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15 juin 2015

Half Bad 2 - Sally Green.

« Les gens vraiment bons le restent dans l'adversité. Pas uniquement quand ça leur est facile. »

 
Auteur : Sally Green.
Éditions : Milan.
Genre : Fantastique, Jeunesse.
Année de sortie : 2015.
Nombre de pages : 406.


Synopsis : « Fuir, toujours fuir. Nathan n'a pas le choix. Les sorciers blancs le pourchassent ; les sorciers noirs le haïssent ; la fille qu'il aime l'a peut-être trahi. Sans compter que le Don reçu de son père fait de lui une créature indomptable et sanguinaire. La guerre des sorciers s'engage. Nathan doit choisir son camp. Mais de tous ses ennemis, le plus redoutable pourrait bien être lui-même.


Mon avis :
J'avais beaucoup aimé le premier tome - bien que tout ce qui touche au fantastique, ce n'est pas mon fort - mais j'avais vraiment apprécié ce monde de sorcier qui ne sort pas tellement du nôtre avec seulement la magie en plus. Je remercie donc les éditions Milan pour ce partenariat qui m'a permis de découvrir la suite de cette histoire noire et mystérieuse (en plus, la version collector avec sa tranche totalement rouge, c'est super beau).

On retrouve Nathan notre sorcier mi-noir mi-blanc, au caractère mi-attentionné mi-haineux. Un personnage bien lunatique qu'on ne peut que comprendre : il a vécu longtemps enfermé entre quatre murs de barreaux, un vécu qu'il est difficile d'oublier. Nathan est un personnage très approfondi, nous avons connaissance de chacun de ses sentiments, jusqu'aux plus extrêmes et dérangeants. L'auteur exploite bien les personnages principaux, ce qui fait qu'on s'attache aisément à eux, avec toujours la crainte de les voir tomber sous un coup de feu ou de poignard. Gabriel, le meilleur ami de Nathan, est un personnage que j'affectionne particulièrement et qui m'a beaucoup touchée, j'espère qu'il en sera de même pour vous quand vous lirez cette histoire.

Le début est un peu lent, c'est vrai, et il faut attendre un petit moment avant que l'action démarre enfin. C'est ce que je peux reprocher au livre, cette attente de départ ; un reproche très rapidement effacé car la seconde partie du roman est tout simplement explosive, avec du suspens et des retournements de situation à n'en plus finir. C'est ce que j'ai adoré, de vivre cette histoire avec eux. J'avais l'impression d'être présente, de me baisser pour de pas me faire toucher, de courir pour fuir. Un second tome riche en combats et en stratégies – qui dégénèrent parfois, évidemment. Les quelques moments lents furent donc oubliés grâce à tous les moments passionnants. Je peux dire que cette saga a vraiment quelque chose d'unique, car nous avons un héros loin de la perfection, même très loin du héros idéal de notre esprit, mais un héros quand même, qui souhaite défendre la bonne cause. Même les personnages les plus détestables réussissent à nous toucher car ils ne font pas tous certains actes par envie, mais par devoir.

La plume de l'auteur, très descriptive – ce qui explique les quelques moments lents au début du roman – n'hésite pas à montrer ce qu'il se passe, dans les moindres détails. Un style plus que réaliste qui ne nous épargne pas les éléments les plus sanglants, ce qui nous fait donc imaginer l'horreur de certaines scènes et qui renforce d'autant plus l'impression de faire partie intégrante du livre, un élément que j'adore ressentir quand je lis une nouvelle histoire. Ce qui fait que ce livre est une lecture que j'ai vraiment appréciée. Par contre, la fin m'a vraiment laissée bouche bée, et j'ai eu cette petite frustration de savoir qu'il va falloir attendre presque un an avant de pouvoir découvrir la suite et fin de cette trilogie.

Ce livre n'est pas sans défaut car sa première partie m'a fait appréhender cette lecture. Mais une fois les 100 premières pages passées, c'est tout l'inverse, on ne veut plus sortir de l'histoire. Le suspens est très présent, l'action de même ainsi que les détails sanglants. Le tout forme un roman de sorcellerie vraiment intéressant avec une grande part de mystère tout au long de l'histoire.

