : Jeunesse
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 320.

Synopsis : « Lisa Hernest, psychiatre reconnue et spécialisée dans les cas complexes, est appelée à l’institut Saint-Vincent en périphérie de Paris. Elle va rencontrer sa nouvelle patiente : Judy Desforêt, internée pour paranoïa et hallucinations, enceinte de cinq mois et qui refuse de s’alimenter. Dès leur première entrevue, la jeune femme qui se dresse face à elle fait preuve d’une lucidité et d’un discernement hors pair. Et plus Lisa apprend à la connaître, plus leurs échanges viennent ébranler ses propres convictions professionnelles et personnelles. »

Mon avis :
Melissa Bellevigne est une blogueuse et youtubeuse très suivie et appréciée par les internautes. Personnellement, je ne la connaissais absolument pas, et je l'ai donc découverte avant tout en tant qu'écrivain. Le sujet du roman m'a tout de suite intriguée et c'est pour cette raison que je me suis lancée dans cette lecture mystérieuse et envoûtante.

Lisa est une psychiatre très reconnue, et elle va rencontrer Judy, sa nouvelle patiente, une jeune femme enceinte qui est victime d'hallucinations. Peu à peu elles vont apprendre à se connaître et Judy va se confier. Ce roman ne traite pas des maladies mentales ou de la schizophrénie en priorité, il se concentre davantage sur la personne que Judy est la seule à voir, Alwyn, ce garçon qui est avec elle partout où elle se rend depuis sa plus tendre enfance. On va donc découvrir des échanges entre les deux femmes, mais surtout l'histoire de Judy et Alwyn, cet homme dont la présence et l'invisibilité face aux autres sont des éléments vraiment intrigants de l'histoire. J'ai apprécié le fait que nous suivons la vie de Lisa en parallèle, les problèmes que son métier peut engendrer dans sa vie personnelle et amoureuse, tout en découvrant le passé de Judy ainsi que ses découvertes sur ce que tout le monde voit chez elle comme une maladie mentale. Des personnages que j'ai appréciés, mais qui méritaient peut-être un peu plus d'approfondissement pour que l'on se sente plus touchés par les événements qui surviennent dans l'histoire.

Comme je le disais précédemment, l'histoire s'oriente sur le passé de Judy avant son internement, lorsqu'elle tentait de découvrir qui était ce Alwyn qui vivait avec elle depuis toujours et pourquoi elle était la seule à le voir. Une intrigue intéressante car j'avoue que je ne voulais pas lâcher le livre, et quand je le faisais il me tardait de reprendre ma lecture pour enfin le terminer et savoir le fin mot de toutes ces énigmes. J'ai donc été agréablement surprise par les révélations qui sont faîtes tout au long du récit, mais je tiens à préciser que certaines choses m'ont légèrement dérangée. Par exemple, le fait que l'on se concentre uniquement sur Judy à un moment de l'histoire donne l'impression qu'il y a des longueurs, des moments où l'on aimerait que l'histoire avance plus vite. Mon plus grand reproche n'est pas contre l'auteur mais contre les éditeurs qui mettent une phrase sur la couverture totalement fausse par rapport à l'histoire. Je ne vous dirais pas pourquoi pour ne pas vous spoiler mais ne vous fiez surtout pas à ce « L'une est la seule à le voir, l'autre est la seule à la croire » car j'ai tant été persuadée que cette phrase correspondait au livre que ma lecture m'a surprise à certains moments. Mais ce n'est pas la faute de Melissa Bellevigne qui, à mes yeux, a écrit une histoire qui est son tout premier roman et pour une première fois je trouve que c'est addictif, c'est intrigant, et donc c'est un très bon début.

Pour l'écriture, c'est une plume assez simple que nous découvrons, un style que l'on trouve souvent dans les romans Young Adult mais qui a son empreinte et qui sait nous emmener dans l'histoire, avec les personnages. Ce qui, pour un premier roman, est une très bonne chose et ce qui rend ce roman vraiment passionnant, on a hâte de connaître la fin, les idées sont très bien intégrées à l'histoire et le fil conducteur est bien tissé pour que nous soyons surpris à chaque nouvelle révélation. La fin m'a laissée bouche bée car trop de questions se posent encore à nous, si un deuxième tome sort alors je lirai la suite car cette fin ouverte nous donne envie d'en savoir plus, mais s'il s'agit d'un one shot c'est pour moi une fin frustrante car certains éléments restent flous quand à la suite des événements. Mais bon, j'aime habituellement les fins ouvertes, et celle-ci reste assez bien trouvée tout de même.

