11 février 2016

L'herbe bleue.

« Tous les gosses stupides qui se figurent qu'ils peuvent simplement s'amuser à y goûter n'existent en réalité que d'une prise à une autre. Quand on a commencé, il n'y a plus de vie possible sans drogue, mais c'est une existence dégueulasse d'esclave. »

Auteur : Anonyme.
Éditions : Presses Pocket.
Genre : Témoignage.
Année de sortie 1971.
Nombre de pages : 251.

Synopsis : « "L'herbe bleue" est le journal intime d'une jeune droguée de quinze ans. Cet ouvrage ne prétend pas décrire le monde de la drogue chez les jeunes. Il n'apporte aucune solution à ce problème. C'est une chronique personnelle, spécifique, qui, en tant que telle, permettra peut-être de comprendre un peu l'univers de plus en plus compliqué dans lequel nous vivons. Les noms, les dates, les lieux et certains événements ont été changés, selon le désir de toutes les personnes mêlées à ce récit. »


Mon avis :
J'ai acheté ce livre lors d'une brocante, et je crois bien posséder une version qui a été achetée aux alentours des années 1970 car le livre est dans un état incroyable. Moi j'adore ça, j'ai l'impression qu'il possède une âme lorsque j'observe ses pages jaunies au point d'en être devenues sombres, son odeur de vieux manuscrit, son toucher particulier. Je l'ai lu dans le cadre de mon challenge petites lectures qui m'a permis d'enfin découvrir ce témoignage dont tout le monde parle.

Alice écrit un journal intime, et on va y suivre ses années adolescentes, de son bonheur à sa totale destruction causée par la drogue, avec évidemment la plus grande intrigue de cette histoire : va-t-elle s'en sortir ? Ce livre a été publié anonymement, et passait donc pour un témoignage dans ses premières années d'existence. Finalement, une psychologue a annoncé que c'était elle qui l'avait rédigé, mais qu'elle s'était inspiré du journal d'une de ses patientes ainsi que des témoignages de nombreuses autres jeunes. Alice a 15 ans, donc son journal manque évidemment de poésie et le style peut sembler très enfantin, mais c'est ce qui rend le récit d'autant plus poignant. Toute cette naïveté, toutes ces faiblesses qui, au lieu de se développer dans le bon sens, vont détruire une enfant. Alice, je m'y suis attachée bien que je n'ai pas trop accroché au style, mais elle, elle est humaine, alors évidemment je ne souhaitais qu'une chose, c'était qu'elle s'en sorte.

Le fait que cela soit rédigé en tant que journal intime rend l'histoire très réaliste, très crue, Alice ne mâche pas ses mots, elle y va directement, quitte à en choquer certains. Mais c'est évident que ce livre choque, car la drogue ne devrait pas être banalisée. Ce roman a beau dater d'il y a 45 ans, il est toujours d'actualité, car la drogue est un sujet qui touche encore (même si les situations du livre sont loin d'être banales à mes yeux car je n'ai jamais croisé de collégien qui cherche à se procurer de la drogue dure sans discrétion, mais ça doit être selon l'endroit où l'on vit). En tout cas, j'ai bien apprécié cette histoire qui ne nous cache rien mais qui nous autorise tout de même l'espoir. Ce roman, s'il ne possédait pas une sorte de morale, serait presque nocif car les détails donnés par Alice sur les effets que la drogue lui procure donnent presque envie, en fait. Ce bonheur total lorsqu'elle avale une pastille. Mais évidemment, il ne faut pas lire ce livre avec l'envie, mais avec le dégoût de cette substance criminelle. On ne cesse de vivre des rebondissements mais on s'accroche, on y croit. J'ai aimé ce côté positif de l'histoire malgré toute l'horreur, ainsi que la hargne d'Alice. Mais on ne peut que constater, en lisant ce livre, que la drogue nous détruit dès la première prise, même si les gens qui en consomment assurent que non, il faut se renseigner de manière approfondie pour comprendre les dégâts causés.

La plume de l'auteur est donc la plume d'Alice. C'est, je pense, le petit bémol : le style fait très puéril, voir trop pour une fille de 15 ans tout de même et j'imagine que ça pourrait en déranger plus d'un à la lecture, donc je préfère prévenir. Mais ça rend aussi ce livre authentique, vrai, un livre qui s'ancre dans la réalité de la vie. Et chacun écrit à sa manière selon son âge, il faut aussi voir ce détail. Ce style ne m'a pas empêchée d'être touchée, retournée, choquée par certaines situations, et donc de ressentir une belle palette d'émotions.

Ce livre, c'est un journal intime. Seul le style peut déranger réellement le lecteur. Bien évidemment, les événements aussi risquent de vous choquer, mais je trouve tout de même que ça vaut le coup. Il faut savoir ce que c'est ainsi que les dommages que ça peut causer. Il faut comprendre que ça n'arrive pas qu'aux autres, et que parfois une seule prise suffit à briser des vies. C'était un roman terriblement touchant et vrai malgré le fait qu'il soit loin de la perfection. Je le recommande beaucoup si le sujet vous intéresse car je pense qu'il est traité, non pas avec brio, mais avec authenticité.

Un témoignage touchant.

10 février 2016

Il était une lettre - Kathryn Hughes.

« Riant et pleurant en même temps, elle serra la lettre contre son cœur. »

Auteur : Kathryn Hughes.
Éditions : Calmann-Lévy.
Genre : Contemporain.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 356.

Synopsis : « Tina est malheureuse auprès d'un mari trop porté sur la boisson et souvent violent. Le week-end, pour ne pas être à ses côtés, elle se réfugie dans une boutique caritative où elle est vendeuse bénévole. C’est alors que sa vie bascule lorsqu'elle y découvre une lettre dans la poche d'un vieux costume. Cette lettre n'a jamais été ouverte, le timbre n’est pas cacheté et elle date de septembre 1939 : c'est une demande en mariage. Très émue que la destinataire n’ait jamais reçu cette demande, Tina va mener l'enquête et découvrir l'histoire bouleversante d'un amour impossible… »

Mon avis :
Il était une lettre est un roman qui m'a avant tout attirée grâce à sa couverture, je trouve les couleurs très jolies et le choix d'un si joli habit ne pouvait renfermer qu'une belle histoire. Le résumé m'a paru prometteur alors je me suis laissée tenter par ce récit. Je remercie les éditions Calmann-Lévy pour l'envoi de ce roman, j'ai fait une très belle découverte livresque.