Un second tome aussi passionnant que le premier.

12 septembre 2014

Half Bad - Sally Green.

« Dehors, c'est le silence, mais dans ma tête, c'est le chaos. »

Auteur : Sally Green.
Éditions : Milan.
Genre : Fantastique.
Date de sortie : 24 septembre 2014.
Nombre de pages : 382.

Synopsis :
« Tu ne sais ni lire ni écrire, mais tu guéris vite, pour un sorcier. Tu ne supportes pas de rester enfermé une fois la nuit tombée. Tu détestes les sorciers blancs, mais tu aimes Annalise. Tu es enfermé dans une cage depuis tes quatorze ans. Maintenant, tu n'as pas le choix : tu dois fuir et retrouver Mercury, la sorcière noire qui dévore les petits garçons. Et tout ça avant ton dix-septième anniversaire. Facile... »

Merci aux éditions Milan et à la Collection Macadam (même si ce roman n'en fait pas parti) pour ce partenariat !


Mon avis :
J'étais très heureuse et impatiente de me plonger dans ce livre qui est mon deuxième partenariat avec les éditions Milan. Mais comme le roman ne sort que le 24 septembre, je l'ai laissé traîner un peu dans ma PAL pour vous en parler juste avant sa sortie. Le temps est passé et voilà que la date approche, alors je me suis décidée à le lire. Et j'ai été conquise par l'histoire, par les personnages, par la plume de l'auteur et par ses mots, ses phrases, qui ont su m'envoûter et me révolter.

Le résumé que je vous ai mis ci-dessus est celui présent en quatrième de couverture. Je ne vous ai pas mis le plus explicite tout simplement parce qu'en commençant l'histoire, moi, je n'avais lu que celui-ci, et ça me suffisait. J'ai donc plongé dans l'histoire, et ai été très étonnée par le commencement, le style, au point que j'en étais un peu... perturbée. Désorientée. Un récit en « tu », ce n'est pas tous les jours qu'on en croise. Et quand j'ai commencé à vous en parler dans mes vidéos beaucoup se sont dit que ce livre serait trop spécial pour eux. Loin de là ! Dès qu'on passe les premières pages (une cinquantaine) on retrouve une histoire à la première personne, ce qui va donc être plus agréable à la lecture (bien que le style précédent ne me déplaisait pas le moins du monde). On va dont faire la connaissance de Nathan, tout d'abord d'un point de vue qui nous paraît extérieur, comme si une personne nous expliquait chacun de ses faits et gestes, voir ses pensées. Il est enfermé dans une cage, il doit obéir à des ordres, il est contrôlé. Puis on va ensuite découvrir son passé. Sa famille, les rencontres qu'il va faire, son père inconnu mais connu de tous. Des personnages très attirants...

La construction de l'histoire est très intéressante, on arrive dans le présent, le moment actuel, quand Nathan est enfermé, et on comprend par la suite pourquoi il se trouve là. C'est ce qui nous fait immédiatement comprendre que c'est le premier tome d'une série : l'auteur pose les bases, nous explique l'histoire, prend le temps de détailler son passé. Et j'ai trouvé ça agréable dans le sens où son style est prenant, son écriture nous passionne, elle réussit à nous transmettre les pensées de Nathan, sa douleur, sa joie, ses sentiments... Il y a même un moment où j'étais si horrifiée de la situation que je ne regardais la page que d'un œil, comme si ça pouvait diminuer l'horreur de la scène (mais ça n'a pas marché, malheureusement).

C'est un sujet très intéressant, des sorciers blancs, des sorciers noirs, donc des gentils et des méchants si je puis dire. Mais quand on lit cette histoire, on découvre chez les sorciers blancs une haine dissimulée, et chez les noirs un cœur que l'on croyait inexistant. On se rend donc bien compte que ce que Nathan subit n'a rien d'agréable, de gentil, se faire battre, mutiler, enfermer, ce n'est pas humain de faire ça à quelqu'un. Ce n'est pas une vie de le vivre. Et c'est ce qui m'a plu, ce roman m'a beaucoup fait réfléchir à la situation, au bien et au mal, parce qu'il est différent selon le contexte.

