1 mai 2013

Textes de ma Plume : L'amour a ses nuances verdâtres.

Voici un texte que j'ai écrit pour un concours (qui m'a permis de gagner le livre Syrli, voir la chronique du livre). La consigne était :
Vous êtes tombée amoureuse d'un garçon qui se révèle ne pas être un humain ordinaire (c'est une créature surnaturelle ou il a des pouvoirs particuliers). Racontez cette relation atypique en montrant comment les particularités de ce garçon influencent positivement et/ou négativement la relation. 
(Ce concours a été réalisé par les éditions Milan, la collection Macadam)

Voici le texte que j'ai rédigé (merci de me donner vos avis) :

Nous arpentions le chemin, main dans la main, nos pas brisant le silence que seul le vent osait perturber à l'habitude. Nous nous allongeâmes dans l'herbe, seuls parmi la flore. Il fit un léger mouvement de tête afin de murmurer au creux de mon oreille :
- Ambre, il faut que je te dise quelque ch...
Je l’interrompis en déposant sur ses lèvres un tendre baiser. Il ne bougea pas, ouvrit les yeux, me fixant de ses prunelles profondes. Je voyais briller une lueur d'inquiétude dans son regard, mais je ne disais rien, pour ne pas gâcher ce moment si rempli de véritables sentiments.
Mais quelques rafales vinrent troubler notre tranquillité, et les branchages remuèrent dangereusement. Il se redressa, observant les alentours. Le vent redoublait d'intensité et les branches commençaient à se détacher de leur tronc pour venir se poser brutalement dans l'herbe. Il se leva soudain, prit ma main pour que je me lève aussi, puis il se plaça devant moi afin que les projectiles ne puissent m'atteindre que par derrière. Des pierres s'élevaient dans les airs, j'avais l'impression de me situer au milieu d'un champ de bataille où la guerre battait son plein. Mon cœur avait perdu son rythme amoureux, car à présent la peur y logeait aussi.
Soudain, il poussa un petit cri, et s'étala sur le sol. Je m'accroupis à son chevet et j'aperçus sa blessure sur le côté de sa joue droite. Je m'approchai rapidement pour le soigner quand je vis soudain une chose effroyable. Sous sa peau, la chair n'avait rien d'humain, et le sang n'existait pas. C'était une surface visqueuse aux nuances verdâtres. Il dut percevoir la peur qui régnait dans mon regard, si bien qu'il cacha la plaie sous sa main, et de l'autre me caressa délicatement le visage. Il voyait ma colère, il la sentait.
- Ambre, j'avais peur, murmura-t-il. J'avais peur que tu ne veuilles plus de moi. J'ai été génétiquement conçu pour éliminer la race humaine, mais j'ai réussi à chasser cette perspective de mon esprit. Comme je t'aime, je ne suis jamais en colère contre toi, donc aucun risque que je puisse te blesser. Je t'aime trop pour te perdre.
Ses mots me touchaient, je restais béate devant lui, puis je retirais sa main de son visage, afin de voir de nouveau son étrange blessure. J'étais à la fois terrifiée et fascinée.
- Je te fais confiance.
Pour le lui prouver, je frôlai son front bouillant de mes lèvres glacées, puis je me relevai.
- Allons prendre une chambre d'hôtel, une nuit rien que pour toi et moi, déclarai-je ambitieuse.
Il acquiesça, souriant. Je l'aidai à se relever, puis nous partîmes de ce parc, cherchant un hôtel à un prix raisonnable. Nous ne tardâmes pas à le trouver, et il me prit dans ses bras comme une princesse pour me monter jusqu'à la chambre. Nous riions ensemble, vivant le parfait amour. Une fois arrivés dans la chambre, il ôta sa veste, moi de même, il ferma les rideaux, et je me jetai sur lui. Nous passâmes un fabuleux moment, que la fatigue vint écourter.
- Je t'aime, lui dis-je.
Je me blottissais au creux de ses bras et mes paupières se fermèrent.