Tina vit avec un homme porté sur la boisson, violent, mais qui sait parler à sa femme de manière à ce qu'elle ne parvienne pas vraiment à le quitter. Pour échapper à sa triste vie de couple, Tina est vendeuse bénévole le week-end. C'est là qu'elle va découvrir une lettre à l'importance primordiale : elle aurait pu bouleverser des vies, et elle pourrait bien bouleverser la sienne. Tina est une femme forte, courageuse, mais parfois agaçante, évidemment, car c'est pour nous un supplice de voir ce qu'elle vit entre les mains de ce monstre qui n'est autre que son mari. On ne peut que s'énerver de son peu de réactions, alors on tente de la comprendre. En parallèle, on va suivre l'histoire de Chrissie et Billy, les principaux concernés par la lettre puisqu'ils en sont respectivement la destinataire et l'expéditeur. Une histoire qui a eu lieu des années plus tôt. On a comme une comparaison entre les deux femmes qui nous ramène à un sentiment : elles vivent des histoires à peu près similaires mais à des années d'intervalle. J'ai beaucoup apprécié ces femmes de caractère à qui la vie n'a pas cessé de leur mettre des bâtons dans les roues. C'était agréable de les suivre ainsi que de rencontrer de nouveaux personnages.

L'histoire va tourner autour de plusieurs grands sujets, les principaux sont la situation actuelle de Tina auprès de son mari violent, et l'histoire d'amour ancienne de Chrissie à laquelle il nous manque toujours des éléments pour comprendre. Ce livre a été addictif pour moi du début à la fin malgré quelques longueurs, mais elles sont passées inaperçues car l'histoire est si passionnante qu'on en oublie ce genre de détail. J'ai vraiment apprécié l'orientation que prend l'histoire ainsi que l'idée de l'auteur de nous mettre un prologue très intrigant que nous ne pouvons comprendre qu'à la toute fin du roman. C'est une dose de suspens en plus, et donc une vitesse accélérée pour nous : on ne peut cesser de tourner les pages, on ne peut cesser notre lecture, il faut qu'on termine, il faut qu'on comprenne. Le fait que les chapitres soient alternés en rajoutaient encore davantage aux mystères parce qu'ils se finissaient à chaque fois avec un suspens insoutenable, c'est presque si je sautais des chapitres pour continuer l'histoire de l'une des deux héroïnes tant j'avais envie de savoir ce qui se passait ensuite.

L'auteur possède un style très agréable à la lecture et elle sait manier la plume de manière à nous offrir une histoire très bien menée avec une grande intrigue et une manière d'avancer au fil des événements talentueuse. J'ai été ravie de ma découverte, cela faisait fort longtemps que je ne m'étais pas plongée dans un roman contemporain et cela m'avait manqué, le changement fait toujours du bien et je l'ai constaté avec cette très belle lecture. Il me manquait cependant un petit quelque chose qui aurait pu m'émouvoir davantage, mais le principal y était.

C'est un roman très complet que j'ai pu lire, et j'ai été ravie de cette découverte. Je conseille vraiment ce roman pour tous les âges, je pense d'ailleurs que l'intrigue du résumé pourrait tenter n'importe qui. On s'attend presque à une romance légère mais ce livre est bien plus profond. Il m'a manqué un peu d'émotion, mais le reste était là et j'ai passé un excellent moment. Et prenez garde, ce livre est très addictif et vous risquez de le dévorer, littéralement, tout en essayant de ralentir le rythme pour profiter de cette romance touchante.

Une très belle découverte.

8 février 2016

La vérité sur Alice - Jennifer Mathieu.

« Les gens ne deviennent pas méchants et vicieux du jour au lendemain. Ce n'est pas dans la nature humaine. Mais laissez-leur un temps d'adaptation et ils sont capables du pire. »


Auteur : Jennifer Mathieu.
Éditions : Pocket Jeunesse.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 202.

Synopsis : « Au lycée de Healy, la vérité est une question de point de vue. Alice Franklin est une traînée. Tout le monde le sait. C'est forcément vrai puisque c'est écrit partout sur les murs des toilettes. On dit qu'elle a couché avec deux garçons d'affilée... Tout le monde a sa vérité sur Alice : son ancienne meilleure amie, l'entourage de la victime, son admirateur secret... Quelle sera la vôtre ?»


Mon avis :
La vérité sur Alice est un livre qui est attirant lorsqu'on lit le résumé car ce dernier met déjà un terrible suspens à cette histoire. Et on comprend aussi qu'il y a un véritable harcèlement qui va se faire sur Alice. Nous, on est spectateur, on ne sait rien. Mais moi, personnellement, j'ai commencé ce roman en me promettant de ne pas croire une seule des rumeurs avant d'avoir de véritables preuves de ce qu'elles avancent. Je remercie les éditions Pocket Jeunesse pour ce roman qui a une place très importante dans notre vie de tous les jours.

Alice, c'est une fille totalement infréquentable, elle a couché avec deux garçons d'affilé, c'est vraiment une *biiiip*. Ça, ce n'est pas moi qui le pense, mais plutôt Elaine, Kelsie, Josh… car ce livre est raconté par plusieurs points de vue différents, mais pas celui d'Alice. On va donc découvrir ce personnage par le biais des pensées de ses camarades de lycée. Des camarades pas très solidaires avec cette jeune fille qui va subir du slut-shaming (lien vers madmoizelle.com). Mais bon, c'est normal, on ne va pas parler à une fille qui se laisse prendre par n'importe quel mec, voyons. C'est cette mentalité qui ressort du personnage d'Elaine en particulier, mais elle est loin d'être la seule, puisque la jeune Alice va subir des insultes, des menaces, des moqueries chaque jour depuis ce qu'il s'est passé depuis cette maudite soirée. C'était une excellente idée de la part de l'auteur de nous laisser entre les mains de personnages qui n'avaient rien à voir avec ce qui s'était passé dans la chambre avec Alice le soir de cette fameuse soirée, mais qui avaient chacun leurs théories (ou bien qui connaissaient la réalité). Car c'était comme pour nous tester, savoir si on allait finir par se ranger de l'avis de ces personnes affreuses, ou si on allait continuer à croire seulement ce qui était prouvé.