Ma chronique est totalement brouillon, en fait, j'ai l'impression de ne pas bien vous expliquer pourquoi et à quel point j'ai aimé ce livre. La plume de l'auteur y est pour beaucoup, c'est évident, et elle sait mettre un suspens qui est juste insoutenable. Impossible de finir un chapitre sans jeter un coup d’œil à la première phrase du suivant (donc difficile de se raisonner et d'abandonner le livre pour reprendre la lecture plus tard). Ce roman est donc très addictif, et il a un côté sombre qui nous terrifie, mais aussi une histoire qui nous passionne, et qui nous donne envie que d'une chose : avoir la suite. (déjà que le premier tome n'est pas encore sorti, il va falloir que je calme mon impatience !)

Désolée pour cette chronique qui est un peu en désordre mais ce livre m'a retourné et mon manque de rangement montre bien mon ressenti, j'en ressors un peu perturbée. Parce que cette histoire est prenante, passionnante, et j'ai adoré découvrir ce monde de sorciers, les personnages sont très intéressants, le récit est envoûtant, parfois horrifiant, et c'est donc de tout ça qu'est composé ce roman : de torture, d'amour, de terreur, de joie, de tristesse, de peur.

Un roman mystérieux et passionnant.

6 septembre 2014

Witch Song - Amber Argyle.

« Cette vie n'est pas faite pour être vécue sans chagrin. »

Auteur : Amber Argyle.
Éditions : Lumen.
Genre : Fantasy, Jeunesse.
Année de sortie : 2014.
Nombre de pages : 458.

Synopsis :
« Dans les profondeurs de la forêt, à l'abri de la haine des habitants du village voisin, Brusenna mène une existence paisible aux côtés de sa mère. Elle sait simplement qu'elle est une sorcière, une des gardienne de la nature qui contrôlent les éléments par leur force de leur chant. Quand, un matin, sa mère l'abandonne pour aller combattre un ennemi dont elle ignore tout, le monde de Brusenna bascule. Jeune et sans expérience, elle se retrouve seule dans un pays ravagé par la sécheresse, où se lève le vent de la guerre. Les chasseurs ne tardent pas à la débusquer, car elle est désormais la dernière. La dernière des sorcières. Avec une seule mission : survivre. Et un seul allié, le Protecteur chargé de l'amener à bon port. La dernière des sorcières parviendra-t-elle à empêcher leur chant de s'éteindre ? Sous la plume ensorcelante d'Amber Argyle, suivez Brusenna sur les routes d'un monde menacé, dans une quête où ses choix peuvent sauver ou condamner les Hommes ! »


Mon avis :
Je remercie énormément les éditions Lumen pour cet envoi et pour ce second livre en partenariat. Je n'ai pas pu le lire avant sa sortie officielle mais je ne voulais pas tarder, alors j'ai fini par me plonger dans ce monde enchanté. Avec toutes les chroniques positives, je m'attendais à apprécier pleinement l'histoire. Mais il est vrai que n'étant pas fan de Fantasy comme certains, mon avis n'est pas aussi enthousiaste que la moyenne, et bien que ce roman fut une bonne lecture en général, il y a plusieurs détails que j'aurais bien modifiés.

On entre dans l'histoire en compagnie de Brusenna, une jeune sorcière qui mène une vie ordinaire si on oublie le fait qu'elle puisse jeter des sorts. L'histoire prend rapidement une toute autre tournure, Brusenna se retrouve embarquée dans une folle aventure, sa mère l'abandonne sans le vouloir et elle va devoir se débrouiller seule pour libérer les dernières sorcières prisonnières de l'horrible Espen. Durant son périple elle fera la rencontre de Joshen qui souhaite l'aider à atteindre son but. C'est un personnage que j'ai adoré, bienveillant, tendre, il est vraiment la meilleure personne qu'elle aurait pu rencontrer. Quand à elle c'est une jeune fille têtue qui à bien des reprises m'a agacée, mais on s'attache tout de même à ce personnage, Brusenna se sent seule et on ne peut que la trouver touchante. Tous les personnages de l'histoire sont intéressants, réalistes (bon, hormis les étranges créatures, mais c'est un roman de fantasy évidemment) et l'histoire va devenir une aventure extraordinaire.