*

J'étais réveillée depuis un moment déjà, et j'attendais impatiemment qu'il libère la salle de bain afin de retoucher mon maquillage. Nous allions passer la journée ensemble, rien que lui et moi, avec entre nos deux cœurs un bonheur si parfait à mes yeux. Il sortit enfin, pâle.
- Pourquoi as-tu touché à mes affaires ? Murmura-t-il, tête baissée.
Sa réaction m'étonna, il avait l'air énervé, mais je n'avais jamais vu cette haine dans son regard.
- Je me suis permis de les ranger, je ne pensais pas que tu le prendrais mal, répondis-je gênée.
Il leva brusquement la main sur moi, puis la plaqua sur la poignée de la porte. Il tremblait de toute part, son corps secoué de spasmes.
- Éloigne-toi, pars ! S'écria-t-il.
J'avais peur. Mon cœur était brisé comme du cristal, des milliers de morceaux éparpillés en moi. Les larmes coulaient le long de mes joues, suivaient leur chemin dans mon cou, pour enfin s'écraser sur le sol. Il me fixait, haletant, tel un enragé prêt à me tuer. Je ne pouvais cesser de pleurer, tant son état me blessait. Je savais que ce n'était pas de sa faute, il n'était pas comme ça naturellement, il ne le voulait pas, il y était obligé. Je tentais tant bien que mal de me convaincre, d'espérer que cela ne soit qu'un rêve. Mais tout était bien réel. Il fallait que je m'en aille, que je parte, il fallait que je le laisse se calmer. Et je partis.
Il cria mon nom, je ne me retournai pas. J’accélérais le pas sans vraiment le vouloir, comme si mon cerveau ne contrôlait plus totalement mon corps. C’était mon cœur qui me menait sur le droit chemin, là ou il fallait que je me rende quand il le désirait. Marchant obstinément vers mon but, je ne prenais plus garde à gêner la foule. Je percutais certaines personnes, sans un mot d’excuse, et je continuais d’avancer droit devant. Mon regard ne contemplait qu’une seule chose, le sol. Je traversais les routes, passais sur les rails et longeais les trottoirs en restant focalisée sur le goudron qui ornait le sol. Je faillis me faire renverser deux fois de suite mais peu m'importait, je ne savais plus ce que je faisais, ni pourquoi je m’étais enfuie, ni même vers où je me dirigeais. Mes yeux divaguaient au rythme de mes pas, tels les balanciers présents dans les anciennes horloges. La nuit commençait à tomber, donnant à mon visage un air angoissant, mes mirettes ne dévoilant aucun sentiment. J'arrivai devant le lycée, en pleurs, personne ne me voyait, j'étais invisible, comme morte. Et je souffrais. Puis j'entendis mon nom résonner. L'écho parvint jusqu'à moi, et je me retournai. Il me prit la main, s'agenouilla et s'excusa. Et je le pardonnai. Stupide amour qui troublait mon esprit, stupides pensées remplies de câlins et de bonheur. Je succombai une fois de plus à son irrésistible charme. Et il m'embrassa tendrement pour renouer notre lien, faire comme si rien ne s'était passé. J'en oubliais presque l'incident qui s'était produit quelques minutes avant. J'en oubliais le plus important. Mais je me sentais bien, notre union entamait une nouvelle journée, une journée qui à présent s'annonçait belle et réjouissante.
Nous allâmes marcher dans les rues de la ville, ma main dans la sienne, là où elle se sentait bien. Puis nous nous lassâmes de ces avenues sales et peuplées, il prit la décision de me ramener à l'hôtel. Il me porta dans ses bras jusqu'au lit, où il me posa en riant. Je gloussais aussi, observant son corps, le désirant plus que tout. Puis un objet attira mon attention, dépassant de sa poche. Je m'en approchai, puis je posai ma main dessus. Il me repoussa brusquement sur le lit, puis il rangea l'objet au fond de sa poche, sans que rien ne dépasse visiblement. Je fus de nouveau victime de l'appréhension, et je l'observais trembler, sachant que cela ne signifiait rien de bon. Il me plaqua contre le mur, et je me mis à pleurer, espérant que cela s'arrête au plus vite.
- Tu n'aurais jamais du y toucher, je t'avais dit de ne pas toucher à mes affaires, je te l'avais dit ! Cria-t-il dans la chambre, si bien que les passants à l'extérieur avaient du l'entendre.
Je tremblais aussi, de peur, il était prêt à tout quand il était énervé. Je le savais. Et la dernière chose que je vis, ce fut sa mâchoire s'élargir, et lui se jetant voracement sur mon cou.


14 commentaires:

  1. C'est loin d'être la première fois que je le lis, mais je ne m'en lasse pas. Tu écris si bien.
    Ce prix tu le méritais largement. ♥

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    1. Ma Sophia, tu es adorable. Tu sais ça me touche beaucoup, et c'est en parti grâce à toi que je continue à écrire, tu m'encourages tant ! Merci mille fois. ♥

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  2. Ton texte est toujours aussi merveilleux que lors de ma première lecture. :3 ♥♥

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  3. Hihii trop gentille, merciiiii ! ♥♥♥♥

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  4. Ça doit juste faire la 1'000 fois que je le lis,entre toutes les fois sur le fo' et les fois ou je l'ai lu ici.Mais tu as vraiment un grand talent et j'admire ta magnifique écriture.Ce texte est juste tellement bien écrit *-*.

    Je suis Valentine (ou Believe sur le fo')

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    1. Ooooh, merci Valentine, c'est tellement gentil, ça me fait vraiment plaisir ! (:

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  5. J'adore vraiment c'est trop bien écrit, on se met très facilement à la place de la fille, et grâce à toi, on peut ressentir ses émotions. Continue à écrire comme ça ! =)

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  6. Ton texte est superbe !!! L'écriture est fluide et on se mets tout de suite à la place du personnage... C'est super bien^^ Bravo :)

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  7. J'adore ton texte j'en ai les larmes aux yeux tellement c'est beau et fort,ce prix tu l'as vraiment merite tu écris si bien!!
    Je me présente:je suis une lectrice de Julie et dans le numéro nov.2013 j'ai vu le nom de ton blog et comme je veux essayer d'en faire un je suis passe regarder!

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  8. Wahoo... Le texte est magnifique! Continue comme cela!

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  9. Un peu flippant mais super. J'avais tellement envie de savoir la fin !
    Continue, ne t'arrêtes pas, tu as un vrai talent.
    Oriane

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  10. J'ai beaucoup aimé "la Petite Hannah", c'est une histoire un petit peu triste mais il y a quand même de la joie au milieu de l' histoire.

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  11. Je viens de découvrir ton blog grâce a une de tes vidéos sur youtube et j'ai adorée les nouvelles que je viens de lire. Tu as un don pour écrire et pour maintenir le suspens continue comme ça !!

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