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3 août 2016

L'été où je suis né - Florence Hinckel.

« Le monde avait changé. Les couleurs avaient acquis une luminosité inégalée. »

Auteur : Florence Hinckel.
Éditions : Gallimard, collection Scripto.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2011.
Nombre de pages : 84.


Synopsis : « Léo, quinze ans, vit avec Claire et Charles, ses parents adoptifs, délicats et aimants. Né sous X, il ne connaît pas sa mère biologique avec laquelle il dialogue intérieurement depuis toujours. Avec ses copains, les cours et les motos qu’il customise, la vie est bien remplie. Lorsqu’arrive l’été avec la fin des cours, Léo rencontre une fille et tombe amoureux. Tout son univers bascule. »


Mon avis :
Je découvre avec ce roman la plume de Florence Hinckel, qui est pourtant très présente dans ma bibliothèque (je possède quatre livres de cette auteur). Il est celui que j'ai choisi de lire en premier, et il est celui qui me donne envie de lire tous les autres.

Dans ce roman très court, nous sommes avec Léo, un garçon passionné par les motos et par ses promenades avec son meilleur ami Jason. L'été est là, il veut s'amuser, profiter, mais son monde va basculer le jour où il rencontre Xavière : Léo tombe amoureux. Et il découvre un nouveau lui-même, apeuré par l'amour, parce qu'il est né sous X, et qu'il nomme sa mère biologique X depuis sa plus tendre enfance. Xavière pourrait bien bouleverser tout cet équilibre qui venait de s'installer dans sa vie.
Léo est un personnage très touchant, sa sensibilité le rend terriblement attachant et on ne peut que partager ses joies et ses peines. Cette petite histoire est un livre d'amour : celui qu'on partage avec nos parents, celui de nos amis et celui destiné à celui ou celle que l'on souhaite aimer pour le restant de nos jours. Léo découvre chacun d'entre eux avec une naïveté émouvante qui cache pourtant des choses très profondes au fond de lui.
C'était rapide, c'était bref, mais c'était pourtant si intense, si beau, si bien écrit, que j'en suis ressortie émue, le sourire aux lèvres mais aussi triste de quitter Léo, Xavière, Jason, et tout ce que ressentent ces trois personnages adolescents. Florence Hinckel écrit cet âge difficile avec une justesse et un talent remarquables.

Ma chronique n'est pas très longue, elle reflète le nombre de pages de ce roman, elle ne veut pas trop vous en dévoiler, à vous de découvrir cette petite histoire si intense et si touchante qui aborde des thèmes importants de l'adolescence, ainsi que d'autres qui sont moins ordinaires et qui nous intéressent d'autant plus. Je sais maintenant une chose : je dois lire tous les romans de Florence Hinckel qui sont dans ma bibliothèque.

Une petite lecture touchante.

1 août 2016

Sous la même étoile - Kelley York.

« Nous sommes à des kilomètres de nos vies, et c'est d'une beauté à couper le souffle. »

Auteur : Kelley York.
Éditions : Pocket Jeunesse.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 288.

Synopsis : « Une fois le lycée terminé, Hunter et sa demi-sœur Ashlin décident de prendre une année sabbatique et d'emménager chez leur père. Là-bas, ils retrouvent Chance, un garçon fantastique avec qui ils passent tous leurs étés depuis l'enfance. Si le jeune homme les a toujours fascinés, Ashlin et Hunter éprouvent bientôt pour lui de tout autres sentiments. Mais ils comprennent aussi que les excentricités de Chance dissimulent une vérité bien plus noire… »


Mon avis :
Je ne sais pas par où commencer. Dès les premières pages, j'ai su que ce roman me plairait. Arrivée au milieu, j'étais persuadée que ce serait un coup de cœur. Toutes mes certitudes se sont embrouillées lorsque j'ai lu les dernières pages, puis en le refermant je me suis dit « ça, c'est bien plus qu'un coup de cœur ».

Ashlin et Hunter sont frères et sœurs, et ils décident de passer un an chez leur père où ils vont retrouver Chance, leur meilleur ami d'enfance. Leurs sentiments pour ce grand enfant ont évolués depuis. Mais derrière le côté frivole de Chance se cache certainement une vérité bien plus grave qu'il ne le prétend. Chance est de ces personnages qui nous troublent, nous fascinent, nous obsèdent et nous passionnent. Je n'arrête pas de penser à lui depuis que j'ai commencé ce roman. L'auteur a créé trois jeunes adultes si attachants et d'une justesse si touchante qu'on ne peut que les aimer, vouloir le mieux pour eux. Ce sont des personnages que vous ne trouverez nulle part ailleurs, et que vous devez découvrir, sinon je peux vous assurer que vous passez à côté de quelque chose de fabuleux, de fort.

Je ne veux rien vous dire de l'intrigue. Je ne veux rien vous dire tout court, et tout vous dire en même temps. Vous devez savoir que ce roman va vous surprendre sans cesse, du début à la fin. Vous allez tomber amoureux de Chance, parce que c'est comme ça. Vous allez découvrir des liens sentimentaux nouveaux, uniques, hors du commun. Mais vous allez aussi avoir peur, vous inquiéter, sentir votre cœur accélérer. Et surtout, il risque peut-être de se briser, parce que ce livre peut paraître tendre et léger, mais il renferme des réalités bien plus sombres que tout ce que nous pouvons imaginer. Et en le terminant, c'est comme si mon cœur était entier et en milliers de morceaux à la fois. J'ai eu l'impression qu'il s'arrêtait, j'ai refermé ce roman et je me suis dit que non, il devait guérir, aller mieux, parce que c'était comme ça que ça devait se finir. L'auteur en a décidé ainsi, et en y repensant, c'est une fin extraordinaire qu'elle nous offre ici. Une fin qui allait au-delà de toutes mes espérances. Une fin qui a décidé que ce roman ferait à présent parti de mes livres préférés.