Mais tout va trop vite. S'il y a bien une chose que je peux reprocher à ce livre et qui le rend peu réaliste (pas au niveau de la magie, évidemment, mais au niveau de l'histoire en elle-même), c'est le temps. Je crois qu'entre le début et la fin du roman il y a au moins deux ans qui passent, et c'est trop, personnellement ça me paraissait impossible, tout allait trop rapidement et ça m'a parfois ennuyée car je me sentais trop... à part si je puis dire. Heureusement que l'ennui n'était pas souvent au rendez-vous, évidemment, et le suspens restait à son comble en permanence, ce qui est un avantage car j'avais hâte de continuer pour savoir ce qu'il allait ensuite arriver à nos protagonistes.

On arrive justement au deuxième détail qui m'a dérangé dans l'histoire, c'est qu'à force d'avancer trop vite dans le temps, j'étais un peu perdue, et le fait que les personnages se retrouvent sans cesse dans des situations complexes était une nouvelle fois surréaliste à mes yeux. Autant parfois j'adorais ça, les moments où Brusenna nous montre sa magie, les attaques, les batailles, mais parfois c'est trop. Pour moi ce roman est trop long, il aurait fait 100 pages de moins, ce qui aurait enlevé certaines péripéties, je l'aurais certainement adoré, mais là j'ai fini par me lasser.

Mais comme la plume de l'auteur, elle, reste très agréable, je n'étais pas non plus mécontente de me replonger dans l'histoire dès que j'avais l'occasion. Le style est simple, les idées et pensées des personnages sont intéressantes, les situations dans lesquelles ils se trouvent nous font beaucoup réfléchir ; Amber Argyle est une bonne écrivaine, avec une imagination très plaisante couchée sur papier, donc ce n'est pas de sa faute si je n'ai pas tout aimé, mais certainement à cause du fait que la fantasy n'est vraiment pas mon genre préféré.

C'est donc un roman dont je ressors mitigée. Autant le livre-objet est splendide et rien que pour ça je vous conseille d'acheter le livre, surtout que l'histoire reste agréable, les idées passionnantes le plus souvent, alors si vous aimez la fantasy je vous le recommande énormément ! Pour ceux qui, comme moi, ne sont pas fan de ce genre, je dirais que c'est comme bon vous semble. L'imagination de l'auteur vous plaira forcément, après pour ma part c'est la longueur qui a fini par me lasser.

Un avis mitigé mais une lecture qui reste bonne.

18 décembre 2013

La Petite Hannah. (concours Gallimard)

De nouveau je vous fais un article (deux dans la même journée c'est miraculeux, en ce moment il n'y en a même pas un dans la semaine !) pour vous faire lire un de mes textes. En fait c'était un texte destiné au concours Gallimard (que je n'ai pas gagné, mais je dis un grand bravo aux vainqueurs !) où le thème était de reprendre un conte, une réécriture. C'était en s'inspirant de la manière de Victor Dixen, comme il l'a fait pour son livre Animale. (http://victordixen.com/journal/) Donc je vous présente le mien, maintenant que le concours est terminé, en attendant vos avis (positifs ou négatifs, bien entendu, le plus important pour moi c'est qu'ils soient surtout constructifs !) en vous remerciant d'avance !

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La petite Hannah.

