15 juin 2015

Half Bad 2 - Sally Green.

« Les gens vraiment bons le restent dans l'adversité. Pas uniquement quand ça leur est facile. »

 
Auteur : Sally Green.
Éditions : Milan.
Genre : Fantastique, Jeunesse.
Année de sortie : 2015.
Nombre de pages : 406.


Synopsis : « Fuir, toujours fuir. Nathan n'a pas le choix. Les sorciers blancs le pourchassent ; les sorciers noirs le haïssent ; la fille qu'il aime l'a peut-être trahi. Sans compter que le Don reçu de son père fait de lui une créature indomptable et sanguinaire. La guerre des sorciers s'engage. Nathan doit choisir son camp. Mais de tous ses ennemis, le plus redoutable pourrait bien être lui-même.


Mon avis :
J'avais beaucoup aimé le premier tome - bien que tout ce qui touche au fantastique, ce n'est pas mon fort - mais j'avais vraiment apprécié ce monde de sorcier qui ne sort pas tellement du nôtre avec seulement la magie en plus. Je remercie donc les éditions Milan pour ce partenariat qui m'a permis de découvrir la suite de cette histoire noire et mystérieuse (en plus, la version collector avec sa tranche totalement rouge, c'est super beau).

On retrouve Nathan notre sorcier mi-noir mi-blanc, au caractère mi-attentionné mi-haineux. Un personnage bien lunatique qu'on ne peut que comprendre : il a vécu longtemps enfermé entre quatre murs de barreaux, un vécu qu'il est difficile d'oublier. Nathan est un personnage très approfondi, nous avons connaissance de chacun de ses sentiments, jusqu'aux plus extrêmes et dérangeants. L'auteur exploite bien les personnages principaux, ce qui fait qu'on s'attache aisément à eux, avec toujours la crainte de les voir tomber sous un coup de feu ou de poignard. Gabriel, le meilleur ami de Nathan, est un personnage que j'affectionne particulièrement et qui m'a beaucoup touchée, j'espère qu'il en sera de même pour vous quand vous lirez cette histoire.

Le début est un peu lent, c'est vrai, et il faut attendre un petit moment avant que l'action démarre enfin. C'est ce que je peux reprocher au livre, cette attente de départ ; un reproche très rapidement effacé car la seconde partie du roman est tout simplement explosive, avec du suspens et des retournements de situation à n'en plus finir. C'est ce que j'ai adoré, de vivre cette histoire avec eux. J'avais l'impression d'être présente, de me baisser pour de pas me faire toucher, de courir pour fuir. Un second tome riche en combats et en stratégies – qui dégénèrent parfois, évidemment. Les quelques moments lents furent donc oubliés grâce à tous les moments passionnants. Je peux dire que cette saga a vraiment quelque chose d'unique, car nous avons un héros loin de la perfection, même très loin du héros idéal de notre esprit, mais un héros quand même, qui souhaite défendre la bonne cause. Même les personnages les plus détestables réussissent à nous toucher car ils ne font pas tous certains actes par envie, mais par devoir.

La plume de l'auteur, très descriptive – ce qui explique les quelques moments lents au début du roman – n'hésite pas à montrer ce qu'il se passe, dans les moindres détails. Un style plus que réaliste qui ne nous épargne pas les éléments les plus sanglants, ce qui nous fait donc imaginer l'horreur de certaines scènes et qui renforce d'autant plus l'impression de faire partie intégrante du livre, un élément que j'adore ressentir quand je lis une nouvelle histoire. Ce qui fait que ce livre est une lecture que j'ai vraiment appréciée. Par contre, la fin m'a vraiment laissée bouche bée, et j'ai eu cette petite frustration de savoir qu'il va falloir attendre presque un an avant de pouvoir découvrir la suite et fin de cette trilogie.

Ce livre n'est pas sans défaut car sa première partie m'a fait appréhender cette lecture. Mais une fois les 100 premières pages passées, c'est tout l'inverse, on ne veut plus sortir de l'histoire. Le suspens est très présent, l'action de même ainsi que les détails sanglants. Le tout forme un roman de sorcellerie vraiment intéressant avec une grande part de mystère tout au long de l'histoire.