La plume de l'auteur est assez simple d'un point de vue extérieur. Mais lorsqu'on est plongé dans l'histoire, elle est addictive au possible, rendant l'histoire plus que passionnante mais surtout d'une puissance extraordinaire. Comme je le disais, on s'attend plutôt à quelque chose qui soit dans le léger, et on se retrouve finalement avec un roman fort, unique, qui nous marque. Les dialogues sont plein d'émotions et il y en a certains qui me restent en tête tant je les ai trouvés beaux. Je me suis sentie à ma place dans ce livre, et c'était un supplice de le terminer et de devoir en sortir.

J'ai tant de choses à dire sur ce roman, que je me tais, parce que je n'ai qu'une envie : que vous découvriez tout ça de vous-même. Alors éteignez votre ordinateur, sortez de chez vous et rendez-vous à la librairie la plus proche. Achetez cette merveille, enfermez-vous dans votre chambre et dévorez cette perle rare. Vous irez de surprises en surprises, et ensuite vous viendrez me dire si vous aussi, ça vous a fait ce quelque chose d'unique, ce quelque chose qui me suit encore et que je veux garder parce que je veux relire ce roman, encore et encore, jusqu'à ce qu'il n'ait plus de secrets pour moi. Chose impossible, peu importe, je le relirai. Ça c'est une certitude.

Un roman unique, un coup de cœur, un coup de foudre, un de mes livres préférés à présent.

13 juillet 2016

Mauv@ise connexion - Jo Witek.

« La poésie m'offrait une ultime croyance en la beauté du monde. »

Auteur : Jo Witek.
Éditions : Talents Hauts (collection Ego).
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2012.
Nombre de pages : 95.

Synopsis : « Je me suis inscrite sur un nouveau tchat. J'ai tapé Marilou. Je trouvais que ce pseudo correspondait bien à la fille que j'avais envie d'être. Plus sexy, plus délurée, plus effrontée aussi. Marilou, une autre moi-même. Une fille qui l'a tout de suite attiré. - Bonjour, Marilou. C'est joli comme prénom. T'as quel âge ? J'ai menti : Seize. Et toi ? - Vingt. Mentait-il lui aussi ? Je ne me suis pas vraiment posé la question, trop heureuse de partager ma tristesse nocturne avec un garçon. J'ai poursuivi. - Je viens de me disputer avec ma mère. Elle refuse que je fasse des photos de mode. - Elle doit être jalouse de ta beauté. - Merci. Je crois que tu as raison. - Je sais de quoi je parle, je suis photographe de mode. - C'est vrai ? - Oui, pour des défilés à Paris et des shooting magazines. On peut la voir quelque part ta jolie frimousse, Marilou ? Voilà. Ça a commencé comme ça. »
Mon avis :
Jo Witek était présente à la Comédie du livre 2016, l'occasion pour moi de la rencontrer et d'acheter un de ses livres afin de découvrir sa plume. J'ai choisi un roman de la collection Ego parce qu'ils sont courts mais très puissants. Et ça n'a pas loupé.

C'est un roman choc, comme chaque titre de la collection Ego qui défend de nombreuses causes avec des auteurs talentueux. Ici, nous suivons Julie, une jeune fille de 14 ans qui s'inscrit sur un tchat et crée un double d'elle-même, Marilou, 16 ans, adolescente plus sexy, plus confiante, plus entreprenante. Julie s'enfonce de plus en plus dans les mensonges, dans le danger. Et c'est ce dont parle l'auteur, les dangers d'internet. On s'attache beaucoup à Julie, à ses rêves d'enfance, à son désir de vivre une belle histoire d'amour, à son espoir et à sa naïveté. Parce que ça n'arrive pas qu'aux autres, et que ça n'arrive pas qu'aux personnes différentes, moins aimées, moins choyées par leurs parents. Ça peut arriver à tout le monde. C'est un filet dont les mailles se referment petit à petit sur la proie, au point que cette dernière ne comprend plus quelle est la limite entre le coupable et la victime. Une confusion qu'il faut effacer, écraser, enlever des esprits. On suit cette descente aux enfers qui nous fascine autant qu'elle nous répugne. J'ai été secouée par cette petite lecture qui a su me faire éprouver de grandes choses en un léger nombre de pages. Énervée, choquée, révoltée, émue, mes yeux se sont remplis de larmes, mon cœur accélérait. C'est un roman au style très simple mais si prenant et à l'histoire si juste que je le recommande à tout le monde, il est à mes yeux à mettre entre les mains des plus jeunes pour prévenir, avertir, afin d'éviter de devoir guérir par la suite.

Une chronique courte, tout comme ce roman choc. Un message si fort passé par l'auteur qui se bat pour que ce genre de situation n'existe plus. J'ai été fascinée par cette histoire bouleversante. Mes yeux étaient humides, mon cœur battait la chamade, et je remerciais sans cesse l'auteur à l'intérieur de moi, pour véhiculer des valeurs très importantes, de l'humanité. Merci Jo Witek pour cette lecture qui est à mettre entre les mains de tout le monde, et surtout des plus jeunes, très exposés sur internet à notre époque.

Un roman fort, choc.

4 juillet 2016

La théorie du grand tout - J.J. Johnson.

« J'ai chialé pendant des heures le jour où Jamie est morte, et à ses funérailles aussi, et un nombre incalculable de fois depuis, mais c'est comme essayer de vider l'océan avec des seaux d'eau : t'as beau écoper, ça reste la mer à perte de vue. »

Auteur : J.J. Johnson.
Éditions : Alice, collection Tertio.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 464.

Synopsis : « Ce n’est pas parce que tout le monde pense que tu devrais tourner la page que tu es prêt à le faire. Sarah, 15 ans, a perdu sa meilleure amie dans un terrible accident et n’arrive pas à s’en remettre. Son arme : le cynisme. Plus rien n’a d’importance. Jusqu’à cette drôle de rencontre… »


Mon avis :
C'est le résumé très vague de ce roman, sa sublime couverture ainsi que son fabuleux titre qui m'ont donné envie de découvrir ce roman adolescent. Le sujet est fort, difficile, et j'avais très envie de savoir comment l'auteur amènerait son personnage à aller mieux après le terrible événement qu'il venait de vivre. Merci aux éditions Alice pour ce roman.