Mais alors, que s'est-il passé à cette fameuse soirée où Alice s'est rendue ? Pourquoi depuis ce jour elle devient l'adolescente à ne plus jamais approcher ? Il faut avant tout savoir que, qu'elle ait couché ou non avec ces deux mecs, le harcèlement qu'elle subit n'est pas justifié. C'est ce que l'auteur dénonce dans son roman : ce jugement sans cesse porté sur ces filles qui ont une vie sexuelle active (alors que, franchement, elle font ce qu'elles veulent). L'auteur va même appuyer sur le fait qu'on insulte Alice, mais que les deux mecs de l'histoire, eux, ne subissent rien. Parce que eux, apparemment, ils ont le droit de coucher avec plein de filles s'ils le veulent, ça ne mérite pas qu'on les insulte. C'est cette injustice qui est au centre de ce roman. On suit les motivations de chacun, c'est à dire les raisons qui font qu'ils croient qu'elle a vraiment couché avec eux, ou non, et ceux qui vont continuer à propager les rumeurs bien qu'ils n'y croient pas forcément. De sa meilleure amie jusqu'à son admirateur secret, on va connaître les pensées de chacun. Et on va découvrir des éléments qui nous permettront de connaître la vérité. Savoir ce qu'il s'est réellement passé. Mais au fond, ce qui est important dans ce roman, ce n'est pas de savoir si ça a eu lieu ou non. C'est de comprendre qu'Alice n'a rien d'une traînée, quoi qu'elle ait fait, et que ces gens qui lui pourrissent la vie existent dans la vraie vie et peuvent pousser certaines personnes au suicide avec toutes leur méchanceté, leurs idioties.

L'auteur a vraiment dénoncé quelque chose de très important dans ce roman. Ça va même au-delà de ce que bien des gens vont comprendre en lisant ce roman. On ne veut pas laver la réputation d'Alice, parce qu'elle ne devrait même pas avoir de mauvaise réputation à cause de cette simple soirée. Les gens pensent ce qu'ils veulent, mais propager une rumeur non prouvée peut détruire certaines personnes. Je me suis beaucoup attachée à Alice, sans même la connaître, et j'ai aussi compris que cette fille n'était pas toute rose non plus, mais ce n'est pas ça qui est important. L'important, c'est qu'on ne juge pas quelqu'un qu'on ne connaît pas, et qu'on ne diffuse pas une simple rumeur. L'auteur a très bien su manier l'histoire jusqu'à la dernière page pour que le suspens soit insoutenable, et pour ajouter parfois de l'humour, parfois de l'amour, parce qu'après tout ce roman parle de la vie, et la vie est faîte de plein de choses différentes.

Quelle est la vérité sur Alice ? C'est bien évidemment ce que l'on souhaite découvrir en lisant ce roman, mais il va nous apprendre bien plus que la vérité. Il va nous apprendre aussi que peu importe la vérité. J'ai vraiment adoré ce roman car il aborde un sujet très important, très horrifiant et les jeunes doivent savoir que le slut-shaming, c'est mal, le harcèlement, c'est mal, et ça n'a pas de raison d'exister. L'auteur a vraiment écrit une histoire très intéressante, retournante, je ne peux que vous conseiller ce roman qui renferme bien plus qu'une simple vérité.

Un excellent roman.

7 février 2016

Dans de beaux draps - Marie Colot.

« C'est pas le premier amour qui compte le plus. C'est le dernier. »

Auteur : Marie Colot.
Éditions : Alice (collection Tertio).
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2015.
Nombre de pages : 153.

Synopsis : « Lorsque Jade aperçoit par hasard Rodolphe, sur le chemin de l’aéroport, ses souvenirs reviennent.
L’automne de ses 14 ans.
Ce nouveau demi-frère hyper craquant.
Cette photo postée sur Facebook.
Il a suffi de peu pour qu’elle s’embarque dans un mensonge qui la dépasse.
Jalousies, moqueries, insultes, menaces.
Sur les réseaux sociaux puis au collège.
Tout est allé très vite. Trop vite.
Jusqu’à ce fameux soir où sa vie a basculé. »

Mon avis :
Dans de beaux draps est un roman qui traite des réseaux sociaux, et des problèmes que ces derniers peuvent amener aux plus jeunes (mais pas que). J'étais donc très intriguée par ce roman car j'apprécie beaucoup ce sujet qui, à mes yeux, est d'une importance primordiale à notre époque où le monde entier est connecté, d'une manière ou d'une autre. Je remercie les éditions Alice pour m'avoir envoyé ce roman très intéressant.

Jade est une adolescente de 14 ans. C'est à dire qu'elle est au collège, en troisième, et que c'est l'année du brevet. Jade est encore très jeune, un peu naïve, et pourtant c'est justement à cet âge là que les adolescents doivent comprendre ce qu'il est bien de mettre sur internet, ou non. Certains le comprennent seuls, après plusieurs mauvaises expériences, d'autres continuent en grandissant. Mais il faut savoir que sur facebook, nous sommes exposés au monde entier. Jade, elle, elle le savait lorsqu'elle a commencé à mentir sur son compte facebook pour que sa vie devienne subitement intéressante aux yeux de tout le monde. Mais ce que Jade n'avait pas compris, c'est que mentir ne mène jamais à rien, et que ça finit par nous revenir en pleine tête, même si ce n'est pas toujours justifié de la part des gens qui agissent mal contre nous, certaines personnes ne sont pas comme nous, et il faut le comprendre. Jade est une jeune fille attachante qui vit une adolescence particulièrement spéciale, avec une famille recomposée de toutes parts. Jusqu'à ce que ce Rodolphe entre dans sa vie, et lui permette de changer les choses. Les changer en bien, ou en mal ?