Ce livre ne se concentre pas vraiment sur les troubles psychologiques et s'oriente vers une dimension qui nous paraît un peu fantastique, mais cela n'est pas dérangeant au contraire, on se sent un peu perdu, tout comme les personnages, et on a sans cesse l'envie d'en apprendre davantage sur tous les événements qui surviennent. Beaucoup de questions se posent à nous, certaines restent encore à élucider, c'est pourquoi j'appelle Melissa à sortir un second tome, vraiment, il le faut ! S'il pouvait être aussi addictif que le premier tome, alors cela serait parfait.

Une bonne lecture.

30 mars 2016

Journal d'un vampire en pyjama - Mathias Malzieu.

« Je vais entamer une carrière d'homme poétique. »

Auteur : Mathias Malzieu.
Éditions : Albin Michel.
Genre : Autobiographie.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 230.

Synopsis : « Me faire sauver la vie est l'aventure la plus extraordinaire que j'aie jamais vécue. »

Mon avis :
Mathias Malzieu est l'auteur de nombreuses petites merveilles, La mécanique du cœur, Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi… des romans aussi beaux que féeriques. Ici, c'est différent, car il nous raconte sa vie, son aventure contre la maladie. Une autobiographie qui reste tout de même dans son style habituel, avec la peur en plus. J'ai offert ce livre à mon amoureux et ça tombe bien car j'ai pu lui voler pour le lire à mon tour, l'aimer à mon tour.

Mathias Malzieu passe sa vie à écrire, jouer pour son groupe, faire du skate, embrasser un peu Rosy jusqu'au jour où sa santé ne le suit plus. Peu à peu il devient pâle, fatigué, et il aura bientôt besoin du sang des autres pour survivre. Il se transforme en vampire. Ce roman, c'est son aventure face à la maladie, face à Dame Oclès qui le menace, qui lui fait peur. Mais c'est normal d'avoir peur quand on ne sait jamais si le lendemain aura lieu, ou si on s'endormira pour toujours dans la nuit. Alors il va nous raconter cette expérience qu'il qualifie d'extraordinaire. Il nous raconte les jours où l'espoir était là, mais aussi ceux où il avait disparu. On apprend quels sont les endroits où il est allé, quelles sont les personnes qu'il a rencontrées, comment réagissaient les infirmières et les médecins face à lui, face à son état, face à ses craintes. On sait comment l'histoire se finira, mais on ne peut s'empêcher d'avoir peur. On se questionne sur la vie. On se demande pourquoi ça arrive à certains, et pas à d'autres. Mathias Malzieu nous dresse un très beau portrait de toutes les personnes qui l'ont aidé sur ce chemin sinueux, tout en nous parlant de la solitude que l'on peut ressentir dans ces moments-là. Des amis qui soudainement ne sont plus les nôtres. Il nous dit tant de choses, sans aucune peur de se confier, sans aucune honte, il nous raconte, il nous fait rejoindre le navire et on l'accompagne durant ce périple.

Il reste fidèle à lui-même dans l'écriture de ce livre. J'ai eu beaucoup de mal à relever de jolies citations parce que le roman entier en est une. Sa plume est magique, il n'y a pas de mot qui la qualifierait mieux que celui-ci. Elle fait briller nos yeux quand tout nous paraît sans espoir, mais elle crée aussi de jolis sourires sur notre visage malgré la tristesse de l'histoire. Il sait tout faire avec les mots, même quand une scène nous paraît affreuse, lui, il nous fait rire, comme si nous n'étions plus les maîtres de nos propres émotions, alors qu'on devrait pleurer, on devrait crier. Mais non, nous, on sourit. Et ça ce n'est même plus du talent, c'est un don qu'il possède. Il met un peu de magie dans chacun de ses romans puis il nous ensorcelle. C'était vraiment une lecture extraordinaire.

Ce roman est différent de tous les autres, mais il leur ressemble aussi car la plume de l'auteur est toujours la même, toujours aussi magique. Il faut vraiment qu'il songe à se lancer dans une carrière d'homme poétique, je serai la première à voter pour lui. On peut tous un jour être confronté à Dame Oclès, ce livre nous le rappelle, ce livre nous touche et il nous donne aussi énormément d'espoir, c'est ça le principal à mes yeux. Alors découvrez cette histoire, découvrez ce morceau de vie de Mathias Malzieu, vous découvrirez sa plume par la même occasion et vous verrez que des auteurs aussi talentueux, on n'en lit pas tous les jours. Il est une perle rare de la littérature.

Une aventure extraordinaire.

3 mars 2016

Laisse brûler - Antoine Dole.

« Ça leur suffit à tous : les apparences. »

Auteur : Antoine Dole.
Éditions : Sarbacane, collection Exprim.
Genre : Contemporain, Jeunesse.
Année de sortie 2010.
Nombre de pages : 189.

