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11 février 2016

L'herbe bleue.

« Tous les gosses stupides qui se figurent qu'ils peuvent simplement s'amuser à y goûter n'existent en réalité que d'une prise à une autre. Quand on a commencé, il n'y a plus de vie possible sans drogue, mais c'est une existence dégueulasse d'esclave. »

Auteur : Anonyme.
Éditions : Presses Pocket.
Genre : Témoignage.
Année de sortie 1971.
Nombre de pages : 251.

Synopsis : « "L'herbe bleue" est le journal intime d'une jeune droguée de quinze ans. Cet ouvrage ne prétend pas décrire le monde de la drogue chez les jeunes. Il n'apporte aucune solution à ce problème. C'est une chronique personnelle, spécifique, qui, en tant que telle, permettra peut-être de comprendre un peu l'univers de plus en plus compliqué dans lequel nous vivons. Les noms, les dates, les lieux et certains événements ont été changés, selon le désir de toutes les personnes mêlées à ce récit. »


Mon avis :
J'ai acheté ce livre lors d'une brocante, et je crois bien posséder une version qui a été achetée aux alentours des années 1970 car le livre est dans un état incroyable. Moi j'adore ça, j'ai l'impression qu'il possède une âme lorsque j'observe ses pages jaunies au point d'en être devenues sombres, son odeur de vieux manuscrit, son toucher particulier. Je l'ai lu dans le cadre de mon challenge petites lectures qui m'a permis d'enfin découvrir ce témoignage dont tout le monde parle.

Alice écrit un journal intime, et on va y suivre ses années adolescentes, de son bonheur à sa totale destruction causée par la drogue, avec évidemment la plus grande intrigue de cette histoire : va-t-elle s'en sortir ? Ce livre a été publié anonymement, et passait donc pour un témoignage dans ses premières années d'existence. Finalement, une psychologue a annoncé que c'était elle qui l'avait rédigé, mais qu'elle s'était inspiré du journal d'une de ses patientes ainsi que des témoignages de nombreuses autres jeunes. Alice a 15 ans, donc son journal manque évidemment de poésie et le style peut sembler très enfantin, mais c'est ce qui rend le récit d'autant plus poignant. Toute cette naïveté, toutes ces faiblesses qui, au lieu de se développer dans le bon sens, vont détruire une enfant. Alice, je m'y suis attachée bien que je n'ai pas trop accroché au style, mais elle, elle est humaine, alors évidemment je ne souhaitais qu'une chose, c'était qu'elle s'en sorte.

Le fait que cela soit rédigé en tant que journal intime rend l'histoire très réaliste, très crue, Alice ne mâche pas ses mots, elle y va directement, quitte à en choquer certains. Mais c'est évident que ce livre choque, car la drogue ne devrait pas être banalisée. Ce roman a beau dater d'il y a 45 ans, il est toujours d'actualité, car la drogue est un sujet qui touche encore (même si les situations du livre sont loin d'être banales à mes yeux car je n'ai jamais croisé de collégien qui cherche à se procurer de la drogue dure sans discrétion, mais ça doit être selon l'endroit où l'on vit). En tout cas, j'ai bien apprécié cette histoire qui ne nous cache rien mais qui nous autorise tout de même l'espoir. Ce roman, s'il ne possédait pas une sorte de morale, serait presque nocif car les détails donnés par Alice sur les effets que la drogue lui procure donnent presque envie, en fait. Ce bonheur total lorsqu'elle avale une pastille. Mais évidemment, il ne faut pas lire ce livre avec l'envie, mais avec le dégoût de cette substance criminelle. On ne cesse de vivre des rebondissements mais on s'accroche, on y croit. J'ai aimé ce côté positif de l'histoire malgré toute l'horreur, ainsi que la hargne d'Alice. Mais on ne peut que constater, en lisant ce livre, que la drogue nous détruit dès la première prise, même si les gens qui en consomment assurent que non, il faut se renseigner de manière approfondie pour comprendre les dégâts causés.

La plume de l'auteur est donc la plume d'Alice. C'est, je pense, le petit bémol : le style fait très puéril, voir trop pour une fille de 15 ans tout de même et j'imagine que ça pourrait en déranger plus d'un à la lecture, donc je préfère prévenir. Mais ça rend aussi ce livre authentique, vrai, un livre qui s'ancre dans la réalité de la vie. Et chacun écrit à sa manière selon son âge, il faut aussi voir ce détail. Ce style ne m'a pas empêchée d'être touchée, retournée, choquée par certaines situations, et donc de ressentir une belle palette d'émotions.

