21 novembre 2015

Je t'ai rêvé - Francesca Zappia.

« Si rien n'est réel, alors quelle importance ? C'est ici que tu vis. Ça ne suffit pas à rendre tout ça suffisamment réel ? »

Auteur : Francesca Zappia.
Éditions : Robert Laffont.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie 2015.
Nombre de pages : 442.

Synopsis :
« La folie est son quotidien, rien ne la préparait à être « normale ».
- On joue au jeu des vingt questions ?
- OK , mais c'est moi qui les pose cette fois.
- Ça marche.
- Si je devine en moins de cinq questions, je serai vraiment déçue.
Il esquisse un sourire et répond :
- Ne m'insulte pas.
- Est-ce que tu es vivant ?
- Oui.
- Tu habites ici ?
- Oui.
- Je te connais ?
- Oui.
- Est-ce que je t'ai rêvé ? »


Mon avis :
La première chose qui m'a donné envie de lire ce roman ? Sa couverture, je l'avoue, je plaide coupable, mais ne me dîtes pas que vous ne la trouvez pas sublime ! Tellement mystérieuse, énigmatique, on ne peut que se demander ce qu'elle peut bien renfermer. Et on a espoir que ce soit aussi merveilleux dedans que dehors. Puis la deuxième chose qui m'a donné envie de plonger dans cette histoire, c'est le sujet de la maladie, la schizophrénie, qui m'intéresse beaucoup. Merci à la Collection R pour cette magnifique réception.

Alex pourrait être une adolescente comme les autres, mais sa maladie l'en empêche. Alex est schizophrène, et même si elle aimerait se faire des amis, rencontrer des gens, ses hallucinations peuvent dresser un réel obstacle aux relations. Elle arrive dans un nouveau lycée pour sa dernière année et elle ne souhaite qu'une chose : ne pas se faire remarquer, paraître totalement normale et terminer son année sans trop de péripéties. Ses parents et sa sœur, Charlie, ont l'air de la soutenir et de l'aider à aller mieux chaque jour. Alex se fond dans la masse jusqu'à croiser Miles, ce garçon qu'elle pensait être une hallucination qui remontait à il y a plus de 10 ans. L'avait-elle rêvé ? Était-il bel et bien réel, devant elle ? Alex est une fille attachante qui, malgré ses problèmes, arrive à nous faire rire de son malheur. Alors oui, c'est vrai, on ne peut pas vraiment s'identifier à elle car pour cela il faut être très paranoïaque et avoir des hallucinations plutôt tordues, mais on essaie de comprendre ce qu'elle ressent, on tente, et ça nous perd totalement. J'ai adoré les deux personnages principaux, Alex et Miles. Il étaient si réalistes, si touchants, et ils nous faisaient ressentir des émotions si troublantes, si intenses. L'auteur nous a amenés à la rencontre de personnes fabuleuses, des adolescents qui restent gravés dans notre mémoire, Alex et Miles sont de ces personnages qu'on n'oublie pas, jamais.

Et pourtant, l'histoire m'a surprise. Là où on s'attend à un roman sur la maladie, on se retrouve finalement avec une romance. Bon, j'avoue que j'adore ça, donc j'étais loin d'être déçue, juste un peu frustrée que ce livre ne soit pas ce à quoi je m'attendais en arrivant au milieu de l'histoire. Mais je me trompais une fois encore, car j'ai avancé un peu plus dans ma lecture, et là ça a été une explosion de troubles, de retournements de situation et de mystères. Au-delà de la romance, il y a d'autres questions qui amènent du suspens à l'histoire. Ajoutons à cela le fait que lire un livre sur la schizophrénie nous rend totalement sur nos gardes, à toujours douter de ce qu'Alex voit ou non, et alors nous nous retrouvons avec un roman totalement génial, incroyable, déroutant, merveilleux, unique… unique, c'est bien le mot.

Le style de l'auteur est assez simple, elle sait mettre du suspens là où il faut (ce qui rend notre envie de reposer le livre totalement… inexistante) et surtout elle réussit à nous perdre là où l'on pense qu'on a enfin compris, qu'on est sûr de nous. Si ce livre est si extraordinaire, c'est parce qu'il nous surprend sans cesse. J'en venais à craindre la fin, de peur que toutes mes idées ne soient fausses, de peur de voir toutes mes pensées sur l'histoire réduites à néant. Francesca Zappia exerce une réelle pression psychologique sur nous, c'est presque de la torture de jouer avec notre esprit de la sorte, mais c'est surtout sacrément fort et talentueux. J'avais peur d'être légèrement déçue de la tournure de l'histoire lorsque ça a viré à la romance, mais je n'étais pas au bout de mes surprises. Je peux vous promettre que ce roman sera un véritable casse-tête à résoudre, et je vous mets au défi de me prouver le contraire.