Sarah a 15 ans et ce qu'on retient d'elle dès la première rencontre, c'est qu'elle fait preuve de cynisme en permanence. Vu d'extérieur, c'est un véritable défaut, mais lorsqu'on apprend à la connaître, on sait que tout cela vient de la mort de Jamie, sa meilleure amie, qui a perdu la vie devant ses yeux. Jamie est un personnage que nous aurions adoré connaître, Sarah ne cesse de nous le sous-entendre, mais nous nous n'avons qu'elle, et personnellement je l'ai trouvée très attachante. Son caractère et sa manière de parler ainsi que ses pensées m'ont rappelé mes années d'adolescence, avec toutes les questions qui tournent autour de cette période. C'était une héroïne vraie, sensible, touchante et pénible aussi parfois, mais c'est ce qui la rendait si unique. La drôle de rencontre qu'elle va faire pourrait bien changer sa vie…

Dès les premières pages, une grande intrigue s'annonce : comment est décédée Jamie ? On comprend que cette question traumatise Sarah qui a assisté à la scène, mais notre curiosité nous pousse à attendre impatiemment le moment où elle nous le racontera. Et au-delà de cet événement traumatisant, Sarah a aussi des problèmes plus habituels propres à l'adolescence, la distance avec son petit copain, ses notes, l'autorité de ses parents. Si on y ajoute son côté cynique, on comprend qu'elle a du mal avec le social. La rencontre qu'elle va faire risque de changer beaucoup de choses pour elle et pour son entourage. J'ai adoré tout ce suspens, tous ces petits éléments qui s'emboîtent les uns les autres pour ajouter du mystère à l'histoire, mais aussi des indices qui nous permettent d'y songer, d'avoir nos propres hypothèses. J'étais toujours très impatiente de retourner dans l'histoire pour retrouver Sarah et poursuivre vers les changements qui arrivent dans sa vie – et, bien évidemment, à chaque fois que je devais interrompre ma lecture, le suspens était à son maximum (bah oui, sinon ça serait pas rigolo).

La plume de l'auteur est propre au personnage de Sarah : simple, familière parfois mais cela fait qu'on s'y retrouve. Le cynisme de l'adolescente permet ce côté unique du style, j'ai rarement eu à faire à des personnages aussi caractériels, et ça m'a drôlement plu. Et la petite touche personnelle de l'auteur, ce sont ses petits schémas/graphiques avant chaque nouveau chapitre. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise, mais ils étaient vraiment amusants et justes, au fond. Ça rendait l'histoire encore plus agréable à retrouver à chaque plongeon au cœur du roman.

Je suis ravie de cette lecture touchante et émouvante dans laquelle je me suis facilement retrouvée grâce au style simple et familier de l'auteur. C'était un roman passionnant avec des intrigues intéressantes et bien menées pour une fin qui m'a surprise et mis le sourire aux lèvres. Je vous recommande vraiment cette histoire adolescente qui est profonde à certains moments et légères à d'autres, rendant le tout absolument fabuleux à lire.

Une excellente lecture.

1 juillet 2016

Le ciel est partout - Jandy Nelson.

« Sur les photos de nous,
elle regarde toujours vers l'objectif
et moi, vers elle. »

Auteur : Jandy Nelson.
Éditions : Gallimard, collection Pôle-Fiction.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2010.
Nombre de pages : 413.

Synopsis :
« « Je suis censée pleurer la mort de ma sœur, pas tomber amoureuse… »
Comment Lennie peut-elle continuer à vivre après une telle tragédie ?
A-t-elle encore le droit de plaire et de désirer ?
D'être heureuse, de rire ? Parfois, il faut tout perdre pour se trouver... »


Mon avis :
Je ne connaissais pas la plume de Jandy Nelson avant de découvrir ce roman, qu'une amie me conseille depuis des années : il s'agit de son livre préféré de tous les temps, et ma curiosité m'a poussée à vouloir comprendre pourquoi. Je me suis envolée vers ce ciel si bleu, et j'ai compris, dès le début, que ce roman allait me plaire, me donner le sentiment d'être sur un nuage.

Lennie n'est plus que la moitié d'elle-même : sa sœur Bailey est décédée quelques semaines plus tôt. Alors que tout lui semble désespéré, elle commence à éprouver des émotions qui lui donnent envie de recommencer à vivre. Ces dernières font naître en elle un affreux sentiment de culpabilité : comment peut-elle désirer profiter de la vie alors que sa sœur n'en a plus le droit ? L'auteur fait de Lennie un personnage d'une justesse incroyable. Elle représente tout ce qu'est un adolescent pendant cette période si complexe, avec la confusion des émotions et leur contradiction. C'est une jeune fille attachante, courageuse, qui a besoin de temps pour mettre des mots sur ce qu'elle ressent et qui adore écrire des poèmes.

Lennie ne se remet pas vraiment de cette tragédie, mais tout lui tombe soudainement dessus, l'amour qui entraîne la peur, la confusion, parfois même la honte. Les poèmes que l'adolescente écrit pour faire sortir ses émotions touchent le lecteur en plein cœur et décrivent si bien le deuil, l'amour, le lien de deux sœurs, la solitude, la perte. Chacun d'entre eux nous permet de découvrir Lennie un peu plus, de tenter de la comprendre. Elle a peur de tomber amoureuse, mais elle se dit aussi qu'elle ne peut pas se priver, et que ce n'est pas ce que sa sœur aurait voulu. Ce livre fait passer du sourire aux larmes, et des pleurs aux sourires. Le deuil est abordé avec une très grande justesse, ce qui émeut tout au long du récit, il laisse aussi place à des émotions plus joyeuses, à l'amour, l'amitié, la famille, les passions. J'ai été envoûtée par ce tourbillon de sentiments si profonds, je suis tombée amoureuse des personnages de Jandy Nelson car elle fait d'eux des hommes et des femmes, tout simplement, des personnes qui font des erreurs, qui ne sont pas parfaites, qui se trompent, recommencent, qui apprennent et qui évoluent. Quel bonheur d'évoluer à leurs côtés.