Synopsis : «Il y a Noah, abonné à « l’auto-lynchage mental », qui se gave de rancœur et de médicaments depuis six ans – depuis qu’un certain Julien l’a anéanti. Ses journées, il les passe assis sur un banc, en bas de l’endroit où c’est arrivé. Il y a Maxime, scénariste-télé raté, qui tombe amoureux de Noah juste au moment où celui-ci rompt avec lui : et ce qu’il croit d’abord être une banale rupture fait exploser sa vie. Et puis il y a Julien, animateur-vedette d’une petite chaîne câblée, qui s’éveille nu, dans une cave, ligoté à une chaise... Noah, Julien, Maxime : trois trajectoires qui se croisent et s’embrassent pour mieux s’embraser. À l’origine de ce triangle noir, un secret profond, abyssal ; le brasier d’une plaie ouverte qui consume les êtres et les pousse aux pires folies.»
Mon avis :
Antoine Dole est l'auteur de Je reviens de mourir et A copier cent fois. Deux romans forts, chacun à leur manière, et deux romans qui choquent, qui réveillent. Il possède un style unique, et cela faisait longtemps que je ne m'étais pas replongée dans l'une de ses histoires. Une chose est sûre : dès que l'on termine un de ses romans, on cherche partout où est-ce qu'on pourrait en lire un autre. C'est comme une addiction.

Trois personnages, trois chemins qui se croisent et qui s'éloignent. Noah, anéanti par un certain Julien, enchaîne les médicaments. Maxime, qui était amoureux de Noah quand ce dernier a rompu, va prendre des décisions qui bouleverseront sa vie. Et Julien, lui, se réveille nu dans une cave, ligoté. Trois hommes, amoureux des hommes, souffrant à cause des hommes. Ils sont torturés par leurs pensées les plus profondes, et suivre ces longs monologues intérieurs si sombres sont des moments aussi passionnants qu'horrifiants. Ils sont perdus, déçus de cette société, terrifiés par les autres, et par eux-même. On s'attache à Noah pour ses blessures qui nous sont au début inconnues. On apprécie Maxime pour ses sentiments si intenses. On plaint Julien pour sa situation actuelle, on commence par le détester, et finalement on ne sait plus trop. On ne sait jamais vraiment, avec ce livre, si ce n'est qu'on lit une histoire extraordinaire.

Cette histoire dénonce des choses si importantes de notre société, de l'homme, de sa cruauté, de son animalité ainsi que de son inhumanité, parfois. Je ne peux pas vous dire ce qui est dénoncé, je ne veux rien vous révéler, il faut lire ce roman choc pour savoir. C'est une réalité si peu abordée par les médias, par les auteurs, mais elle existe, et je ne peux que remercier Antoine Dole pour savoir mettre les mots sur ce que d'autres n'osent même pas évoquer. On suit la déchéance de Noah, et on en apprend davantage sur toutes les cicatrices invisibles de son être. Un personnage qui m'a fait ressentir de l'espoir, finalement, bien que je ne m'y serais pas attendue. Puis on suit Maxime, son cœur brisé, sa folie, ses idées, sa déprime. Un personnage qui montre le côté extrême de l'homme, ses prises de décision trop souvent soudaines. Et Julien, qui se retrouve là sans comprendre, Julien qui se remet en question, sans cesse. Les situations les plus soudaines peuvent mettre les gens face à eux-même sans qu'ils ne s'en aperçoivent.

Antoine Dole garde son style si cru, si violent, si choquant. Il veut nous marquer, nous montrer à quel point certaines choses ne fonctionnent pas, ici, sur Terre, entre nous et les autres, entre les autres entre eux. Sa plume n'hésite pas sur les mots, sur les situations, elle nous dévoile des réalités dans leurs aspects les plus sombres. C'est retournant, c'est perturbant, et une fois le livre fini, on en ressort changé. Chamboulé. Anéanti. On en veut davantage mais on est heureux que ça s'arrête. Que d'émotions contradictoires. On parle de l'Homme, en général, de l'homosexualité, aussi, ainsi que des préjugés qui poursuivent l'homme, et l'Homme. On parle de tout, de manière unique.

Ce livre n'est pas un coup de cœur : il a plutôt fait brûler mon cœur. Est-ce différent ? Est-ce plus fort ? Je n'en sais rien, je laisse brûler. Si j'en dis trop sur ce livre, je vous dévoile un peu l'histoire, ce que je refuse. Mais là, j'ai l'impression de ne pas en dire assez pour vous convaincre. C'est un livre qu'il faut lire, je ne sais pas comment vous persuader de l'acheter, mais j'aimerais vraiment que vous le découvriez. C'est au-delà de tout ce que vous avez pu lire jusqu'à maintenant, ça va vous perturber, certes, mais vous allez aussi réfléchir à énormément de choses, suite à cette lecture.