Un second tome aussi passionnant que le premier.

11 juin 2015

Ma famille normale contre les zombies - Vincent Villeminot & Yann Autret.

« on mesure par le manque béant combien étaient aimés les êtres chers.»

Auteur : Vincent Villeminot et Yann Autret.
Éditions : Nathan.
Genre : Jeunesse, Humoristique.
Année de sortie : 2015.
Nombre de pages : 256 pages.

Synopsis : « Je m'appelle Madoloup, et je suis une fille normale. Alors je n'avais pas prévu de me casser le coude le jour de mon arrivée en vacances. Mais ce n'est pas là que les choses ont vraiment dérapé. Non. C'est plutôt quand les goélands sont devenus fous. Qu'ils se sont mis à attaquer les gens. Qu'ils ont contaminé ma petite sœur. Qu'on a appris qu'il s'agissait d'une épidémie de Virus Zombie. Que mon père a décapité Papy. Et qu'on s'est retrouvés assiégés par dix mille morts-vivants qui voulaient rentrer par les toilettes... »


Mon avis :
J'ai reçu ce service presse des éditions Nathan il y a très longtemps, mais je n'avais pas spécialement envie de le lire à ce moment là. Mais cette semaine il me fallait une lecture légère, drôle, alors je me suis penchée sur ce livre, et j'ai bien rigolé. J'ai été très surprise de voir sur Livraddict que les avis étaient très mitigés, même si j'en comprends certaines raisons, moi je vais vous en parler plutôt positivement car je n'ai pas vu beaucoup de défauts à ce roman.

Une famille qui part en vacances, tranquillement. Une famille décrite comme vraiment loufoque, et je ne pouvais jamais m'empêcher de rire quand l'un des personnages intervenait – ce qui signifie que j'ai très souvent ri, vous vous en doutez. Dans cette famille, ils sont six, et ils vont chez leurs grands-parents. Mais c'était sans compter sur cette attaque de zombies qui va ravager la planète ! Des idées totalement décalées qui ne pouvaient que nous faire rire lors de notre lecture. Les personnages et leurs manies que l'on retrouve à chaque page, leur style étrange qui ressort, leurs remarques pleines d'humour parfois implicite mais que l'on perçoit à chaque fois... au niveau de l'humour, je le dis, j'ai été servie, et j'ai bien ri.

Alors oui, ce roman « jeunesse » n'est finalement pas tellement destiné qu'aux enfants. Le vocabulaire parfois un peu grossier fait que lire ce livre à un jeune enfant pourrait être un peu déplacé, surtout que l'humour -parfois noir- présent dans l'histoire ne serait certainement pas bien compris. Alors ce livre je le conseille à tous ceux qui veulent rire un bon coup, mais aussi aux enfants qui sont totalement fans des zombies. Après c'est sûr, l'humour de ce genre, on aime ou on n'aime pas, mais moi j'ai adoré.

Je pense qu'il faut prendre ce roman à un degré très très lointain du premier, ce que les gens n'ont pas tous fait, et donc ils n'ont vu que des défauts au livre (ce que je comprends, si on lit ce livre au premier degré évidemment qu'il y a beaucoup de défauts, mais ce roman n'a pas été écrit dans le but d'être pris au sérieux). Un autre petit défaut, la fin un peu bâclée contrairement au roman dans son ensemble, et c'est un peu décevant. Les illustrations – assez inexistantes dans l'épreuve non corrigée, mais parfois par ci par là – sont vraiment en accord avec le récit. Les petites notes en bas de pages d'explications quelconques font elles aussi parti de l'humour du roman. Tout a été fait pour vous faire rire, donc j'espère que si vous plongez dans cette apocalypse zombies, vous en ressortirez euphorique.

Ce roman a vraiment fonctionné sur moi : j'ai beaucoup ri, à n'en plus pouvoir, et j'ai vraiment été détendue par ce moment de lecture où je me suis amusée. Un humour qui ne fonctionnera pas sur tout le monde, mais surtout un roman à prendre au second degré afin de ne pas voir le mal partout, et pour rigoler un bon coup. Je vous le conseille donc si vous souhaitez passer un bon moment, où si votre enfant est un fan de zombies – il sera servi.