Il était une fois, dans une petite ville de France, très réputée pour sa tranquillité, une jeune fille nommée Hannah. Âgée de 16 ans et quelques mois, c'était une fille calme, sans problème particulier, travailleuse, sérieuse en cours, ne ramenant que d'excellentes notes à la maison. Elle avait tout pour elle, tout pour être heureuse. Il ne lui manquait qu'une chose : de l'affection, de l'amour, de la part de celui qu'elle aimait.
Mathéo était le garçon idéal à ses yeux, il avait tout de l'homme parfait à son goût. Il était brun, plus grand qu'elle, elle fondait d'amour et de désespoir quand il souriait et elle riait dès qu'il plaisantait. Mais cet adolescent n'avait pas les mêmes fréquentations que la demoiselle, il ne s'intéressait pas aux filles comme elle, qui étaient timides, plutôt renfermées, trop introverties. Alors Hannah pleurait dans ses draps quand elle rentrait le soir, faisait baigner son oreiller de ses larmes de tristesse, de douleur, de haine envers toutes celles qui le touchaient, l'approchaient, l'embrassaient.
Un mercredi après-midi, elle décida d'aller rendre visite à sa grande tante, toujours prête à lui donner quelques conseils ou quelques objets qu'elle surnommait « maléfiques » ou « enchanteurs » pour la rassurer. Hannah ne croyait pas à cette sorte de magie, mais elle faisait semblant, pour ne jamais vexer sa tante, maintenant âgée.
Elle entra dans sa demeure sombre et fraîche, et fit sonner la clochette suspendue au plafond. Tante Elena vint à sa rencontre et la mena à son salon, une pièce remplie de dreamcatcher et d'autres grigris en tout genres. La vieille femme commença à parler rapidement, comme des murmures destinés à une personne inexistante, et si Hannah n'avait pas été dans la pièce elle aurait certainement parlé quand même.
- Oui il ne te remarque pas, oui, il ne me regardait pas non plus. Oui il ne fait pas attention à toi, parce qu'il ne connaît pas ta beauté, il ne connaît pas ta gentillesse, il ne connaît rien de toi..
Hannah ne dit rien, restant indifférente aux commentaires de sa tante qui, au fond, la touchaient et la blessaient un peu.
- Tiens, prends ça, mais fais bien attention, une fois que tu te la seras étalée sur le visage et sur la peau, les gens ne te verront plus de la même manière, tu perdras toutes les personnes que tu aimais, elles ne te connaîtront plus. Tu auras une nouvelle vie, et dans cette nouvelle vie, il n'aura d'yeux que pour toi, ma jolie..
Elena lui tendit un tube de crème aux reflets bleutés. L'adolescente le prit, perplexe, et sa tante la poussa hors de la maison avec hâte, comme s'il y avait un événement à cette heure précise.
Hannah marcha jusqu'à chez elle, pensive. Elle pensait à ses deux meilleurs amis, Thomas et Tina. Elle imaginait sa vie sans eux, sans leur amitié, leur attention, leurs blagues, leurs rires, leurs sourires. Des larmes coulèrent le long de ses joues, et elle rentra à sa maison en courant, se ruant dans sa chambre dès son arrivée. Elle ouvrit la crème, n'y croyant pas tellement, se refusant de penser que tout cela pouvait être vrai, et elle se l'étala sur le visage et sur le corps. Elle attendit, se regardant dans un miroir. Ses lèvres prirent une jolie forme, son nez s'affina, ses yeux devinrent bleus, ses cheveux brillèrent comme jamais et son visage n'était plus que beauté et douceur. Elle fut éblouie par sa propre apparence, ravie de tout son physique dans sa totalité. En descendant les escaliers, elle ouvrit la porte de la cuisine avec hâte pour montrer à sa mère le miracle de Tante Elena. Madame Floron poussa un petit cri de surprise. Hannah, toute heureuse, s'écria :
- C'est fou comme changement, n'est-ce pas ?
La mère de cette dernière fit une grimace, et murmura :
- Puis-je savoir ce que vous faites dans ma maison, mademoiselle ?
Hannah fut prise d'une pensée horrible. Si tous les gens qu'elle aimait ne la connaissaient plus, cela incluait donc ses parents, ainsi que son frère ? Elle sortit de la salle, tremblante, et ouvrit la porte d'entrée en chuchotant quelques excuses à son ancienne mère, qui à présent n'était plus rien pour elle. Ou du moins qui le pensait.