Un livre unique, retournant, brûlant.

2 mars 2016

Audrey retrouvée - Sophie Kinsella.

« Mlle Audrey est en route pour les étoiles. »

Auteur : Sophie Kinsella.
Éditions : Pocket Jeunesse.
Genre : Chick-lit, Jeunesse.
Date de sortie 3 mars 2016.
Nombre de pages : 299.

Synopsis : « Audrey a 14 ans. Elle souffre de troubles anxieux. Elle vit cachée derrière ses lunettes noires, recluse dans la maison de ses parents à Londres. Ça, c'était avant. Avant que Dr Sarah, son psychiatre, lui demande de tourner un film sur sa famille, pour voir la vie d'un oeil nouveau : celui de la caméra. Avant que Linus, un copain de son frère, débarque. Avec son grand sourire et ses drôles de petits mots griffonnés sur le coin d'une feuille, il va pousser Audrey à sortir. Et à redécouvrir le monde... »

Mon avis :
Un livre où l'héroïne porte mon prénom, je ne pouvais pas passer à côté de ça, c'est bien la première fois que ça m'arrive. En plus, un livre écrit par une très célèbre auteur que je n'avais encore jamais lue, je pouvais encore moins laisser passer cette chance. Et puis l'histoire avait l'air à la fois profonde et amusante, de quoi me faire passer un beau moment. Merci aux éditions Pocket Jeunesse de m'avoir permis de découvrir ce roman.

Audrey est jeune, et elle souffre de troubles qui l'empêchent de pouvoir vivre comme tout le monde. Ses lunettes noires sur le nez, elle passe son temps à se cacher, jusqu'à sa rencontre avec Linus ainsi que son projet de faire un film sur sa famille. Deux événements capables de chambouler sa vie. Audrey vit très mal son état, mais elle est forte et elle ne cesse de se battre. C'est une héroïne plus qu'attachante, et je me sentais encore plus proche d'elle parce que dès que quelqu'un la nommait, je me sentais nommée aussi (drôle d'expérience). Elle est touchante, elle paraît toute fragile et en même temps si sûre d'elle parfois. On aimerait la prendre dans nos bras. L'auteur a un don pour nous offrir sur un plateau des personnages tous très différents et si amusants. La mère d'Audrey n'a pas cessé de me faire rire, et tous les autres personnages non plus, chacun à leur manière. C'était diversifié et envoûtant, cette famille était si dingue qu'elle en devenait follement attachante.

On va suivre Audrey dans les étapes d'une peut-être future guérison. Et à travers ces étapes, on se demande ce qu'elle a pu subir pour en arriver là. Plein de questions qui se posent à nous, et Audrey qui tente d'y répondre au fur et à mesure qu'avance l'histoire. Une histoire qui aborde des thèmes graves, comme la dépressions ainsi que ses causes possibles lorsque l'on a que 14 ans, mais aussi des thèmes plus amusants comme l'addiction des jeunes aux jeux vidéos, et j'en passe. L'auteur sait mélanger avec brio les différents sujets pour pouvoir aborder ce qui est important en nous faisant sourire. Je pouvais être très émue, puis la minute d'après me retrouver à exploser de rire devant mon livre en vérifiant dans ma maison que personne ne me regarde avec un air étrange (oui oui, j'ai vraiment explosé de rire, cette auteur est pire que talentueuse en fait). C'était un moment tellement bon, tellement agréable que de lire ce livre, de se plonger dans l'histoire, avec Audrey. J'ai vraiment adoré cette histoire, de la première à la dernière page.

Je suis ravie de ma découverte, je ne connaissais pas Sophie Kinsella et à présent, heureusement, c'est chose faîte. Car je serais passée à côté de quelque chose de fort si je ne m'étais pas plongée dans ce livre. C'est une écriture simple, un style qui paraît normal, mais il n'est pas comme les autres parce que lui, il a le pouvoir de vous faire rire comme jamais, de vous faire sourire, de vous rendre triste, de laisser couler des larmes sur vos joues. Et puis on suit aussi la caméra d'Audrey lorsqu'elle filme sa famille, des moments qui permettent de varier un peu la narration. De quoi vous faire passer quelques heures de lecture juste formidables, après lesquelles vous ne pourrez qu'avoir un grand sourire sur le visage.