Là où l'on peut être déçu, c'est sur le fait que ce roman ne traite pas exclusivement de la maladie d'Alex. Mais au contraire, j'ai vu cette histoire comme une magnifique romance qui peut paraître improbable mais qui a lieu d'être. L'histoire parle d'amour, d'amitié, d'école, de problèmes familiaux, mais aussi de la schizophrénie qui est une maladie très difficile à vivre, ce que nous rappelle ce si beau récit. Vous ne serez pas au bout de vos surprises en plongeant dans ce roman, et je peux vous dire qu'il est réellement troublant de lire une histoire où démêler le vrai du faux s'avère assez complexe. J'ai adoré cette histoire, j'ai adoré ce livre, j'ai adoré les personnages et j'ai adoré les idées de l'auteur. Ce livre est un sacré coup de cœur pour moi.

COUP DE CŒUR.

18 novembre 2015

Le prof, moi & les autres - Rachel McIntyre.

« J'aimerais que l'amour soit un robinet qu'il suffit de fermer quand vous n'en voulez plus. »

Auteur : Rachel McIntyre.
Éditions : Milan, collection Macadam.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie : 2015.
Nombre de pages : 247.

Synopsis : « Lara a 15 ans et sa vie est un enfer. Au lycée, elle fait office de souffre-douleur et subit sans cesse les moqueries des élèves. Chez elle le tableau familial est sombre, l’alcoolisme de son père mène ses parents droit vers la séparation. L’arrivée de Ben Jagger, le nouveau professeur de littérature, va lui redonner goût à la vie et pourrait bien tout changer... Plus qu’une histoire d’amour, une leçon de vie. »


Mon avis :
Je remercie les éditions Milan et la collection Macadam pour l'envoi de ce livre qui, à première vue, me paraissait être une histoire d'amour légère et amusante avec quelques péripéties par-ci par-là. Ce qui signifie que je m'attendais à tout sauf à ça ; un roman qui traite du harcèlement scolaire. C'est vrai que ni la couverture, ni le résumé ne nous laissent penser que cela va être un des sujets principaux, même si on sait qu'elle subit des moqueries je ne m'attendais pas à voir le tout virer sur une situation si grave.

Lara a 15 ans et elle écrit dans son journal intime la plupart de ses journées passées dans son lycée privé. Rien de très joyeux, rien de très agréable ne s'y passe pour elle, sa vie n'est pas idéale et elle fait avec du mieux qu'elle peut. Ça, c'était avant l'arrivée du nouveau prof de littérature qui va totalement changer son quotidien, ou du moins le rendre plus beau sans qu'il ne soit si différent des autres jours. Lara subit vraiment des choses atroces à l'école, et j'étais totalement incapable de me mettre à sa place car je ne comprenais pas ses réactions – et pourtant je sais que ce sont celles de nombreuses personnes qui se font harceler, et si j'étais à sa place mon attitude serait peut-être la sienne. J'étais révoltée par tant de cruauté de la part d'adolescents qui sont en âge de comprendre, certainement parce que dans mes études je n'ai jamais croisé ces cas de harcèlement, et j'ignorais même que ça pouvait être si « courant » malheureusement. Le fait que Lara ait 15/16 ans au cours de l'histoire fait que ce livre peut être lu par des plus jeunes, car bien qu'elle ne soit pas immature son style pourrait moins plaire aux plus grands (l'écriture dans un journal in time n'étant pas très poétique, évidemment, mais plutôt dans un style parlé), mais ça ne m'a pas empêchée d'apprécier ce personnage, de m'attacher à elle.

C'est une histoire si triste, et si belle à la fois. Je ne vous dirais pas précisément pourquoi, évidemment, mais ce roman aborde des thèmes de l'adolescence sans trop tomber dans le cliché, et j'ai apprécié ce petit côté unique de l'histoire. L'évocation du harcèlement à de nombreuses reprises n'est pas sans conséquences et on ne peut qu'être horrifié par tant de méchanceté, de bêtise humaine, et de tout ce qu'un jeune de même pas 18 ans peut déjà avoir de mauvais en lui. Le harcèlement est quelque chose qui est puni par la justice, et si ce livre nous fait bien passer un message, c'est celui-ci : ne restez pas sans rien dire, même si c'est beaucoup plus facile à dire qu'à faire. Ce roman est à mettre entre les mains de tous les jeunes afin qu'ils sachent quelles sont les choses qui sont normales, et quelles sont les choses qui sont anormales de subir. Ainsi que de faire subir aux autres.