Lorsque l'on se plonge dans l'histoire, on sait que quelque chose de grave est arrivé à Jade, mais on ignore totalement de quoi il s'agit. Alors les chapitres alternent sur l'année 2013, et l'année 2015. Le roman a beau être court, on apprend tout de même beaucoup de choses sur la famille de notre héroïne, sa vie au lycée. Et on voit très vite qu'elle expose un peu trop sa vie sur Facebook et, qui plus est, sa vie imaginaire. Ce qui est d'autant plus grave. Pourtant, moi, ses statuts me choquaient évidemment, mais ils ne m'étonnaient pas pour autant, j'en ai déjà vu des semblables, et des pires. Car c'est une histoire qui nous montre réellement ce qu'il se passe sur Facebook, lorsque que les jeunes ont 14 ans et qu'ils se sentent à l'abri de tout, avec cette envie de tout dire de leur vie, sans faire attention (et, croyez moi, pas que les jeunes malheureusement). Cette histoire, c'est du réel, et c'est pour ça que ça m'a d'autant plus touchée : ça arrive chaque jour que des filles mettent des statuts pour dire qu'elles sont follement amoureuses, que des garçons créent des groupes haineux, que des filles s'insultent et que des garçons se confient sur leur mur. Alors le sujet est d'actualité, alors on est totalement passionné par les événements qui se déroulent, alors on veut savoir, alors on lit, on lit, on lit, jusqu'à atteindre la 153ème page. Et moi, personnellement, j'ai souri, et j'ai trouvé ça beau. Toute cette histoire était très belle malgré la souffrance ressentie par Jade, car il reste toujours de l'espoir quelque part.

Je m'emporte dans cette chronique car je ne trouve pas vraiment les mots pour vous dire que ce petit livre, même s'il n'est pas parfait, reflète une réalité importante. Tous les jeunes de 13 ou 14 ans devraient le lire pour comprendre ce qui peut se mettre, et ce qui ne se met pas sur internet (et, encore une fois, il n'y a pas que les jeunes qui devraient le lire en réalité !). En bref, l'auteur a une écriture simple et agréable, ce qui nous entraîne dans cette histoire aux nombreuses intrigues et surprises. Je suis donc ravie d'avoir découvert un nouveau style à travers ce roman vraiment passionnant.

J'ai écrit cette chronique sans même réussir à tout structurer, parce que c'est encore brouillon dans ma tête. Ça m'a beaucoup intéressée car c'est un sujet d'actualité, et l'auteur a su remplir cette histoire de réalités, avec même quelques passages où les commentaires facebook sont réellement présentés en format internet, ce qui rend le récit moderne. Je pense que ce livre est à mettre entre les mains de tout le monde car il montre une énième facette nocive des réseaux sociaux, une facette qui peut parfois aller très, très loin. Alors merci à l'auteur pour ce roman plein de vérités. Et plein d'émotions, j'ai adoré lire cette histoire du début à la fin.

Une histoire passionnante.

6 février 2016

Sunshine - Paige McKenzie.

« il est comme une lampe éclairée et moi, un papillon attiré par sa lumière. »

Auteur : Paige McKenzie.
Éditions : Hachette, collection Black Moon.
Genre : Horreur, Jeunesse.
Date de sortie 10 février 2016.
Nombre de pages : 300.

Synopsis : « J'entends un murmure dans la nuit. Très distinctement. Tout près de mon oreille. Un rire d'enfant. Jamais un éclat de rire ne m'a paru aussi angoissant. Une voix m'a chuchoté : fais de beaux rêves.
Peu après son seizième anniversaire, Sunshine déménage avec sa mère à Ridgemont, dans l'état de Washington. Pour elle, rien n'est plus effrayant que cette ville, pleine de brouillard sous un ciel gris, même en été. Rien... sauf peut-être leur nouvelle maison. Il y fait toujours froid, et il s'y passe des choses franchement bizarres. Sunshine ne croyait pas aux fantômes. Jusqu'à maintenant. »


Mon avis :
Ce roman, j'ai su que j'allais le lire avant même de savoir de quoi il parlait. Non, j'exagère, mais la couverture est si sublime qu'il me suffisait d'un résumé un minimum attirant pour que je demande ce livre dans l'immédiat. Et le résumé étant plus qu'intrigant, je remercie les éditions Hachette pour l'envoi de ce magnifique livre. Je suis vraiment amoureuse de la couverture.

Sunshine déménage avec sa mère, et leur nouvelle maison a l'air absolument effrayante. Même le tapis rose bonbon ne suffit pas à rassurer Sunshine, l'atmosphère de la maison est beaucoup trop pesante pour qu'il ne s'y soit rien passé. Dès le début on sent que quelque chose ne va pas. Et quand les premiers esprits apparaissent, on a la certitude que, comme Sunshine, les sommeils tranquilles risquent de se tenir loin de nous tant que notre lecture ne sera pas terminée. Sunshine est une jeune fille touchante, mais aussi très courageuse car j'avoue qu'à sa place j'aurais fui de la maison dès la première frayeur et je n'y serais plus jamais retournée. Mais si Sunshine avait fait ça, évidemment, l'histoire serait tout de suite bien moins intéressante. Donc nous avons là un personnage apeuré mais courageux. Qui rencontre d'autres personnages intrigants et intéressants qui nous plaisent chacun à leur manière.

L'histoire est géniale, et en même temps j'ai fini par être un peu déçue. Les 100 premières pages sont exceptionnelles, vraiment, il y a tout, on ressent la peur du personnage et elle est même multipliée par mille pour les personnes froussardes comme moi, bref, un maximum d'horreur, tout plein de sensations, une expérience riche en émotions, donc. Mais justement, je m'attendais à ça tout au long de l'histoire car c'est ce que me promettait le résumé. Et finalement on vire sur une histoire fantastique, et le côté horreur est un peu mis de côté, d'où ma légère déception. Mais ça reste un récit riche en suspens, en frissons (heureusement) et en action jusqu'à la fin, donc je n'ai pas à me plaindre, cette histoire m'a fait passer un très bon moment et j'ai eu ma dose de peur pour tout le mois à venir rien qu'avec les 100 premières pages.