Ce livre, c'est un journal intime. Seul le style peut déranger réellement le lecteur. Bien évidemment, les événements aussi risquent de vous choquer, mais je trouve tout de même que ça vaut le coup. Il faut savoir ce que c'est ainsi que les dommages que ça peut causer. Il faut comprendre que ça n'arrive pas qu'aux autres, et que parfois une seule prise suffit à briser des vies. C'était un roman terriblement touchant et vrai malgré le fait qu'il soit loin de la perfection. Je le recommande beaucoup si le sujet vous intéresse car je pense qu'il est traité, non pas avec brio, mais avec authenticité.

Un témoignage touchant.

18 février 2015

Les gens heureux lisent et boivent du café - Agnès Martin-Lugand.

« Mais mon cœur battait obstinément. Et me maintenait en vie. Pour mon plus grand malheur. »

 
Auteur : Agnès Martin-Lugand.
Éditions : Pocket.
Genre : Drame, Contemporain.
Année de sortie : 2013.
Nombre de pages : 187.

Synopsis : « Diane perd brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel. »



Mon avis :
Un roman qui, dès sa sortie, a été accrocheur à mes yeux : le titre était le plus attirant qu'il m'ait été donné de lire. J'avais tellement envie de le découvrir. Ma mère l'ayant lu, mes amies aussi, il fallait que je me lance, et quand Laura me l'a offert pour noël j'ai décidé de ne pas patienter plus longtemps, je l'ai donc lu en lecture commune avec Tom (lien de sa chronique en bas). Une lecture commune très enrichissante car nos deux avis sont très opposés, même si au fond ils se rejoignent sur certains point. Il a été déçue tandis que j'ai bien aimé l'histoire, même si je l'avoue je ne lui ai rien trouvé d'extraordinaire.

Nous faisons la rencontre de Diane, une jeune femme à qui la vie n'a fait aucun cadeau, qui doit à présent vivre sans son mari et sa fille à ses côtés. Diane est détruite mais une once d'espoir existe en elle, on y croit, et cela rend ce personnage très attachant, assez bien approfondi. Son meilleur ami Félix est un garçon qui nous charme assez facilement. Quand Diane décide de partir en Irlande nous nous doutons que sa vie va prendre un nouveau tournant. Surtout lorsqu'elle y fait la rencontre de ses propriétaires, ainsi que celle de son voisin...

C'est un roman touchant. Le thème du deuil est abordé dès les premières pages, ce qui m'a valu des larmes de tristesse pour Diane, pour Colin son mari et pour Clara sa fille. Mais c'est aussi ce qui m'a déçue. Je m'attendais à ce que Colin et Clara soient toujours présents dans l'histoire car ils sont justement la cause de malheur de Diane, elle y pense chaque jour, chaque heure, chaque minute. Mais à un moment donné du roman, Colin et Clara deviennent inexistants pendant une période assez longue, nous ne voyons plus une seule fois leurs prénoms dans le récit, Diane n'y pense plus comme s'ils n'étaient plus au centre de cette histoire. J'ai été déçue par ce détail assez important car cela me paraissait beaucoup trop surréaliste que, après avoir passé un an enfermée à penser à eux jour et nuit, tout à coup elle soit capable de les rayer de sa tête pour une semaine. Ils sont passés au second plan et c'est ce qui m'a dérangée. Ainsi qu'une autre situation un peu de trop vers la fin de l'histoire, mais bon ce sont les choix de l'auteur et sans ça l'histoire serait un peu différente or j'ai beaucoup apprécié le dénouement final.

Bien sûr s'ils n'étaient plus aussi importants dans l'histoire, c'est parce que Diane rencontrait des gens, essayait de se reconstruire. Donc ma déception était atténuée car l'histoire de la jeune femme me touchait toujours, elle essayait de redécouvrir l'amour. La plume de l'auteur est très simple, mais assez belle pour m'avoir fait pleurer et assez fluide pour avoir rendu ce roman très difficile à lâcher. J'ai ressenti des émotions à travers les mots de l'auteur et c'est pour moi le talent qu'on attend d'un écrivain, alors même si c'était un style assez simple, je n'avais pas besoin de plus et j'ai été charmée.

Je n'ai pas trouvé ce roman extraordinaire, mais j'ai tout de même beaucoup aimé suivre l'histoire de Diane, son retour à la vie avant que la mort ne la rattrape, ses découvertes, ainsi qu'une fin qui nous attriste mais qui nous fait sourire en même temps. L'auteur sait bien retranscrire les émotions avec un style assez simple, et même si certains détails m'ont déçue l'histoire dans son ensemble était très belle, très agréable à lire, et je suis ravie d'avoir pu découvrir cette auteur et sa plume.

Une très belle histoire.


> chronique de Tom <