J'ai vraiment été surprise par ce livre. Il réunit tant de sujets, qui sont tous plus ou moins graves, et qui sont traités avec brio par une auteur qui sait nous faire rire ou pleurer dès qu'elle le souhaite. Je me suis attachée aux personnages, à cette famille, et j'ai adoré découvrir cette histoire qui a su me faire sourire, même une fois que j'avais tourné la dernière page. Je ressors de ma lecture vraiment heureuse, et je veux que vous soyez heureux aussi, alors lisez ce merveilleux roman, vraiment.

Un coup de cœur.

27 février 2016

La fille quelques heures avant l'impact - Hubert Ben Kemoun.

« Je méritais mieux, il suffisait peut-être simplement de décider de vivre. »

Auteur : Hubert Ben Kemoun.
Éditions : Flammarion jeunesse.
Genre : Jeunesse, Drame.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 253.

Synopsis : « Ce soir. Tous ou presque ont prévu d'assister au concert du groupe de Marion. Mais tous n'iront pas pour les mêmes raisons. Certains sont venus avec joie et envie, d'autres avec rage et dégoût. Ici des comptes vont se régler, des vies basculer en quelques instants. Celle d'Annabelle tout particulièrement. Dans le noir, la tension monte. Annabelle veut croire que l'espoir va l'emporter mais la haine peut triompher… »


Mon avis :
Un titre qui intrigue, une couverture qui trouble, un résumé qui donne envie. C'est ce que je me suis dit en premier lorsque j'ai découvert ce roman. Je ne savais absolument pas ce que voulait dire ce livre, ce qu'allait me dévoiler cette histoire, j'étais dans le mystère absolu. Je remercie les éditions Flammarion Jeunesse pour m'avoir permis de connaître les réponses aux questions que je me posais à propos de cette fille, de ces quelques heures, et de ce fameux impact.

Cette histoire, quand j'ai décidé de m'y plonger, c'était l'inconnu. J'ai découvert des chapitres alternés qui sont du point de vue d'Isabelle, d'Annabelle, et parfois des autres. On est perturbé, parce que certains passages nous montrent un instant du futur qu'on ne comprend pas, et sinon nous sommes dans le présent de l'histoire. Isabelle, c'est la professeur de français de la classe dans laquelle se trouve Annabelle ainsi que plein d'autres personnages du récit. Une classe difficile à gérer avec ses élèves perturbateurs qui veulent soit se sentir plus fort que tout le monde grâce au statut de leur père, soit mépriser leurs camarades. On sent de la révolte chez certains, du racisme chez d'autres. Je ne me suis pas spécialement attachée à un personnage spécifique, mais ça ne m'a pas empêchée d'être totalement dans l'histoire, comme si moi aussi je faisais partie de cette classe et comme si moi aussi, j'étais semblable à Annabelle, un peu perdue, un peu révoltée, un peu remplie d'espoir.

C'est l'histoire de jeunes enfants qui sont dans leur période d'adolescence et qui la vivent tous de manière très différente. C'est l'histoire de notre société actuelle où certains se sentent au dessus des autres grâce à leur argent, ou leur reconnaissance. C'est l'histoire de notre monde où les gens pensent qu'ils ont parfois plus de raisons d'exister, que leur pays est à eux et à personne d'autres. C'est l'histoire de 2015, parce que ce livre a été écrit avant toutes les horreurs de cette année passée, et pourtant on les retrouve à l'intérieur. Comme le dit si bien l'auteur dans son ouvrage : « les auteurs d'aujourd'hui éclairent des réalités de demain. » On ressent la désorientation de l'adolescence, mais aussi l'horreur d'avoir en classe des gamins qui ne savent pas tenir, qui sont irrespectueux. On a le point de vue d'une prof totalement perdue, puis à côté d'une élève qui se découvre. On a des personnages hors du commun, et d'autres totalement normaux. On ne cesse de se faire surprendre, d'espérer, d'y croire, d'être totalement choqué. Je crois que ce livre dénonce tout plein de choses à travers un récit accessible aux adolescents, et aux plus grands. Un récit à lire.

La plume de l'auteur nous emmène dans cette école, dans cette classe, puis à ce concert. On suit absolument tout, on ne veut rien rater, et on vit l'histoire comme si on y était réellement. Je ne connaissais rien de cet auteur, mais maintenant j'ai très envie de lire d'autres romans de lui, notamment celui qui précède celui-ci (pas besoin de le lire pour comprendre, mais cela se passe dans le même collège, d'où quelques liens qui m'ont donné envie d'en savoir plus). Je suis ravie de cette découverte, vraiment, et je ne m'attendais pas à une lecture aussi éprouvante, essoufflante, renversante. J'ai été servie, et j'ai adoré.