L'auteur possède un style d'écriture très simple, ce n'est pas forcément une écriture recherchée mais ça se tient très bien, et ça nous tient très bien car on ne peut pas lâcher l'histoire, on veut savoir comment tout ça peut finir. La peur se fait fortement ressentir et l'auteur nous maintient dans une ambiance lourde, pesante, inquiétante. C'était très fort de sa part, et très effrayant de notre côté. J'ai donc apprécié, mais j'ignore totalement si je lirai la suite car j'ai peur que cela embraie trop sur le côté fantastique (bien que le résumé du second tome donne très envie, je l'avoue). Du coup, je verrai selon mes envies du moment quand il sortira.

Si vous aimez avoir peur, si vous aimez le paranormal, si vous aimez le fantastique, ce livre est fait pour vous, car il contient un peu de tout, et c'est très bien dosé pour donner un mélange passionnant et une histoire vraiment bien menée ! Malgré quelques détails qui font que cette lecture est simplement bonne, je la conseille tout de même beaucoup car j'ai vraiment apprécié les émotions ressenties et je sais que ce livre plaira beaucoup ! Alors n'hésitez pas, vous pouvez vous ruer dessus à sa sortie.

Un bon roman paranormal.

2 février 2016

London Panic ! - Marie Vermande-Lherm.

« Londres a l'air d'une énorme caverne d'Ali Baba, dégoulinante d'or et de lumière. »

Auteur : Marie Vermande-Lherm.
Éditions : Sarbacane, collection Exprim.
Genre : Jeunesse.
Date de sortie 3 février 2016.
Nombre de pages : 156.

Synopsis : « Lucie n'aurait jamais dû entrer en guerre ouverte contre sa prof d'anglais : la voilà privée du voyage scolaire à Londres dont elle rêvait. Tant pis : ce voyage, elle le fera, coûte que coûte ! Quitte à vendre son âme (ou presque !) à un mystérieux camarade de classe - l'étrange et peu loquace Abu -. Quitte à s'improviser baby-sitter dans la famille farfelue d'un authentique lord anglais. Quitte à courir aux quatre coins de Londres sur la piste d'un petit prophète de 1m20, disparu en plein shopping ! Quoiqu'il arrive, Lucie : Don't Panic ! »

Mon avis :
Cette année, vous allez en voir passer des romans Exprim' sur le blog car je compte bien lire tous ceux de 2016. Pourquoi donc ? Parce que chaque roman Exprim' me laisse toujours un merveilleux souvenir de lecture, et je ne veux pas en manquer un seul. Alors London Panic, avec sa couverture pleine de couleurs, son résumé plein de bonne humeur, je m'attendais à un moment amusant et agréable. Et, ça ne m'étonne bien évidemment pas : j'ai eu ce que j'attendais.

Lucie est privée de voyage à Londres, mais ce n'est pas grave, car elle va forcément trouver une solution à son problème. Elle y compte bien. Quitte à se faire passer pour quelqu'un qu'elle n'est pas, et à mentir aux gens, elle ira dans cette merveilleuse ville d'Angleterre, il le faut ! Lucie, c'est juste l'humour et l'amour incarnés. Un personnage plein de joie de vivre, qui ne cesse d'enchaîner les blagues sans même le vouloir, et qui aime les personnes qui l'entourent avec une grande intensité. Je me suis tellement attachée à elle ! Et puis si on ajoute au clan un petit prophète de 1m20, un grand gaillard tout nu et une voiture qui coûte plus de 100000€, ça donne une aventure plus qu'extraordinaire !

Lucie est très douée pour se fourrer dans des histoires pas possibles, et elle nous le prouve bien tout au long du roman. J'ai trouvé que les événements s'enchaînaient à la perfection pour nous faire ressentir un mélange de rigolade et d'émotions. Au delà de tous les moments marrants, il y a aussi de très beaux messages, de très beaux passages, qui sont capables de nous mettre la larme à l’œil ou de nous faire sourire de bonheur, tout simplement. C'est simple, mais c'est merveilleux, en fait. Et ces deux mots résument parfaitement cette histoire. Parce qu'on a ce livre entre nos mains, et on se demande où toute cette histoire peut nous mener, puis on commence à comprendre, on commence à saisir les petits subtilités du récit, et là on ne lâche plus ce livre, hors de question avant d'être arrivé à la dernière page. Une dernière page qui a dessiné un IMMENSE sourire sur mon visage, une dernière page qui conclut si bien ce roman. Je pourrais presque vous le conseiller rien que pour cette dernière page, mais ça serait réducteur car ce livre en entier est génial, dans sa totalité. C'est à dire toutes ses pages, du coup.

Le style de l'auteur est totalement unique (ça fait 48645164 de fois que je vous le dis, je sais, mais c'est justement ce que j'adore avec les romans Exprim' : une plume totalement propre à l'auteur, un style recherché tout en étant naturel, bref j'aime j'aime j'aime). Certes, sur le début, j'ai eu une (très) petite appréhension, je l'avoue, car comme il s'agit d'un style que l'on n'a pas l'habitude de lire, j'ai eu besoin d'un léger temps d'adaptation. Bon, très léger car il m'a suffit de quelques pages seulement pour comprendre que l'auteur est super talentueuse et qu'elle a écrit un livre absolument fabuleux. Du coup, ce style, je vous conseille de le découvrir, et même si au début ça vous semble spécial, vous verrez justement que ce côté spécial est extraordinaire. Et si ça sort de l'ordinaire, alors c'est fantastique.

Lucie répète sans cesse à la fin des chapitres « et alors, après, il s'est passé quoi ? » et c'est ce que je me suis dit en refermant ce livre. Je n'avais ni envie de quitter les personnages, ni envie de me dire que ça y est, c'était déjà fini, cette super histoire. Alors j'ai été obligée d'imaginer une suite toute seule (snif). Mais du coup, j'ai terminé ce livre des étoiles plein les yeux, avec de merveilleux souvenirs en tête, et j'adore ça. Du coup, je vous conseille beaucoup ce roman si, vous aussi, vous voulez vivre une aventure pas comme les autres.

Une histoire formidable.

20 janvier 2016

Les intrigantes 2 - Christine Féret-Fleury.