Au niveau du style, comme je le soulignais ci-dessus il est jeunesse car il s'agit d'un style de journal intime, donc une écriture simple, fluide, qui reste agréable à lire mais qui n'a rien de très poétique, évidemment. Mais il faut tout de même dire qu'il s'agit d'une adolescente qui réussit souvent à nous faire rire, ce qui fait qu'en commençant ce roman je m'amusais beaucoup en le lisant et je ne m'attendais pas à un thème aussi difficile. J'ai donc été surprise par la gravité de la suite de l'histoire, mais cela m'a permis de découvrir des détails sur le harcèlement qui m'étaient inconnus. C'est donc un sujet grave qui est évoqué, mais ce livre vous fera tout de même parfois sourire, et la morale en est d'autant plus… belle ? Mature ? Une fin surprenante, ça c'est certain, et j'étais attristée par cette clôture de l'histoire mais je comprends totalement le choix de l'auteur.

Un roman surprenant car on passe très facilement du rire aux larmes, de la joie à la cruauté, et ça rendait le harcèlement d'autant plus choquant, d'autant plus horrifiant. Ce roman fait passer de beaux messages, de belles morales, et notre personnage principal est attachant. Un livre qui dénonce une réalité depuis trop longtemps ignorée, et en ce moment c'est mis en avant et c'est très bien car il faut que les choses changent.

Une bonne lecture malgré son thème très difficile.

1 novembre 2015

Ma raison d'espérer - Rebecca Donovan.

« J'aimerais pouvoir revenir à ce temps où tout était parfait et où j'étais heureuse, prête à m'envoler. »

Auteur : Rebecca Donovan.
Éditions : Pocket Jeunesse.
Genre : Contemporain.
Année de sortie : 2015.
Nombre de pages : 599.

ATTENTION CETTE CHRONIQUE VA BIEN ÉVIDEMMENT SPOILER LE PREMIER TOME. CE LIVRE EST UN TOME 2.

Synopsis : « Emma commence doucement à réapprendre à vivre aux côtés d'Evan et de Sara. Hantée par des cauchemars terribles, elle décide de donner une seconde chance à sa mère, qui l'a abandonnée, espérant trouver un sens à sa souffrance. Mais elle doit aussi affronter le regard des autres : ceux qui s'en veulent de ne pas l'avoir soutenue, ceux qui la jugent mais aussi ceux qui, surgissant de son passé, ont encore bien des révélations à faire sur sa vie d'avant... »


Mon avis :
Ce roman, c'était LE livre que j'attendais impatiemment depuis... depuis la lecture du tome 1, cet été. Et comment vous dire ma joie quand je l'ai vu dans ma boîte aux lettres, merci aux éditions Pocket Jeunesse pour ce merveilleux envoi, je n'ai pas hésité une seule seconde et j'ai abandonné tous mes plans pour me plonger dans ce livre et le lire (oui oui, les 600 pages) en deux jours. J'en ressors émerveillée et... horrifiée. Si vous saviez tout ce que j'ai à vous dire sur cette lecture qui m'a rendue totalement dingue.

On retrouve Emma qui réapprend à vivre depuis l'horrible incident de la fin du premier tome, il suffit de lire le résumé pour savoir qu'évidemment, elle s'en sort (je m'en doutais vu que deux tomes suivaient le premier, mais bon, le suspens de cette horrible fin restait insoutenable – d'ailleurs attendez-vous à pire avec ce second tome – mais je m'égare). Mais ce n'est pas parce qu'elle a survécu que sa vie devient facile, non, il va falloir qu'elle tente d'aller mieux à l'intérieur d'elle-même. Elle va prendre des décisions assez importantes, comme partir vivre chez sa mère qu'elle n'a vu que très rarement durant son séjour en enfer, et elle va donc apprendre à vivre dans une relation qu'elle ne connaît pas encore, la relation mère-fille. Mais même une fille vivant avec sa mère ignore la relation qu'elles ont toutes les deux, Emma ne sachant pas comment s'y prendre et sa mère ramenant un garçon différent chaque semaine, on peut dire qu'elles ne vivent pas dans le cliché habituel. Emma est réservée dans ce second tome, secrète même si elle tente de s'ouvrir aux autres, ce que Evan (son petit ami) et Sara (sa meilleure amie) attendent d'elle. En parlant plus franchement, Emma m'a profondément agacée, et c'est égoïste de ma part de dire ça car elle a vécu des choses que je ne pourrais jamais comprendre, mais quand même, elle était indécise sur tout, c'était juste insupportable. Mais ça ne m'empêchait pas de l'apprécier et d'adorer le livre, évidemment, je devenais donc légèrement maso en lisant ce roman, je m'énervais volontairement, et en plus j'appréciais ça.