Je me suis ici plongée dans l'inconnu, et j'ai eu raison, parce que je n'étais pas au bout de mes surprises avec cette lecture. J'ai vécu les événements comme si j'y étais, comme si je faisais partie de l'histoire, et ça a rendu ma lecture d'autant plus intense et riche en émotions. Je suis ravie de ma découverte et je n'hésiterais pas à lire d'autres romans de la plume du talentueux Hubert Ben Kemoun, qui a écrit un roman qui nous fait comprendre que, parfois, la réalité rattrape la fiction.

Une très bonne lecture.

26 février 2016

Je sais que tu sais - Gilles Abier.

« Car la mort, elle, est d'une constance insoutenable. »

Auteur : Gilles Abier.
Éditions : Talents Hauts, collection Ego.
Genre : Jeunesse, Thriller.
Date de sortie 18 février 2016.
Nombre de pages : 96.

Synopsis : « J'ai les mains moites. J'ai beau les frotter à plat sur mon jean, elles suent, elles suintent. Je ne suis pas quelqu'un qui transpire pourtant. Je peux danser une heure, courir vingt minutes, buller sous deux couettes, je reste au sec. Ça énervait mon frère d'ailleurs. Mon côté « poupée de porcelaine », comme il disait, jamais chiffonnée. Le teint frais. La tenue impeccable. Une vraie princesse, quoi ! Mais ça, c'était avant. C'était quand il était encore vivant. Aujourd'hui, j'ai le nez percé, le regard fatigué et le vide au ventre. »

Mon avis :
La collection Ego des éditions Talents Hauts réunit des petits livres de 100 pages à peine. Elles sont peu nombreuses, mais elles nous marquent, elles nous choquent, elle nous touchent en plein cœur. Je me suis donc laissée tenter par ce nouveau titre qui me promettait un moment intense et fort en émotions.

Axelle est une jeune fille détruite par la mort de son frère. Elle l'aimait énormément et avait tendance à voir en lui comme un modèle, malgré ses imperfections qu'elle percevait bien souvent. Mais il est mort, et elle ne le reverra plus jamais. On va suivre Axelle dans une sorte de chemin vers la reconstruction d'elle-même. Plusieurs mystères restent tout de même très présents. On ignore beaucoup de choses sur la mort de son frère, et on veut savoir. Alors on attend, on suppose. Et on s'attache à Axelle, on tente de la comprendre, on aimerait la raisonner, l'influencer. Axelle était un personnage très humain, en proie à ses émotions, donc parfois instable, parfois trop spontanée. Un personnage qui nous réserve de sacrées surprises.

Ce livre, quand on le commence, c'est avant tout un deuil. Le deuil d'Axelle, de sa famille face aux événements qui ont eu lieu. Mais on va vite comprendre qu'il n'y a pas que ça. Que, pour se reconstruire, Axelle a besoin de comprendre, de savoir ce qui s'est réellement passé ce jour là. Entre mystères et retournements de situation, nos yeux vont aller de surprises en surprises jusqu'à une fin qui nous étonne, qui nous perturbe. Et puis, j'ose vous l'avouer, c'est en commençant l'écriture de ma chronique, après avoir refermé ce livre la veille, que j'ai réellement compris l'histoire, son début ainsi que sa fin. Ça peut paraître bête (je suis peut-être très bête) mais c'était vraiment une belle idée de la part de l'auteur de mettre des intrigues aux quatre coins des pages. Parce que même quand c'est fini, il y en a encore. J'ai adoré tout ce que j'ai ressenti, et j'ai adoré cette histoire renversante.

La style de l'auteur est marquant, choquant, touchant. Le style typique des auteurs de cette collection, typique et unique car chacun a le sien, mais chacun nous surprend tout de même. Gilles Abier a ici écrit une histoire très bien menée qu'il a su manier avec brio pour placer du suspens là où il en fallait et faire de ce roman un petit livre qui se lit facilement d'une traite, parce qu'on ne peut pas arrêter notre lecture sans avoir une trop grande envie de savoir comment tout se termine. Et quand ça se termine, on aimerait que ça continue encore (à croire qu'on est jamais content, mais pourtant si, vu que j'ai adoré).

Je ressors donc de cette lecture avec le sentiment que si je ne l'avais pas lu, ce petit livre, je serais passée à côté d'une sacrée histoire. C'était étonnant, c'était perturbant, c'était sombre, parfois on sourit mais souvent on a peur, on redoute. C'était toute une palette d'émotions pour un roman plus qu'épatant. Je vous recommande donc ce petit livre qui renferme de grandes choses. Il est petit, mais il vous fera passer de grands moments.

Un excellent roman.