« Je ne cesse de m'émerveiller des hasards de l'existence, qui sans trêve nous ramènent vers des routes que nous pensions ne plus jamais emprunter, et brouillent comme à plaisir les fils de notre destin. »

Auteur : Christine Féret-Fleury.
Éditions : Hachette.
Genre : Historique, Romance.
Année de sortie 2015.
Nombre de pages : 222.

Synopsis : « Élise de la Valle a perdu le « duel des robes » face au Roi et a été forcée d’épouser le duc de Peaudres. Tout en la couvrant des plus belles parures, l’homme se révèle encore plus cruel que laid, et refuse à Elise le droit de retourner à Versailles. Elle est confinée auprès de sa belle-mère et ses belles-sœurs dans un modeste château de campagne. De son côté, Rouge est elle aussi privée de la Cour. Alors même qu’elle se tenait dans l’anti-chambre du Roi Soleil, elle a été enlevée et est retenue prisonnière dans un lieu inconnu. Élise et Rouge, rivales à la Cour, vont se découvrir complices de réclusion : elles ne vont pouvoir compter que sur leur courage et sur une brève alliance pour s’évader et regagner enfin Versailles. »

Mon avis :
Le premier tome de cette série ne m'avait que très peu convaincue, mais le suspens de la fin laissait présager une suite qui pourrait certainement être meilleure, du moins un peu mieux. J'avais peur d'être déçue de nouveau mais je me suis laissée tenter par ce second tome qui, au final, se révéla être bien meilleur que le premier (sans pour autant être excellent, certes, mais j'ai tout de même bien apprécié, surtout si l'on compare au tome précédent).

Elise vit une vie ignoble dans les bras de son nouveau mari, un homme riche mais cruellement méchant qui lui fait vivre un véritable enfer et la garde enfermée dans sa demeure familiale. Rouge, quand à elle, a été enlevée et ignore qui sont ses ravisseurs et où a-t-elle été emmenée. Elise est un personnage toujours aussi méprisant, impossible pour moi de m'attacher à une fille aussi superficielle et désireuse de gloire, mais je sais que l'auteur a justement tout fait pour rendre son personnage détestable, car parfois l'espoir naît en nous que cette jeune femme ait un fond de gentillesse, mais cela disparaît aussi instantanément. Certes, nous avons de la compassion sur sa situation, mais ça s'arrête là. Par contre, Rouge, j'ai tendance à beaucoup plus l'apprécier, par son caractère, sa manière d'être, c'est un personnage qui me semble plus humain, et j'ai pu grâce à ce second tome découvrir un peu plus ce personnage énigmatique.

Ici, nous avons deux femmes totalement rivales, mais qui se retrouvent dans des situations qui pourraient les obliger à devenir complices. Nous sommes dans le même univers que celui du premier tome, que j'avais apprécié, mais ici moins de froufrous et de joailleries, nos princesses ne sont pas dans leur lieu de vie habituel et il y a beaucoup plus de place pour le suspens et l'action, ce qui rend donc ce second tome nettement plus intéressant que le premier. C'était encore légèrement trop court, il y a vraiment peu de pages dans les romans de cette série et c'est dommage car on apprécierait un peu plus de contenu. Mais c'est aussi un excellent moyen de nous donner du suspens sur la fin, ainsi qu'une grande envie de connaître la suite même si tous les détails ne sont pas forcément convaincants. C'était donc un second tome beaucoup plus riche en intérêt à mes yeux et l'histoire devient vraiment très intéressante. J'ai beaucoup plus envie de lire la suite que quand j'avais terminé le premier tome.

L'écriture de Christine Féret-Fleury, elle, ne change pas. C'est toujours un plaisir de la lire, surtout quand celle-ci emprunte la manière de parler des jeunes gens de Versailles et donc que l'on se retrouve plongé au cœur des belles robes et des diamants. Un second tome un peu moins frappant visuellement car nous sommes moins assaillis par les descriptions des somptueux décors, mais c'est pour laisser la place à l'action, et ça c'est ce qui rend l'histoire passionnante. L'auteur a donc un très beau style, et elle a su corriger les défauts qui étaient présents dans le livre précédent. J'attends impatiemment le troisième tome !

Un second tome qui est donc bien au dessus du premier, qui m'avait laissé un goût d'inachevé. Ici on a des personnages un peu plus approfondis, du suspens, de l'action ainsi que intrigue bien menée, un tome qui est donc beaucoup plus complet et qui nous laisse présager une suite qui le surpasse encore, afin d'avoir une trilogie de qualité. J'espère que ce sera le cas et j'ai hâte de lire le troisième tome ! (j'ignore si cela s'arrêtera à 3 tomes ou plus)

Un second tome agréable.

18 janvier 2016

Les chiens - Allan Stratton.

« Les arbres sont comme les gens. On est des vivants, puis on est des souvenirs, puis on s'évanouit. »


Auteur : Allan Stratton.
Éditions : Milan.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2015.
Nombre de pages : 317.

Synopsis :
« Cameron devait être à l’abri pour de bon, dans cette vieille ferme paumée au milieu de nulle part. Son père ne les dénicherait jamais dans un coin pareil, avait dit sa mère. N’empêche, dès le premier jour, Cameron sent bien que quelqu’un est déjà là. Invisible, mais il le sent. Il l’entend même parfois. Quels secrets va-t-il découvrir dans cette baraque ? »


Mon avis :
Quand je lis, je ne suis pas la plus courageuse du monde, car les mots ont le pouvoir de m'effrayer comme si je me trouvais devant un film, avec des images encore plus terrifiantes étant donné que mon cerveau déborde d'imagination. Alors ce roman, il me faisait très envie mais j'en tremblais d'avance. Sa couverture sombre et mystérieuse est sublime et elle a attiré mon regard instantanément, un premier bon point pour ce roman qui en a tant d'autres.