Un roman vraiment amusant.

9 juin 2015

Coeur de Brindille - Yves-Marie Robin.

« Une étincelle de joie brillait dans le regard des amoureux – une de celles qui enflamment la vie. »

Auteur : Yves-Marie Robin.
Éditions : Sarbacane, collection Exprim.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie : 2015.
Nombre de pages : 188.

Synopsis : « Été 1975, Cité des Biscottes, dans le Nord de la France. Lolita dite Brindille, une adolescente de 15 ans, vit seule avec sa mère, alcoolique notoire. En vraie « fleur de béton », Brindille ne rêve que de partir – d’abord et avant tout, pour revoir son frère aîné Angelo, incarcéré à Marseille. C’est à l’occasion d’une rencontre foudroyante avec un jeune jongleur travaillant dans un cirque tzigane qu’elle concrétise ce désir… au grand désarroi de son professeur de lycée, très attaché à cette élève atypique qui va se lancer à sa poursuite. Mais Lolita laisse peu de traces ; lancée sur les routes avec le cirque, elle apprend le métier, change d’identité, s’adapte aux péripéties en suivant son instinct, toujours. En cargo, à pied ou sur la selle d’un scooter, elle ira jusqu’au bout de son aventure... par le chemin où naissent les légendes ! »

Mon avis :
Une nouveauté des éditions Sarbacane, un nouveau roman Exprim : il me fallait ce livre. Cette collection a ce don de toujours me faire découvrir des romans uniques et hors du commun, je ne pouvais donc pas passez à côté d'une sortie qui me donnait fortement envie – de par sa sublime couverture, son magnifique titre, ou encore son résumé très prometteur. Je remercie donc Charlène et les éditions Sarbacane pour m'avoir envoyé ce roman : grâce à vous, je connais à présent une plume nouvelle et surprenante.

Lolita, que tout le monde appelle Brindille, est une jeune fille à qui la vie n'a pas fait de cadeaux. Une mère alcoolique et un frère prisonnier – ce dernier lui manquant énormément, elle rêve de le retrouver, après tant de temps passé loin de lui. Sa rencontre avec Diego va marquer un grand tournant dans sa vie : Brindille devient libre comme l'air. C'est un personnage hors du commun que nous avons là. Une jeune fille franche, au langage très familier, avec une vision de la vie difficile au vu de son passé ; pourtant Brindille est une adolescente formidable, attachante, qui donne beaucoup de son être pour aider, pour plaire, et qui nous touche grandement malgré sa carapace très solide recouvrant une souffrance que nous n'avons pas de mal à deviner.

Les chapitres alternent avec de nombreux points de vue, celui de l'adorable Brindille, celui du malheureux Angelo, son frère, qui passe ses jours à attendre en prison, ainsi que celui du professeur de Brindille, un homme prêt à tout pour son élève. Nous assistons aussi à l'échange qui a lieu entre Brindille et son frère sous forme de lettres qu'ils s'envoient l'un à l'autre afin de se donner des nouvelles régulièrement. C'était agréable de suivre cet échange qui, bien que cela ne soit pas explicite, était rempli d'amour du premier mot au dernier. Brindille vit une folle aventure, rencontre des personnes aimantes, et on ne peut que souhaiter le bonheur de cette jeune fleur – sa tige ne demande qu'à grandir, qu'à s'épanouir.

Le style, et venons-en à lui avec beaucoup de sérieux, car il est bien la seule barrière qui puisse faire appréhender un lecteur qui n'a lu que les premières pages. C'est un style très particulier, un style unique, familier et pourtant si poétique, qu'il est difficile de le décrire avec des mots. Il faut le lire pour vraiment saisir l'impact que la plume de l'auteur peut avoir sur nous, avec de simples mots. Je peux comprendre que certains n'apprécient pas cette manière d'écrire, il m'arrivait de relire pour mieux saisir, mais j'ai tout de même adoré ce moment de découverte, lire quelque chose de nouveau, d'inhabituel, qui sort de mes lectures de tous les jours. On accroche ou on n'accroche pas, moi j'ai adoré la plume et je peux dire que j'ai voyagé avec le cirque !