S'il y a bien une chose dont il faut parler lorsqu'on souhaite vous conseiller ce livre, c'est de la merveilleuse plume de l'auteur. On est avec Lennie, on est près d'elle, on ressent comme elle. Nos émotions font des montagnes russes, tout cela grâce à la poésie de Jandy Nelson aussi présente dans le récit que dans les poèmes de Lennie qui sont écrits entre chaque chapitre. Ces poèmes sont à mes yeux ce qui fait la perfection de ce roman. Ils étaient beaux, si beaux que je pourrais les relire sans cesse, les écrire en moi afin de les connaître par cœur, et y repenser quand je sens qu'ils peuvent m'aider. Oui, c'est un roman adolescent, mais il aborde ce que tout le monde peut vivre un jour, et ça, c'était fait avec un immense talent.

Je ressors de cette lecture éblouie par l'immensité du ciel, par la magie de ce livre, par la justesse des personnages, par la beauté des mots. Je ressors de cette lecture en étant changée, émerveillée, aidée. Ce livre et ses poèmes font un bien immense, tout en devient passionnant. Je n'ai rien à dire de plus si ce n'est : lisez ce roman. Vraiment. Jandy Nelson est une auteur à découvrir.

Un coup de cœur.

28 juin 2016

Hanako, fille du Soleil levant - Elodie Loch-Béatrix.

« Si ma vie était un ikebana, chaque invité aurait trouvé sa place et le vent n'aurait plus qu'à souffler pour les faire vibrer tous ensemble. »

Auteur : Elodie Loch-Béatrix.
Éditions : Milan.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 256.

Synopsis : « Des ancêtres japonais, c’est sympa… tant qu’on ne vous oblige pas à faire de l’ikebana ! Hanako a d’autres envies comme passer du temps avec ses amis, Adam et Chloé, ou savoir ce que lui veut Matt, un beau lycéen. Mais tout se complique lorsque son père lui interdit de toucher à une mystérieuse boîte…. Le secret qu’elle contient pourrait bien bouleverser toute sa petite vie ! »

Mon avis :
J'ai toujours connu Élodie comme la modératrice du merveilleux forum Folili qui a une énorme place dans ma vie car j'y ai été durant cinq formidables années. Apprendre que cette même Élodie devient auteur avec ce roman m'a surprise, rendue curieuse et follement impatiente de découvrir ce que cette histoire me réservait. Je m'y suis plongée, je m'y suis retrouvée et j'ai adoré.

Hanako a 13 ans, c'est une jeune héroïne pleine d'énergie aux origines japonaises. Il est important de le préciser car son père souhaite qu'elle s'intéresse à ses racines, et il l'inscrit à un cours d'ikebana. Mais à 13 ans, la jeune fille désire plutôt s'amuser avec ses meilleurs amis, en savoir plus sur le beau Matt, mais surtout découvrir ce que ses parents lui cachent dans cette mystérieuse boîte secrète. Nous n'avons aucun mal à nous retrouver dans le personnage d'Hanako qui est exactement dans l'âge où tout commence à changer autour d'elle, l'âge où l'on souhaite grandir, parfois un peu trop vite. Elle est attachante, courageuse, audacieuse et plein d'ambition. Ses réflexions peuvent nous toucher comme nous faire rire, et j'ai adoré en découvrir un peu plus sur elle à chaque page.

Ce roman mêle les soucis de l'adolescence, les émotions nouvelles qui apparaissent, mais on peut aussi noter la grande présence de la culture japonaise, et c'est un point qui m'a énormément plu. Sans prendre trop de place dans l'histoire, on apprend certaines coutumes du pays, certains mots, certains événements historiques, ce qui enrichit grandement notre lecture. Cela permet de rendre l'histoire beaucoup plus profonde et intéressante. Et puis tout ce qui se passe à côté nous passionne aussi, c'est tellement beau de relire la naissance de l'amour tout en retrouvant aussi les difficultés que l'on croise au collège. Et cette histoire de boîte mystérieuse donne une sacré dose de suspens à l'histoire ! Sans tomber dans le cliché, l'auteur a créé un personnage auquel nous pouvons aisément nous identifier.

Le style de l'auteur est fluide avec de petites touches poétiques qui rendent le récit agréable et unique. À tel point que j'ai à peine eu le sentiment d'être dans un roman jeunesse car je me suis vraiment laissée emporter par les mots et par l'histoire qui m'ont passionnée. L'ajout de la culture japonaise est une excellente idée et m'a vraiment donné le sentiment de lire une histoire complète, travaillée et bien structurée. J'aurais même aimé rester un peu plus longtemps avec Hanako et ses amis tant ils étaient attachants et plein de surprises !

Je suis surprise et ravie de ma lecture : surprise parce qu'il est rare que j'apprécie autant un livre jeunesse et ravie justement parce que j'ai adoré lire ce roman. Je me suis retrouvée dans le personnage d'Hanako qui m'a rappelé mes années du collège et je pense que ce livre, à lire à partir de 8-9 ans, plaira beaucoup à tous ceux qui se lanceront dans cette lecture car il regroupe tout ce qui nous concerne au début de l'adolescence tout en étant enrichissant grâce à la présence de la culture japonaise.

Une lecture jeunesse passionnante !

6 avril 2016

Les Fragiles - Cécile Roumiguière.

« C'est bien la vie, ça : on croit tout prévoir, avoir tout bon, et paf, il y a un truc qui vient tout gâcher. »


Auteur : Cécile Roumiguière.
Éditions : Sarbacane (collection Exprim).
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 200.

Synopsis : « Drew a dix-sept ans. On est grand à dix-sept ans. Pourtant, dans sa tête, Drew est encore cet enfant de neuf ans qui a pris le racisme de son père en plein plexus. Drew déteste son père tout en cherchant à lui plaire. Jusqu'au jour où il rencontre… Sky, une fille aussi fêlée que lui. Et SOLAIRE. Et BELLE ! Une fille qui, comme lui – mais comme son père aussi -, est une Fragile. »


Mon avis :
Les Fragiles, c'est le troisième roman Exprim' de l'année, et je dois avouer que je l'attendais avec une immense impatience. J'avais besoin d'une lecture forte, d'une lecture qui puisse me choquer, me surprendre, m'émouvoir. Tout sauf me décevoir, voilà tout. Alors, lorsqu'il est arrivé, je m'y suis plongée toute entière.