Cameron est un jeune garçon qui déménage souvent, trop pour pouvoir s'adapter et se faire des amis. Sa mère et lui fuient le père de ce dernier, car on nous laisse penser qu'il est dangereux. On ne sait rien de personne, juste qu'ils atterrissent dans une maison qui ferait froid dans le dos à n'importe qui : les murs et le toit délabrés, un sous sol glacial, un grenier condamné et personne à proximité à part la ferme de Mr Sinclair, un homme inquiétant. Mais d'après la mère de Cameron, ici, personne ne les trouvera. Le jeune garçon va alors enquêter sur cette mystérieuse maison qui ne lui inspire rien de bon. C'est un jeune courageux, mais aussi très perturbé par sa situation familiale. Je me suis très vite attachée à lui, partageant ses idées même quand personne ne le croyait. Moi, j'avais confiance en lui, et ça me suffisait à vouloir découvrir les secrets de cette demeure. Certains personnages m'inspiraient beaucoup de confiance, d'autres étaient déjà dans ma liste des personnes à ne pas fréquenter. Je me suis confondue avec Cameron, et j'ai été prise de folie comme lui tant cette histoire me passionnait.

C'était captivant et mystérieux. Captivant, parce que les éléments s'imbriquaient entre eux sans que l'on ne soit jamais sûr de tout, et mystérieux parce qu'il y avait encore tellement de questions. Des questions sur les fantômes, des questions sur le père de Cameron, des questions sur le passé de cette ferme dans laquelle Cameron et sa mère ont emménagé. Que de mystères et que de moyens de les résoudre ! Nous sommes en quelque sorte pris dans la folie de Cameron, avec un doute toujours présent sur ce qu'il voit et ce qu'il croit, la peur de sombrer dans quelque chose de surréaliste et donc de totalement faux. Tout est sans cesse remis en cause jusqu'à la dernière page, c'était terriblement génial. Je me surprenais à regarder autour de moi afin de ne pas apercevoir l'ombre d'un homme ou d'un chien qui roderait dans ma chambre. Un roman totalement prenant.

L'auteur possède une plume fabuleuse, car elle reste simple, mais elle peut nous faire passer du petit moment joyeux à une peur bleue. On ressent la crainte de Cameron ainsi que celle des autres personnages et on la partage. On ne veut pas faire des rêves aussi effrayants que ceux du jeune garçon, on a peur d'entendre nous aussi des bruits étranges qui viendraient du plafond. Tout nous inquiète, et c'est là le talent de l'auteur qui provoque en nous toute cette peur. Ce n'est pas non plus un roman qui vous fera faire des cauchemars pendant des mois car il reste destiné à un public jeunesse (et sachant que je ressens la même peur que les enfants de 10 ans devant un film d'horreur, je vous assure qu'il est accessible à tous les jeunes dès la pré-adolescence). Ce que j'adore c'est qu'il peut plaire à tous les âges, et ça c'est synonyme d'un excellent roman.

Ce livre est absolument génial. Il fait peur, il fait rire et il nous touche, ce qui peut plaire aux plus jeunes comme aux plus grands. Il a vraiment frôlé le coup de cœur pour ma part, il m'a juste manqué la petite étincelle. Et au-delà des frayeurs il aborde des thèmes importants pas toujours faciles à comprendre. Un livre à mettre entre les mains de tous, vraiment, même si vous êtes froussards, affrontez vos peurs pour découvrir ce roman prenant !

Une excellente lecture.

16 janvier 2016

Eleanor - Holly Black.

« Ça me fait mal que tout le monde appelle ça « grandir » alors que ça ressemble plutôt à mourir. »

Auteur : Holly Black.
Éditions : Bayard.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2014.
Nombre de pages : 274.

Synopsis : « Zach, Poppy et Alice partagent une passion : les jeux de rôle avec des figurines. Ils ont inventé un monde à eux, peuplé de pirates, de cruelles sirènes, de voleurs et de trésors. Ce monde est dirigé par la Sublime Reine, incarnée par une inquiétante poupée de porcelaine qui trône derrière une vitrine chez Poppy et qui semble tout observer à travers ses paupières doses. Un jour, elle se réveille et fait une confession effrayante à Poppy... et c'est là le début d'une grande aventure… »

Mon avis :
Eleanor est un livre qui, au premier coup d’œil, était très attirant grâce à sa couverture. Je la trouve tellement bien dessinée, elle laisse penser qu'il s'agit d'un livre jeunesse mais elle reste très recherchée et travaillée, ce détail m'a énormément plu dès le début. Et puis le résumé me rappelait les histoires qui me terrorisaient lorsque j'étais toute jeune, alors je n'ai pas hésiter, il me fallait ce roman. Merci aux éditions Bayard pour ce livre.

Eleanor, c'est une poupée. Elle occupe la place centrale du roman, mais ce n'est pas elle qui nous fait passer d'agréables moments, ce sont Zach, Poppy et Alice. Trois enfants qui aiment beaucoup jouer avec leurs poupées, tout en admirant La Reine, qui a l'air d'être plus qu'une simple figurine en porcelaine. Les héros ont 12 ans, ce sont donc des enfants, et il est vrai que j'ai eu du mal au début de ma lecture à cause de ce détail : des personnages un peu trop jeunes pour moi, car à 18 ans, on a du mal à s'identifier à de si jeunes enfants. Mais leur désir d'aventure et leurs réflexions enfantines m'ont touchée, et je n'ai pu que m'attacher à ces trois pré-adolescents, ils savent nous amuser. Certes, j'avais une certaine distance à cause de l'âge (je ne suis pas vieille quand même, hein !) mais je me dis surtout qu'un jeune de 13 ans environ adorera ces trois petits aventuriers.

C'est une histoire d'aventure, nos personnages n'hésitent pas à braver leurs peurs pour accomplir leur quête, l'achever (et ils en ont du courage car je me serais enfuie en courant à plus d'une reprise). Il y a du suspens, il y a une ambiance angoissante, et ça nous donne bien envie de savoir comment s'achèvera le récit. Dès qu'il est question de poupée, moi, je ne suis pas du tout à l'aise quand je m'endors le soir, alors c'est signe que l'auteur maîtrisait bien les légers moments effrayants, car j'y ai pensé en me pelotonnant sous mes draps. Je dois tout de même souligner que le style m'a parfois éloignée de l'histoire, et fait que je ne l'ai pas autant appréciée que ce à quoi je m'attendais, mais cela reste un récit passionnant qui ne pourra que plaire aux plus jeunes à mes yeux, car ils vivront leurs premiers frissons, et moi qui adorais ça à leur âge, j'espère qu'eux aussi apprécieront le voyage !

