« Contrôle
d'identité s'il vous plaît. Veuillez sortir les étoiles de vos
poches, de vos cheveux, de vos yeux. Tout ce qui brille, vous le
déposez dans le sac en plastique : vos sourires, vos souvenirs,
vous n'en aurez plus besoin là où vous allez maintenant. »
Auteur :
Mathias Malzieu.
Éditions :
J'ai lu.
Genre :
Conte.
Année
de sortie : 2005.
Nombre
de pages : 151.
Synopsis :
« "Comment on va faire maintenant qu'il fait tout le temps nuit
sur toi ? Qu'est-ce que ça veut dire la vie sans toi ? Qu'est-ce qui
se passe pour toi là ? Du rien ? Du vide ? De la nuit, des choses de
ciel, du réconfort ?" Mathias, une trentaine d'années mais une
âme d'enfant, vient de perdre sa mère. Sans le géant qu'il
rencontre sur le parking de l'hôpital, que serait-il devenu ? Giant
Jack, 4,50 m, "docteur en ombrologie", soigne les gens
atteints de deuil. Il donne à son protégé une ombre, des livres,
la capacité de vivre encore et rêver malgré la douleur... Il le
fera grandir. »
Mon
avis :
C'est
un roman que l'on ne souhaite pas forcément lire dans certaines
périodes de la vie. Mais une histoire qui me tenait à cœur. Alors
avec Claudia (Lecturedelivres) nous avons décidé d'en faire une
lecture commune, car elle voulait le sortir de sa bibliothèque. J'ai
été ravie de la faire avec elle car nous nous sommes donné nos
avis au fur et à mesure, avançant au même rythme, ce qui nous
servait aussi de motivation car c'est une lecture qui est, je vous le
dis tout de suite, assez spéciale, avec ses nombreuses qualités
mais aussi ses quelques défauts.
L'histoire
commence avec tristesse, avec un événement bouleversant, la mort de
sa mère. Mathias se sent seul, vide, et il trouve ça bien trop dur
à porter. Il décrit de manière poétique
tout ce qu'il ressent à ce moment là, ses mots ont cette
magie de toujours envoûter
le lecteur, et durant les premières pages il parvient à le faire,
bien que, je l'avoue, je n'ai pas ressenti énormément d'émotions –
un style magnifique mais peut-être trop
poétique justement. Puis il rencontre Jack. Et là je
pense que pour les lecteurs, ça passe ou ça casse.
Avec
Claudia nous avons été d'accord à ce propos, Mathias Malzieu a un
trop plein de détails dans ce roman.
C'est comme un conte, c'est fantastique, mais quand Jack le géant
guérisseur expliquait certaines choses, je
m'y perdais, et par sa faute les pages suivantes étaient
un peu survolées plutôt que véritablement lues car je perdais de
ma concentration. Par contre l'histoire des
ombres est vraiment intéressante, j'ai trouvé qu'il
avait eu de très bonnes idées (j'avoue que ce livre m'a fait pensé
à L'écume des jours de Boris Vian par son côté un peu...
farfelu).
On a donc
plusieurs éléments importants dans l'histoire, et tout tourne
autour du deuil évidemment. L'histoire
manquait d'émotions à mes yeux, je m'attendais à
ressentir davantage de choses et ce détail m'a déçu. Je le disais
tout à l'heure, j'ai aussi été un peu perdue parfois. L'histoire
de Giant Jack est intéressant car ce personnage devient attachant
avec le temps, j'ai beaucoup aimé sa
philosophie de vie, et ce côté guérisseur de deuil
était un métier très bien trouvé, mais son exploitation a été
faite de manière spéciale.
C'est
certain, Mathias Malzieu a un style très
poétique. Mais il a aussi un style étrange qui ne doit
pas plaire à tout le monde, je pense. J'aime son style, j'aime
ses propres citations qui sont juste splendides, mais avec
ce roman j'ai eu du mal dans le côté spécial de ses idées. Après
c'est un conte un peu biographique tout de même donc je ne juge pas
sa manière de voir le deuil dans son roman, surtout que j'ai
adoré la fin, je l'ai trouvé très
touchante, très belle, et les derniers mots ont su
m'émouvoir, heureusement car si ça avait continué comme au début
j'aurais eu du mal.
C'est
donc une bonne lecture malgré ses quelques défauts, un style unique
(vraiment unique, Claudia l'approuvera) mais pas toujours dans le bon
sens du terme car certaines personnes peuvent avoir du mal, pour ma
part j'aime beaucoup. Je vous le conseille tout de même pour sa
petite taille, sa poésie et son histoire qui est vraiment bien
recherchée (parfois trop).
Une
lecture agréable avec ses défauts.
>
Retrouvez la chronique (vidéo) de Claudia en cliquant ici <
lien
à venir.
PAL d'été : 3/11.