Drew a dix-sept ans, mais il a aussi neuf ans, treize ans… Son père, quelque soit son âge, est raciste. Mais c'est aussi son père. Il s'appelle Cédric, et sa femme, Cindy, tente parfois de défendre Drew. Sky, elle aussi, elle a des âges différents. L'auteur nous emmène dans un récit qui mêle l'année des dix-sept ans de Drew à son passé, à partir de ses 9 ans. Mais on a aussi cette première page qui nous trouble, qui nous intrigue, une première page inattendue, on relit le résumé, on ne comprend pas. Tout est flou, mais on sait que tout finira par s'éclairer. Drew est un personnage si humain, si fragile. Mais il n'est pas le seul. On ne le pense pas en commençant ce roman, mais chaque personnage est fragile, à sa manière. C'est l'un des aspects les plus étonnants de ce roman : penser ne ressentir qu'un seul et unique sentiment envers un personnage, et découvrir que non, il y en a plein d'autres qui sont tout simplement surprenants. Vous allez vous attacher à des personnages alors que vous ne l'auriez même pas imaginé, cette idée vous aurait même fait doucement rire. Mais, croyez-moi, c'était une sacrée expérience que de ne plus se sentir maître de ses émotions.

Ces récits croisés des vies de tous ces personnages ne nous embrouillent absolument pas, chaque page ajoute des éléments afin de construire une histoire, et nous savons que seules les dernières pages nous révéleront ce que nous désirons savoir depuis ce fameux prologue, inoubliable, gravé dans notre esprit. Mais entre tout ça il y a des mots tellement forts, tellement puissants, comme le racisme. Des mots qui nous obsèdent, auxquels on réfléchit. Ce livre nous remet nous-même en question sur ce que l'on ressent. C'est comme si je culpabilisais d'être touchée par un personnage qui aurait dû me répugner. C'était étrange. Et gênant. Même en refermant ce livre, je me posais des questions. Devais-je ressentir ça ? Était-ce normal ? Je l'ignorerai toujours. Tout comme chacun des personnages, qui vit à sa manière, qui évolue malgré les obstacles, qui passe par-dessus les difficultés que lui impose son niveau social, l'influence parentale, l'influence extérieure. Ce livre aborde l'adolescence et tout ce brouhaha d'émotions ressenties à cette période, encore plus lorsque les valeurs enseignées par nos parents perturbent celles que nous apprenons chaque jour en communauté, à l'école, avec d'autres personnes. Tout nous est unique, même l'histoire d'amour est si singulière. Aucune scène n'est à mettre de côté, chacune d'entre elles est primordiale pour que nous comprenions un peu plus les idées de Drew, ou même de Sky. Ou même de Cédric. Les idées des fragiles.

Je ne crois pas que l'auteur veuille nous faire passer un message en particulier, elle nous raconte simplement une histoire, et les messages, elle sait que nous les trouvons nous-même à travers tout ce que nous ressentons au fil des pages. Le style est particulier, particulièrement précis sur les vagues émotionnelles ressenties par Drew, Sky, Cédric, Cindy, Mariji… On se sent si proche de cette histoire qu'on a l'impression d'avoir traversé le papier pour vivre chaque événement, pour accompagner Drew du début à la fin. Si les premières pages réussissent à vous accrocher au récit, alors vous ne pourrez plus vous passer de ce roman. Mais vous aurez aussi ce désir profond de le savourer, de ne pas finir trop vite, pour pouvoir songer à tout ce qu'il contient, y songer plus longtemps.

Les Fragiles est un roman unique. Unique pour son style particulier, son sujet riche et diversifié, ses personnages si humains et si hors du commun. Unique pour les émotions que vous allez ressentir et les questions que vous allez vous poser. Pour moi, ce livre était comme un cadeau bien emballé : j'ignorais à quoi m'attendre et je n'ai cessé d'être surprise du début à la fin. J'ai adoré cette lecture si puissante, si profonde, qui nous rend si fragiles.

Une lecture excellente, surprenante.

2 avril 2016

Paranoïa - Melissa Bellevigne.

« Moi, sans toi, je ne serai qu'une âme en perdition. »

Auteur : Melissa Bellevigne.
Éditions : Hachette, collection Black Moon.
Genre : Jeunesse
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 320.

Synopsis : « Lisa Hernest, psychiatre reconnue et spécialisée dans les cas complexes, est appelée à l’institut Saint-Vincent en périphérie de Paris. Elle va rencontrer sa nouvelle patiente : Judy Desforêt, internée pour paranoïa et hallucinations, enceinte de cinq mois et qui refuse de s’alimenter. Dès leur première entrevue, la jeune femme qui se dresse face à elle fait preuve d’une lucidité et d’un discernement hors pair. Et plus Lisa apprend à la connaître, plus leurs échanges viennent ébranler ses propres convictions professionnelles et personnelles. »

Mon avis :
Melissa Bellevigne est une blogueuse et youtubeuse très suivie et appréciée par les internautes. Personnellement, je ne la connaissais absolument pas, et je l'ai donc découverte avant tout en tant qu'écrivain. Le sujet du roman m'a tout de suite intriguée et c'est pour cette raison que je me suis lancée dans cette lecture mystérieuse et envoûtante.