L'auteur a un style simple et agréable à la lecture, c'est jeunesse car c'est tout simplement destiné à ça, et c'est suffisant pour que l'on souhaite lire le livre encore et encore jusqu'à découvrir quelle sera la fin de l'histoire. Il manquait peut-être parfois un peu de surprise, ou d'action, mais comme je l'ai déjà précisé mon âge fait que je n'ai pas été aussi passionnée que l'aurait été quelqu'un de beaucoup plus jeune. J'ai tout de même bien ressenti quelques frissons dans le dos, et cela prouve que l'auteur savait manier sa plume pour rendre l'ambiance angoissante (déjà, la présence d'une poupée de porcelaine est toujours angoissante, mais là c'était vraiment pire que ça). Je pense donc qu'Holly Black saura charmer les plus jeunes !

Un livre un peu trop jeunesse pour moi, mais ça ne m'a pas empêchée de retourner en enfance pour pouvoir revivre mes premiers frissons livresques, et je dois dire que je suis toujours autant traumatisée par les poupées de porcelaine. Une aventure amusante en compagnie de trois personnages attachants, j'espère que les plus jeunes adoreront cette histoire car si je l'avais lu avec quelques années de moins, je suis sûre que j'aurais été envoûté par ce livre.

Un bon livre jeunesse.

14 janvier 2016

L'infini + un - Amy Harmon.

« Je vais peut-être arrêter de chercher ce qui est réel, maintenant que j'ai trouvé l'infini. »

Auteur : Amy Harmon.
Éditions : Robert Laffont (collection R).
Genre : Romance, Young-Adult.
Année de sortie 2015.
Nombre de pages : 421.

Synopsis :
« Superstar internationale, Bonnie Rae Shelby a tout pour elle : l'argent, la beauté, la gloire et... l'envie d'en finir avec la vie. Finn Clyde, lui, n'est rien, n'a rien, à part son intelligence et son cynisme à toute épreuve. Il ne demande qu'à avoir sa chance. Un acte de compassion et quelques coïncidences plus loin, et voilà ce garçon et cette fille que tout oppose engagés dans un périple qui pourrait aussi bien les transformer que les anéantir. »


Mon avis :
Amy Harmon est une auteur très connue grâce à son roman Nos faces cachées qui est dans ma Pile à Lire mais que je n'ai pas encore lu. J'ai comme une petite appréhension, j'attends que l'enthousiasme général soit passé pour me lancer. Et c'est là que L'infini + un apparaît et joue un rôle très important : il me fait découvrir la plume d'Amy Harmon dans un roman où tout m'est inconnu, du sujet principal aux personnages jusqu'aux avis des lecteurs. Je me plonge dans l'inconnu, je découvre, et il n'y a rien de mieux pour réellement juger la plume d'un auteur. Merci à la collection R pour m'avoir permis de lire ce roman.

Bonnie Rae Shelby est une jeune femme à qui la vie réussit plutôt bien, elle a la gloire ainsi que tout ce qui va avec. Pourtant, cette vie ne lui suffit pas, et elle ne veut qu'une chose sur le moment : y mettre fin. Finn Clyde est un garçon au passé mystérieux qui ne demande rien à personne. Le hasard fera se rencontrer les deux personnages, et de là va débuter une relation qui connaîtra de nombreuses épreuves. Ce sont deux personnages qui rentrent dans les clichés habituels des personnes que l'on juge au premier regard, et cette histoire nous apprend à aller plus loin que la première impression, parce que derrière la célébrité, par exemple, il y a avant tout un être humain. On s'attache très facilement aux personnages tout simplement parce que l'on vit avec eux durant les 421 pages, ce qui crée des liens, évidemment. Et notre désir de les connaître, de découvrir leur vie d'avant, cela nous pousse à lire, sans nous arrêter, pour toujours en savoir plus.

C'est une romance, mais elle n'est ni dans le cliché, ni ennuyeuse. Bon, évidemment, une romance reste une romance, mais ici cela va au-delà d'une simple histoire d'amour. Nos héros se sont fourrés dans une histoire incroyable et en sortir risque d'être dangereux, voir destructeur pour l'un deux, ou pour les deux. C'est ce qui rend le tout si passionnant, on veut savoir qui sont ces deux personnages, quelles sont leurs motivations, quels sont leurs sentiments et qu'est-ce qui va leur arriver à la fin. On est maintenu dans le suspens du début jusqu'à la toute fin, on a peur avec eux, on croise les doigts avec eux, et on s'attache à eux, tout simplement. Alors oui, quelques scènes paraissent gnan-gnan, mais bon, on passe au dessus, parce qu'on doit se l'avouer : c'est totalement envoûtant une romance aussi remplie de mystères.

J'ai donc découvert Amy Harmon de moi-même, sans les conseils de personne, sans savoir à quoi m'attendre, et j'ai été agréablement surprise. Son roman est ancré dans le style du Young Adult mais sa plume a quelque chose qui la fait sortir du lot des romances habituelles, et j'ai bien aimé ce détail très important pour une lecture. Ce n'était pas tout nouveau, mais c'était bien écrit, avec du suspens là où il en fallait, ainsi que des résolutions là où l'on en avait besoin. L'histoire est très bien ficelée afin de nous garder des moments de grandes surprises, et rien que pour ça, l'auteur est très douée, et je la remercie pour cette lecture qui a su m'emmener dans un road trip amoureux.

Amy Harmon, la fameuse auteur dont tout le monde parle, mérite pleinement son succès à mes yeux. Son livre est à l'image de toutes les romances Young Adult, mais son style donne une touche très personnelle à son histoire, ce qui la rend d'autant plus passionnante. Le suspens et les mystères vous donneront quoiqu'il arrive l'envie de terminer ce roman, donc de tourner les pages, donc de savourer l'amour naissant. C'était un road trip amusant, poignant, et très agréable à faire en compagnie de Bonnie et Clyde.

Très bonne lecture.