25 février 2016

Les Clameurs de la Ronde - Arthur Yasmine.

« Serre la clé, pleure la clé,
Je serai le souffle à ta bouche. »

Auteur : Arthur Yasmine.
Éditions : Carnet d'Art.
Genre : Poésie.
Année de sortie 2015.
Nombre de pages : 88.

Synopsis : « Arthur Yasmine est née à Paris au début des anneées 90. On dit qu’il a choisi la Poésie après avoir tenté de l’abandonner brutalement. C’est au cours d’une profonde rupture, entre 2011 et 2013, qu’il comprit sa vocation. Il aurait marqué son choix en piétinant les formations scolaires et les situations professionnelles qui servent habituellement de légitime aux écrivains contemporains. À ce jour, il continue de se mettre face aux mots, sans avancer d’autre explication. « Sortir la Poésie du marasme et lui redonner sa majesté perdue », c’est ce qu’il répète au sujet de son livre. Poète, Arthur Yasmine hérite en effet de la profonde coupure qui s’est opérée, au fil du XXe siècle, entre son art et le reste du groupe social. Pour affronter le désœuvrement général qui nourrit ce péril, il invoque la nécessité de mettre en œuvre une parole lucide et un combat intransigeant. En 2013, il fixe ainsi le projet de composer un livre usant des différentes traces laissées durant les dernières années de son adolescence. Il est alors repéré par Stéphane Zagdanski, écrivain français subversif, qui décide de l’encourager en publiant ses premiers brouillons dans Paroles des jours. Livre dramatique sur l’Action, l’Amour et la Poésie, Les Clameurs de la Ronde est le premier ouvrage publié d’Arthur Yasmine. »
Mon avis :
Lorsque Arthur Yasmine m'a contactée, ce n'était pas l'approche habituelle d'un auteur qui veut nous faire découvrir son livre, avec un mail dénué d'envie d'échange. Non, ici c'était une proposition nouvelle, complète, personnelle, qui ne peut que nous donner envie de tenter l'expérience. Bien que j'appréhendais ma lecture car ici, c'est de la poésie, j'ai accepté, parce que c'est comme ça. L'auteur a su me donner envie, et ce n'est pas donné à tout le monde.

Ce livre est un recueil de poèmes, d'échanges épistolaires, de fragments de textes. Ce livre, ce sont des fragments de vie, la vie de l'auteur couchée sur le papier, avec des mots, des ensembles de mots qui forment des phrases, ces dernières donnant des passages intitulés chacun à leur manière. Moi qui ne suis pas une adepte de la poésie, j'ai néanmoins beaucoup apprécié le style d'Arthur Yasmine.
Plusieurs thèmes sont abordés, principalement la poésie, sa vie, sa mort, sa renaissance actuelle. Mais aussi l'amour, la rupture amoureuse de l'auteur qui le poussa à se confier au papier, pour laisser une trace de toutes les émotions ressenties, ou du moins tenter de les dévoiler.
Mes passages préférés furent les moments où le récit devient épistolaire, avec un échange de lettres qui rend compte du style de l'auteur lorsque ce ne sont pas des vers qu'il pose sur sa feuille. Une plume qui me laisse penser qu'elle pourrait rédiger un roman entier avec un style magnifique et addictif. J'ai vraiment apprécié cette plume délicate par moment, révoltée d'autres fois. Des changements qui trahissent les émotions de l'auteur, qui nous font voir une part de lui.
Je me suis donc laissée emporter par les poèmes, certains plus marquants que d'autres parce que c'est ça la poésie, ça nous touche chacun différemment, et il en faut pour tous les goûts. D'où le fait que les poèmes variés sont un atout de ce recueil. Et qu'il permet aux lecteurs d'être bien différents, et d'être touchés par celui qui leur ressemblera le plus. Qui leur rappellera le plus leur vie, leurs souvenirs, leur vécu qui peut être semblable à celui de l'auteur, ou non. On se sent proche d'un poème et loin d'un autre, c'est la magie des mots.
Je ne sais comment écrire une chronique sur de la poésie, c'est nouveau pour moi, c'est comme un défi. J'espère avoir réussi à retranscrire de quoi parlait ce recueil, et les émotions qu'il a su me faire ressentir.

Écrire une chronique sur de la poésie, c'est différent, c'est complexe. Mais j'avais envie d'essayer, de me lancer, afin de donner à ce petit recueil la critique littéraire qu'il mérite. Si vous voulez changer de genre, découvrir l'inconnu, ou si vous adorez la poésie, ce petit recueil est fait pour vous. Je ne suis pas experte, mais j'ai tout de même apprécié ma lecture, et j'ai passé un bon moment d'évasion, rempli d'émotions.