La jeune enfant passa la nuit près d'un étang, allongée dans un coin d'herbe douce, insensible à la situation, essayant de se vider de ses pensées de tristesse en pensant au lendemain. Elle s'endormit enfin, et se réveilla quelques heures plus tard, aussi jolie et parfaite que la veille. En arrivant au lycée, comme l'avait prédit sa tante, Mathéo ne vit qu'elle, tout comme le lycée entier. Des rumeurs circulaient déjà sur « la nouvelle qui avaient des airs d'une jeune fille du lycée qui avait disparu ». Les gens disaient que c'était sa sœur, ou sa cousine. Les gens inventaient des ragots, y croyaient, et ça leur suffisait. Elle, la mystérieuse, la beauté divine, la déesse de la perfection, elle avait réussi à attirer le regard de Mathéo sur son visage, sur son corps aux courbes si bien dessinées. Tout avait fonctionné à merveille. Le jeune homme s'approcha, frôla ses mains des siennes, qui dégageaient une chaleur agréable pour Hannah, et l'invita à se joindre à une soirée qui avait lieu le soir même. Elle accepta, il lui sourit, elle fondait de bonheur et d'amour dans son cœur, mais tentait de rester impassible d'extérieur, et ça avait l'air d'être le cas.
Le soir arriva, elle se rendit à l'adresse indiquée, retrouva son bien-aimé, et il l'embrassa fougueusement devant la foule. Elle était tout de même déçue, imaginant son premier baiser dans un endroit tranquille, où ils auraient été seuls, bercés pas le chant des cigales, par la lumière les lucioles, éclairés par la lune et les étoiles. Mais il l'avait embrassé, et c'était tout ce qui comptait, en tout cas elle s'en persuadait pour éliminer toute déception probable. Lui aussi avait l'air aux anges. Mais voyait-il en elle ce qu'elle voulait qu'il voit ? Elle se persuadait aussi sur ce point là. Elle croisa Tina, qui ne la reconnut bien évidemment pas. Elle rêvait de lui raconter ce qui lui était arrivé, mais elle la prendrait pour une folle, c'était certain. Elle fut surtout étonnée quand cette dernière se rua dans les bras de Thomas, son meilleur ami, et quand elle déposa un baiser sur ses lèvres. Comme un poignard invisible et fin se planta dans son cœur à cet instant. Plus la soirée avançait, et plus Hannah se sentait seule. Elle n'avait plus d'amis pour raconter son aventure, elle n'avait plus sa mère pour lui dire qu'elle avait un copain, plus son frère à qui demander des conseils. Elle n'avait plus rien, à part celui qu'elle aimait. Mais était-ce suffisant ? Il lui dit des mots doux jusqu'à pas d'heure, lui confia qu'il l'aimait comme jamais, qu'il ferait tout pour elle. Comment pouvait-il l'aimer autant en un soir, alors qu'elle-même l'aimait depuis des années ? Trop de questions se bousculaient en elle, elle se sentait oppressée dans ses bras, elle voulait tout quitter, tout arrêter, elle regrettait, elle se rendait enfin compte de la bêtise qu'elle avait fait. Mathéo ne vit pas son changement d'état, si bien que quand elle se leva brusquement et s'en alla, il fut sous le choc, et n'eut pas le réflexe de la rattraper. Elle courut jusqu'à la maison de sa tante. Essoufflée, elle entra sans faire tinter la cloche, et sa très chère Tante Elena l’accueillit avec un couteau à la main.
- Qui êtes-vous pour oser me déranger durant la préparation d'un de mes breuvages ?
Elle avait le visage crispé, et Hannah lui répondit en essayant de garder son calme.
- Tante Elena, je.. Je regrette tout, regardez, c'est moi, Hannah, la petite Hannah, celle que vous aimiez tant quand elle était petite, je regrette, comme je regrette ! Vous n'auriez jamais du me donner cette crème, vous n'auriez pas du, j'ai tout perdu.. Il y a forcément un remède qui inverse le sort, n'est-ce pas ?
La vieille femme la scruta longuement, intriguée, sans réaction apparente, puis répondit en faisant demi-tour pour retourner à sa salle de potions.
- Bon, écoutez, ma petite Hannah, je ne vois pas qui vous êtes, mais à vous écouter vous avez l'air d'avoir voulu effacer un défaut de votre personne. Mais vous avez tout effacé. Et la mémoire des gens, quand on y supprime tout, la récupération des souvenirs est impossible. Votre sort est irréversible, mademoiselle. Maintenant je vous prie de vous en aller, s'il vous plaît. J'ai du travail qui m'attend.
Hannah resta de marbre face à l'attitude de sa tante, puis elle laissa quelques larmes s'échapper de ses yeux. Elle sortit sans un mot, marcha longuement jusqu'à l'étang où elle avait passé la nuit, et s'allongea de nouveau dans l'herbe, qui lui chatouillait ses pieds déchaussés. Elle pleura jusqu'à ce que le jour se lève. Elle pensait à Mathéo, à ce que lui devait penser d'elle à présent. Elle se souvint de Thomas et Tina, les larmes se multiplièrent quand elle se dit qu'ils ne seraient pas touchés s'il lui arrivait malheur. Quand le soleil se leva, ses yeux se fermèrent enfin, gênés par la luminosité, et elle somnola jusqu'aux jacassements des oiseaux qui passaient par là.
Elle se leva, la tête vidée de toutes les pensées qu'elle venait d'avoir. Elle se promena le long de la rivière pour arriver au pont qui permettait de traverser le lac. Elle l'escalada, fixa l'eau immobile en s'imaginant les remous qu'elle allait provoquer. Et elle sauta.