Lisa est une psychiatre très reconnue, et elle va rencontrer Judy, sa nouvelle patiente, une jeune femme enceinte qui est victime d'hallucinations. Peu à peu elles vont apprendre à se connaître et Judy va se confier. Ce roman ne traite pas des maladies mentales ou de la schizophrénie en priorité, il se concentre davantage sur la personne que Judy est la seule à voir, Alwyn, ce garçon qui est avec elle partout où elle se rend depuis sa plus tendre enfance. On va donc découvrir des échanges entre les deux femmes, mais surtout l'histoire de Judy et Alwyn, cet homme dont la présence et l'invisibilité face aux autres sont des éléments vraiment intrigants de l'histoire. J'ai apprécié le fait que nous suivons la vie de Lisa en parallèle, les problèmes que son métier peut engendrer dans sa vie personnelle et amoureuse, tout en découvrant le passé de Judy ainsi que ses découvertes sur ce que tout le monde voit chez elle comme une maladie mentale. Des personnages que j'ai appréciés, mais qui méritaient peut-être un peu plus d'approfondissement pour que l'on se sente plus touchés par les événements qui surviennent dans l'histoire.

Comme je le disais précédemment, l'histoire s'oriente sur le passé de Judy avant son internement, lorsqu'elle tentait de découvrir qui était ce Alwyn qui vivait avec elle depuis toujours et pourquoi elle était la seule à le voir. Une intrigue intéressante car j'avoue que je ne voulais pas lâcher le livre, et quand je le faisais il me tardait de reprendre ma lecture pour enfin le terminer et savoir le fin mot de toutes ces énigmes. J'ai donc été agréablement surprise par les révélations qui sont faîtes tout au long du récit, mais je tiens à préciser que certaines choses m'ont légèrement dérangée. Par exemple, le fait que l'on se concentre uniquement sur Judy à un moment de l'histoire donne l'impression qu'il y a des longueurs, des moments où l'on aimerait que l'histoire avance plus vite. Mon plus grand reproche n'est pas contre l'auteur mais contre les éditeurs qui mettent une phrase sur la couverture totalement fausse par rapport à l'histoire. Je ne vous dirais pas pourquoi pour ne pas vous spoiler mais ne vous fiez surtout pas à ce « L'une est la seule à le voir, l'autre est la seule à la croire » car j'ai tant été persuadée que cette phrase correspondait au livre que ma lecture m'a surprise à certains moments. Mais ce n'est pas la faute de Melissa Bellevigne qui, à mes yeux, a écrit une histoire qui est son tout premier roman et pour une première fois je trouve que c'est addictif, c'est intrigant, et donc c'est un très bon début.

Pour l'écriture, c'est une plume assez simple que nous découvrons, un style que l'on trouve souvent dans les romans Young Adult mais qui a son empreinte et qui sait nous emmener dans l'histoire, avec les personnages. Ce qui, pour un premier roman, est une très bonne chose et ce qui rend ce roman vraiment passionnant, on a hâte de connaître la fin, les idées sont très bien intégrées à l'histoire et le fil conducteur est bien tissé pour que nous soyons surpris à chaque nouvelle révélation. La fin m'a laissée bouche bée car trop de questions se posent encore à nous, si un deuxième tome sort alors je lirai la suite car cette fin ouverte nous donne envie d'en savoir plus, mais s'il s'agit d'un one shot c'est pour moi une fin frustrante car certains éléments restent flous quand à la suite des événements. Mais bon, j'aime habituellement les fins ouvertes, et celle-ci reste assez bien trouvée tout de même.

Ce livre ne se concentre pas vraiment sur les troubles psychologiques et s'oriente vers une dimension qui nous paraît un peu fantastique, mais cela n'est pas dérangeant au contraire, on se sent un peu perdu, tout comme les personnages, et on a sans cesse l'envie d'en apprendre davantage sur tous les événements qui surviennent. Beaucoup de questions se posent à nous, certaines restent encore à élucider, c'est pourquoi j'appelle Melissa à sortir un second tome, vraiment, il le faut ! S'il pouvait être aussi addictif que le premier tome, alors cela serait parfait.

Une bonne lecture.

3 mars 2016

Laisse brûler - Antoine Dole.

« Ça leur suffit à tous : les apparences. »

Auteur : Antoine Dole.
Éditions : Sarbacane, collection Exprim.
Genre : Contemporain, Jeunesse.
Année de sortie 2010.
Nombre de pages : 189.

Synopsis : «Il y a Noah, abonné à « l’auto-lynchage mental », qui se gave de rancœur et de médicaments depuis six ans – depuis qu’un certain Julien l’a anéanti. Ses journées, il les passe assis sur un banc, en bas de l’endroit où c’est arrivé. Il y a Maxime, scénariste-télé raté, qui tombe amoureux de Noah juste au moment où celui-ci rompt avec lui : et ce qu’il croit d’abord être une banale rupture fait exploser sa vie. Et puis il y a Julien, animateur-vedette d’une petite chaîne câblée, qui s’éveille nu, dans une cave, ligoté à une chaise... Noah, Julien, Maxime : trois trajectoires qui se croisent et s’embrassent pour mieux s’embraser. À l’origine de ce triangle noir, un secret profond, abyssal ; le brasier d’une plaie ouverte qui consume les êtres et les pousse aux pires folies.»
Mon avis :
Antoine Dole est l'auteur de Je reviens de mourir et A copier cent fois. Deux romans forts, chacun à leur manière, et deux romans qui choquent, qui réveillent. Il possède un style unique, et cela faisait longtemps que je ne m'étais pas replongée dans l'une de ses histoires. Une chose est sûre : dès que l'on termine un de ses romans, on cherche partout où est-ce qu'on pourrait en lire un autre. C'est comme une addiction.

Trois personnages, trois chemins qui se croisent et qui s'éloignent. Noah, anéanti par un certain Julien, enchaîne les médicaments. Maxime, qui était amoureux de Noah quand ce dernier a rompu, va prendre des décisions qui bouleverseront sa vie. Et Julien, lui, se réveille nu dans une cave, ligoté. Trois hommes, amoureux des hommes, souffrant à cause des hommes. Ils sont torturés par leurs pensées les plus profondes, et suivre ces longs monologues intérieurs si sombres sont des moments aussi passionnants qu'horrifiants. Ils sont perdus, déçus de cette société, terrifiés par les autres, et par eux-même. On s'attache à Noah pour ses blessures qui nous sont au début inconnues. On apprécie Maxime pour ses sentiments si intenses. On plaint Julien pour sa situation actuelle, on commence par le détester, et finalement on ne sait plus trop. On ne sait jamais vraiment, avec ce livre, si ce n'est qu'on lit une histoire extraordinaire.