Un agréable recueil de poésie.

24 février 2016

Dans le silence de ton coeur - Alice Ranucci.

« Il était impossible de ne pas être bouleversé par cette cascade d'émotions. »

Auteur : Alice Ranucci.
Éditions : Hachette.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 224.

Synopsis : « À seize ans, Claudia est belle, populaire, et obtient tout ce qu'elle désire. Aller en cours ? Obéir à ses parents ? À d'autres ! Elle préfère retrouver ses amis dans les rues de Rome et attirer l'attention de Rodrigo, le plus séduisant garçon du lycée. Sa mère lui reproche son comportement immature et l'oblige même à travailler bénévolement dans un centre pour jeunes immigrés. Claudia s'en moque. Elle la défie toujours plus, se préparant, chaque fois, à subir de nouvelles remontrances. Mais un soir, tout s'arrête. Claudia se retrouve seule, face à sa conscience. »
Mon avis :
Ce roman est écrit par une jeune italienne de 17 ans et sa couverture aux couleur du soleil couchant a très vite attiré mon regard. Personnellement, lire le livre d'une si jeune écrivain est ce qui m'a le plus donné envie de me plonger dans cette histoire mystérieuse qui nous expose des personnages reflétant ceux qu'on a pu croiser au lycée lors de notre adolescence.

Claudia est une jeune fille de 16 ans qui se croit indestructible, qui défie ses parents et s'amuse à ne jamais leur obéir, car c'est tellement plus amusant d'aller dans le sens contraire de ce qu'ils lui disent. Sécher les cours, sortir les soirs de semaine et ne rentrer qu'à 4h du matin, c'est devenu sa routine habituelle de lycéenne. Mais, un soir où Claudia s'attendait à subir la pire dispute de sa vie, rien, plus rien. Claudia est à présent seule, et elle va se rendre compte de choses auxquelles elle n'avait jamais pensé. Cette adolescente est le cliché de la fille insupportable à qui on a l'envie de mettre des baffes, du moins dans la première moitié du livre. On assiste à une sorte de reconstruction de Claudia, un changement, un retour à la personne qu'elle a pu être avant. C'était intéressant de lire un roman italien car j'ai trouvé les personnalités des personnages différentes de ce que j'ai l'habitude de lire à propos de certains détails, et c'était enrichissant. J'ai fini par beaucoup m'attacher à Claudia et à parfois me retrouver en elle sur certaines des questions qu'elle se pose. L'adolescence est un passage que l'on a tous vécu et qui fut unique pour chacun d'entre nous, et je pense que c'est vraiment ce que l'auteur essaie de nous faire ressentir à travers ce roman.

L'histoire tourne vraiment autour de Claudia et des émotions contradictoires qu'elle va ressentir au fur et à mesure que l'histoire avance. On suit au début une jeune fille totalement amoureuse d'elle-même et de son image, méprisante, qui ne se gêne pas pour rabaisser les personnes qui l'entourent. Une image qu'elle-même n'apprécie plus vraiment, parce que ça ne lui ressemble certainement pas. Mais on se rend compte que l'enfance influence notre caractère futur, ainsi que l'image que nous avons de nous-même. Une image si importante dans notre société qu'elle en devient nocive pour les adolescents, qui ne regardent qu'elle. C'est vraiment une histoire qui nous fait réfléchir, qui nous touche et qui nous fait aussi beaucoup sourire. J'ai même versé quelques petites larmes de joie, c'est pour dire. J'ai tout simplement trouvé ça beau.

Une auteur de 17 ans qui écrit un livre comme celui-ci, je dis bravo, parce qu'il faut avoir beaucoup d'imagination pour ficeler une histoire comme ça en y intégrant du mystère et un bon paquet d'émotions. La plume d'Alice Ranucci est très agréable à lire, on se sent dans la peau de cette adolescente sans que cela ressemble au simple style du journal intime que l'on lit habituellement. Ici on vit quelque chose de vrai, qui nous choque, qui nous surprend et qui nous touche. L'auteur est talentueuse à mes yeux et elle a un très bel avenir devant elle, je l'espère de tout cœur.

Ce roman est en particulier destiné aux adolescents qui peuvent se poser les mêmes questions de Claudia, mais aussi aux plus jeunes ou aux plus âgés, pour imaginer ou se souvenir de l'adolescence, cette période où l'on se sent parfois perdu, en dehors de notre propre corps. Ce livre réunit une véritable intrigue, des moments bouleversants ainsi que des situations surprenantes. C'était addictif et passionnant, je vous recommande vivement cette histoire touchante qui ne vous laissera pas indifférents.

Une excellente lecture.