Ce que j'adore avec l'auteur c'est qu'elle nous propose vraiment une histoire très complète, on lit ce livre et quand on le termine, même si seuls quelques jours se sont écoulés, on a vraiment eu l'impression que les premières pages avaient été lu plusieurs mois avant. On lit vraiment la vie de quelqu'un, dans ses moindres détails, ce qui donne un roman très riche en qualités, car rien que la curiosité naturelle de l'Homme nous pousse à vouloir savoir ce qui se passe par la suite, en plus du suspens que l'auteur sait mettre aux bons endroits. La reconstruction d'Emma passe donc par de nombreux événements que je vous laisse le soin de découvrir en lisant ce second tome, mais je tiens à dire que j'avais préféré le premier tome (à peu de choses près), sûrement à cause du fait qu'on découvre l'histoire, alors que là on ne fait que poursuivre notre lecture, on ne fait qu'enrichir notre savoir sur la vie d'Emma. Mais ça ne m'a pas empêchée d'adorer ce livre, de le dévorer, de vouloir savoir la fin parce que je savais pertinemment que l'auteur serait sadique. Mais là, vraiment, non, non, c'était pire que sadique, je vous assure, j'ai fermé le livre dans un état tel que je suis allée me déchaîner en postant de nombreux tweets remplis de colère, de haine, de frustration, de tristesse, et en même temps je trouve cette fin totalement géniale, mais aussi tellement affreuse. Toute l'histoire a eu le don de m'énerver car rien ne se passait comme je le souhaitais, mais en même temps j'adorais cet effet de surprise que l'auteur me procurait en faisant faire certaines choses aux personnages. Ce livre est juste fou, pour moi c'est incroyable qu'une auteur réussisse à me faire ressentir autant de choses. Mais en même temps, un premier tome de 500 pages, un second de 600 pages, il faut dire qu'on s'attache à nos personnages plus que de raison, et on comprend donc mieux la raison de ma frustration immense dès que quelque chose d'agaçant se produisait. Je ne pouvais rien y faire, alors je continuais à lire l'histoire. Pire que ça, je comprenais que les personnages fassent telle ou telle action, ça m'énervait mais je le comprenais, car chacun a un passé propre à lui-même, parfois plus traumatisant que tout ce que je pourrais imaginer. Alors oui, l'auteur a très bien étudié les personnalités des différents personnages, elle les a approfondis au maximum, on les connaît dans les moindres détails. Et c'est à ce moment-là que je me déteste tellement de ne pas avoir deviné la fin, car oui cette fin peut sembler logique. Mais quand on aime nos personnages, non cette fin est terrible, affreuse, horrifiante. C'est un véritable supplice de devoir attendre mai 2016 pour la suite. Rebecca Donovan est juste incroyable, vraiment, et si le tome 3 est à la hauteur des deux premiers, la trilogie sera alors un véritable coup de cœur.

En conclusion, ma chronique n'a aucun sens. Donc je vais résumer un peu : ce livre est génial, tout autant que le premier car j'adore Emma, j'adore suivre sa vie, sa reconstruction, ses relations avec Evan et Sara. Ce roman n'est pas un coup de cœur car parfois j'ai été beaucoup trop agacée par les personnages, surtout par Emma totalement indécise à certains moments. Mais il reste une lecture véritablement excellente car il est riche en action, en suspens, en surprise, en amitié, en amour, en découvertes, en rencontres, et en événements horribles que l'auteur a du se faire plaisir à écrire en sachant que ça allait nous torturer de les lire. Pour la fin, pas de commentaire, j'étais totalement déboussolée, totalement horrifiée de devoir attendre 6 mois pour avoir la suite de cet épilogue juste affreux. Du coup, je vous conseille vivement ce second tome si vous avez aimé le premier, mais je vous préviens il faudra vous ramasser à la petite cuillère quand vous aurez tourné la dernière page.

Un second tome excellent.