Cette histoire dénonce des choses si importantes de notre société, de l'homme, de sa cruauté, de son animalité ainsi que de son inhumanité, parfois. Je ne peux pas vous dire ce qui est dénoncé, je ne veux rien vous révéler, il faut lire ce roman choc pour savoir. C'est une réalité si peu abordée par les médias, par les auteurs, mais elle existe, et je ne peux que remercier Antoine Dole pour savoir mettre les mots sur ce que d'autres n'osent même pas évoquer. On suit la déchéance de Noah, et on en apprend davantage sur toutes les cicatrices invisibles de son être. Un personnage qui m'a fait ressentir de l'espoir, finalement, bien que je ne m'y serais pas attendue. Puis on suit Maxime, son cœur brisé, sa folie, ses idées, sa déprime. Un personnage qui montre le côté extrême de l'homme, ses prises de décision trop souvent soudaines. Et Julien, qui se retrouve là sans comprendre, Julien qui se remet en question, sans cesse. Les situations les plus soudaines peuvent mettre les gens face à eux-même sans qu'ils ne s'en aperçoivent.

Antoine Dole garde son style si cru, si violent, si choquant. Il veut nous marquer, nous montrer à quel point certaines choses ne fonctionnent pas, ici, sur Terre, entre nous et les autres, entre les autres entre eux. Sa plume n'hésite pas sur les mots, sur les situations, elle nous dévoile des réalités dans leurs aspects les plus sombres. C'est retournant, c'est perturbant, et une fois le livre fini, on en ressort changé. Chamboulé. Anéanti. On en veut davantage mais on est heureux que ça s'arrête. Que d'émotions contradictoires. On parle de l'Homme, en général, de l'homosexualité, aussi, ainsi que des préjugés qui poursuivent l'homme, et l'Homme. On parle de tout, de manière unique.

Ce livre n'est pas un coup de cœur : il a plutôt fait brûler mon cœur. Est-ce différent ? Est-ce plus fort ? Je n'en sais rien, je laisse brûler. Si j'en dis trop sur ce livre, je vous dévoile un peu l'histoire, ce que je refuse. Mais là, j'ai l'impression de ne pas en dire assez pour vous convaincre. C'est un livre qu'il faut lire, je ne sais pas comment vous persuader de l'acheter, mais j'aimerais vraiment que vous le découvriez. C'est au-delà de tout ce que vous avez pu lire jusqu'à maintenant, ça va vous perturber, certes, mais vous allez aussi réfléchir à énormément de choses, suite à cette lecture.

Un livre unique, retournant, brûlant.

2 mars 2016

Audrey retrouvée - Sophie Kinsella.

« Mlle Audrey est en route pour les étoiles. »

Auteur : Sophie Kinsella.
Éditions : Pocket Jeunesse.
Genre : Chick-lit, Jeunesse.
Date de sortie 3 mars 2016.
Nombre de pages : 299.

Synopsis : « Audrey a 14 ans. Elle souffre de troubles anxieux. Elle vit cachée derrière ses lunettes noires, recluse dans la maison de ses parents à Londres. Ça, c'était avant. Avant que Dr Sarah, son psychiatre, lui demande de tourner un film sur sa famille, pour voir la vie d'un oeil nouveau : celui de la caméra. Avant que Linus, un copain de son frère, débarque. Avec son grand sourire et ses drôles de petits mots griffonnés sur le coin d'une feuille, il va pousser Audrey à sortir. Et à redécouvrir le monde... »

Mon avis :
Un livre où l'héroïne porte mon prénom, je ne pouvais pas passer à côté de ça, c'est bien la première fois que ça m'arrive. En plus, un livre écrit par une très célèbre auteur que je n'avais encore jamais lue, je pouvais encore moins laisser passer cette chance. Et puis l'histoire avait l'air à la fois profonde et amusante, de quoi me faire passer un beau moment. Merci aux éditions Pocket Jeunesse de m'avoir permis de découvrir ce roman.

Audrey est jeune, et elle souffre de troubles qui l'empêchent de pouvoir vivre comme tout le monde. Ses lunettes noires sur le nez, elle passe son temps à se cacher, jusqu'à sa rencontre avec Linus ainsi que son projet de faire un film sur sa famille. Deux événements capables de chambouler sa vie. Audrey vit très mal son état, mais elle est forte et elle ne cesse de se battre. C'est une héroïne plus qu'attachante, et je me sentais encore plus proche d'elle parce que dès que quelqu'un la nommait, je me sentais nommée aussi (drôle d'expérience). Elle est touchante, elle paraît toute fragile et en même temps si sûre d'elle parfois. On aimerait la prendre dans nos bras. L'auteur a un don pour nous offrir sur un plateau des personnages tous très différents et si amusants. La mère d'Audrey n'a pas cessé de me faire rire, et tous les autres personnages non plus, chacun à leur manière. C'était diversifié et envoûtant, cette famille était si dingue qu'elle en devenait follement attachante.

On va suivre Audrey dans les étapes d'une peut-être future guérison. Et à travers ces étapes, on se demande ce qu'elle a pu subir pour en arriver là. Plein de questions qui se posent à nous, et Audrey qui tente d'y répondre au fur et à mesure qu'avance l'histoire. Une histoire qui aborde des thèmes graves, comme la dépressions ainsi que ses causes possibles lorsque l'on a que 14 ans, mais aussi des thèmes plus amusants comme l'addiction des jeunes aux jeux vidéos, et j'en passe. L'auteur sait mélanger avec brio les différents sujets pour pouvoir aborder ce qui est important en nous faisant sourire. Je pouvais être très émue, puis la minute d'après me retrouver à exploser de rire devant mon livre en vérifiant dans ma maison que personne ne me regarde avec un air étrange (oui oui, j'ai vraiment explosé de rire, cette auteur est pire que talentueuse en fait). C'était un moment tellement bon, tellement agréable que de lire ce livre, de se plonger dans l'histoire, avec Audrey. J'ai vraiment adoré cette histoire, de la première à la dernière page.