27 juin 2013

Sortilège - Alex Flinn.

« Ceux qui sont incapables de discerner ce qui compte réellement dans l'existence ne seront jamais heureux.  »
« Après tout, ceux à qui nous ne manquons pas ne devraient pas nous manquer, n'est-ce pas ? »

Auteur : Alex Flinn.
Éditions : Hachette. (Blackmoon)
Genre : Fantastique.
Année de sortie : 2009.
Nombre de pages : 332.

4ème de couverture : « Je suis un monstre. Pourtant, autrefois, j'étais le type parfait : grand, beau, riche et... atrocement méchant. Je n'aimais que moi et c'est pour cela qu'un sort m'a été jeté. Je suis devenu une bête difforme, velue, monstrueuse. Il me reste deux ans pour être aimé d'une jeune fille, sinon... Ceci n'est pas un conte de fées. Mon histoire prend place aujourd'hui, en plein coeur de New York. J'espère que quelqu'un va venir à mon secours. L'amour saura-t-il me trouver... et me sauver ? »

Mon avis : Un « La Belle et la Bête » des temps moderne auquel j'ai bien accroché. Kyle fait parti des populaires de son lycée, il a n'importe quelle fille à ses pieds, il est favorisé par les profs grâce à l'argent de son père, ce dernier travaillant au JT et donc étant connu de tous. Il se sert des gens, jusqu'au jour où il va rencontrer Kendra, jour où sa vie va prendre un nouveau tournant. Kyle va découvrir en fait qu'il ne peut finalement compter sur personne. Après avoir reçu le mauvais sort de la sorcière et être devenu un monstre, il a deux ans pour rencontrer une fille qu'il aime et réciproquement. Le roman commence d'une manière étrange, car on assiste à un échange entre différentes victimes de sortilèges sur un forum. Kyle est très représentatif de notre société actuelle, où l'apparence et le physique sont les deux critères principaux, ceux que les gens voient, et ce qui permet de nous juger dès le premier regard. Sauf qu'on en oublie le principal, l'intérieur. Les désignées « moches » sont seuls au lycée, Kyle fait parti de ceux qui s'en moquent, qui les rabaissent. Mais son sortilège va le changer. Physiquement, et mentalement. Parce qu'une fois monstre, il n'a plus d'amis. Une fois monstre il n'a plus personne autour de lui, afin de l'aider. J'ai beaucoup aimé le personnage de Will, le professeur aveugle, car il va voir comme personne l'évolution au sein du cœur de Kyle, et lui ne peut se permettre de juger sur l'apparence car il ne voit pas. Kyle est un personnage pour qui j'ai peu d'affection car au début je ne pouvais le supporter. Mais il change, heureusement. Au point de trouver la fille ?
Oui c'est un conte revisité, moderne, bien romancé, et on a tendance à connaître la fin dès le début de notre lecture, mais c'est une histoire qui se lit facilement, un style agréable. Un bon livre de détente.

Ma note :

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C'était une lecture commune avec Laura du Blog A L'encre de Plume, et c'était génial de la partager avec elle !

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