Je suis ravie de ma découverte, je ne connaissais pas Sophie Kinsella et à présent, heureusement, c'est chose faîte. Car je serais passée à côté de quelque chose de fort si je ne m'étais pas plongée dans ce livre. C'est une écriture simple, un style qui paraît normal, mais il n'est pas comme les autres parce que lui, il a le pouvoir de vous faire rire comme jamais, de vous faire sourire, de vous rendre triste, de laisser couler des larmes sur vos joues. Et puis on suit aussi la caméra d'Audrey lorsqu'elle filme sa famille, des moments qui permettent de varier un peu la narration. De quoi vous faire passer quelques heures de lecture juste formidables, après lesquelles vous ne pourrez qu'avoir un grand sourire sur le visage.

J'ai vraiment été surprise par ce livre. Il réunit tant de sujets, qui sont tous plus ou moins graves, et qui sont traités avec brio par une auteur qui sait nous faire rire ou pleurer dès qu'elle le souhaite. Je me suis attachée aux personnages, à cette famille, et j'ai adoré découvrir cette histoire qui a su me faire sourire, même une fois que j'avais tourné la dernière page. Je ressors de ma lecture vraiment heureuse, et je veux que vous soyez heureux aussi, alors lisez ce merveilleux roman, vraiment.

Un coup de cœur.

27 février 2016

La fille quelques heures avant l'impact - Hubert Ben Kemoun.

« Je méritais mieux, il suffisait peut-être simplement de décider de vivre. »

Auteur : Hubert Ben Kemoun.
Éditions : Flammarion jeunesse.
Genre : Jeunesse, Drame.
Année de sortie 2016.
Nombre de pages : 253.

Synopsis : « Ce soir. Tous ou presque ont prévu d'assister au concert du groupe de Marion. Mais tous n'iront pas pour les mêmes raisons. Certains sont venus avec joie et envie, d'autres avec rage et dégoût. Ici des comptes vont se régler, des vies basculer en quelques instants. Celle d'Annabelle tout particulièrement. Dans le noir, la tension monte. Annabelle veut croire que l'espoir va l'emporter mais la haine peut triompher… »


Mon avis :
Un titre qui intrigue, une couverture qui trouble, un résumé qui donne envie. C'est ce que je me suis dit en premier lorsque j'ai découvert ce roman. Je ne savais absolument pas ce que voulait dire ce livre, ce qu'allait me dévoiler cette histoire, j'étais dans le mystère absolu. Je remercie les éditions Flammarion Jeunesse pour m'avoir permis de connaître les réponses aux questions que je me posais à propos de cette fille, de ces quelques heures, et de ce fameux impact.

Cette histoire, quand j'ai décidé de m'y plonger, c'était l'inconnu. J'ai découvert des chapitres alternés qui sont du point de vue d'Isabelle, d'Annabelle, et parfois des autres. On est perturbé, parce que certains passages nous montrent un instant du futur qu'on ne comprend pas, et sinon nous sommes dans le présent de l'histoire. Isabelle, c'est la professeur de français de la classe dans laquelle se trouve Annabelle ainsi que plein d'autres personnages du récit. Une classe difficile à gérer avec ses élèves perturbateurs qui veulent soit se sentir plus fort que tout le monde grâce au statut de leur père, soit mépriser leurs camarades. On sent de la révolte chez certains, du racisme chez d'autres. Je ne me suis pas spécialement attachée à un personnage spécifique, mais ça ne m'a pas empêchée d'être totalement dans l'histoire, comme si moi aussi je faisais partie de cette classe et comme si moi aussi, j'étais semblable à Annabelle, un peu perdue, un peu révoltée, un peu remplie d'espoir.

C'est l'histoire de jeunes enfants qui sont dans leur période d'adolescence et qui la vivent tous de manière très différente. C'est l'histoire de notre société actuelle où certains se sentent au dessus des autres grâce à leur argent, ou leur reconnaissance. C'est l'histoire de notre monde où les gens pensent qu'ils ont parfois plus de raisons d'exister, que leur pays est à eux et à personne d'autres. C'est l'histoire de 2015, parce que ce livre a été écrit avant toutes les horreurs de cette année passée, et pourtant on les retrouve à l'intérieur. Comme le dit si bien l'auteur dans son ouvrage : « les auteurs d'aujourd'hui éclairent des réalités de demain. » On ressent la désorientation de l'adolescence, mais aussi l'horreur d'avoir en classe des gamins qui ne savent pas tenir, qui sont irrespectueux. On a le point de vue d'une prof totalement perdue, puis à côté d'une élève qui se découvre. On a des personnages hors du commun, et d'autres totalement normaux. On ne cesse de se faire surprendre, d'espérer, d'y croire, d'être totalement choqué. Je crois que ce livre dénonce tout plein de choses à travers un récit accessible aux adolescents, et aux plus grands. Un récit à lire.

La plume de l'auteur nous emmène dans cette école, dans cette classe, puis à ce concert. On suit absolument tout, on ne veut rien rater, et on vit l'histoire comme si on y était réellement. Je ne connaissais rien de cet auteur, mais maintenant j'ai très envie de lire d'autres romans de lui, notamment celui qui précède celui-ci (pas besoin de le lire pour comprendre, mais cela se passe dans le même collège, d'où quelques liens qui m'ont donné envie d'en savoir plus). Je suis ravie de cette découverte, vraiment, et je ne m'attendais pas à une lecture aussi éprouvante, essoufflante, renversante. J'ai été servie, et j'ai adoré.

Je me suis ici plongée dans l'inconnu, et j'ai eu raison, parce que je n'étais pas au bout de mes surprises avec cette lecture. J'ai vécu les événements comme si j'y étais, comme si je faisais partie de l'histoire, et ça a rendu ma lecture d'autant plus intense et riche en émotions. Je suis ravie de ma découverte et je n'hésiterais pas à lire d'autres romans de la plume du talentueux Hubert Ben Kemoun, qui a écrit un roman qui nous fait comprendre que, parfois, la réalité rattrape la fiction.

Une très bonne lecture.