Ce livre est unique, il nous fait rire, il sait nous surprendre, et ça, j'adore. Il a beau être loin du coup de cœur, je sais que je vais en garder un bon souvenir, car ce n'est pas tous les jours qu'on sort de nos habitudes de lecture pour nous plonger dans l'inconnu, lire comme si c'était notre premier roman, admirer le style, être amusée par ce dernier. Je sais que ce roman n'est pas pour tout le monde au niveau de l'écriture, mais je sais aussi que les curieux seront tentés de sauter le pas afin de découvrir ce que ce roman a de si spécial. Alors j'espère vraiment que vous serez curieux !

Un roman étonnant, unique et passionnant.


J'ai lu ce roman en lecture commune avec mysunthebooks, j'ai été ravie de partager ce moment avec elle ! Voici le > lien de sa chronique <

4 juin 2015

Comme une envie de voir la mer - Anne Loyer.

« Mais l'amour ne peut pas tout. Même quand il est immense. »

Auteur : Anne Loyer.
Éditions : Alice éditions.
Genre : Jeunesse, Contemporain.
Année de sortie : 2015.
Nombre de pages : 109.


Synopsis :
« À seize ans, Ludivine vient d'avoir son bac. C'est une fierté pour ses parents. Pour elle, c'est surtout le moment tant attendu de prendre son envol et de se défaire des attentes qu'ils ont fait peser toutes ces années sur ses jeunes épaules. Entourée de tous ses amis, Ludivine fête l'événement comme il se doit. Rien ne pourrait gâcher cette journée. Sauf un message laissé sur son répondeur... Le message d'une inconnue qui va bouleverser sa vie. Du jour au lendemain, exit Ludivine, bonjour Ludie ! La jeune fille impose à tous, et surtout à ses parents, ce nouveau prénom. Mais ça amuse plus que ça n'interpelle. Alors, sans prévenir qui que ce soit, Ludie fugue vers la mer avec, en guise de bagage, son grand frère handicapé et l'espoir de trouver une réponse au mensonge qui a régi toute son existence jusqu'ici. »



Mon avis :
Je remercie l'auteur, Anne Loyer, pour son envie de me faire découvrir son roman et pour l'envoi de celui-ci. Une auteur que je souhaite découvrir depuis maintenant plusieurs mois, et c'est chose faîte avec ce roman frais, léger, mais aussi plein de tristesse engendrée par la vie. Une lecture qui ne nous laisse pas indifférent.

Ludivine est jeune, Ludivine vient d'avoir son bac, Ludivine est parfaite, Ludivine est sage, Ludivine a de si bonnes notes, Ludivine est si talentueuse... Mais elle préfère se faire appeler Ludie, s'enfuir vers les vagues avec son frère handicapé, et vivre, ou bien tenter de le faire. Ludivine apprend une nouvelle qui bouleverse sa vie, et il lui faut comprendre. Elle aimerait savoir. C'est une jeune fille qui, derrière son sérieux et sa gentillesse, cache une envie de liberté éternelle. Une fille qui nous touche. Tout comme son frère, malade, qui même s'il ne comprend pas tout, fait attention à sa sœur. Sa naïveté est parfois un avantage.

L'histoire est très courte, on ne peut pas vraiment parler d'intrigue ou de suspens, mais plutôt d'un récit aux allures d'une nouvelle, qui nous fait suivre l'évolution de Ludie depuis l'horrible découverte. Si je devais reprocher une chose à ce roman, c'est sa petite taille qui l'est un peu trop. J'aurais aimé en savoir plus sur Ludie, sur la fête d'après-bac, sur ses amis, sur son frère et sa relation avec lui et sa famille. On ne sait que peu de choses, tout est vague. Les détails sont comme noyés dans la mer que Ludie veut tant voir. Je ne doute pas d'une chose : c'était le souhait de l'auteur que ce roman soit si rapide, si bref. Car au fond, il nous fait voir l'essentiel du sujet sans que l'on s'attarde sur ce qu'il a pu se passer avant, ou sur ce qu'il se passera ensuite. Non, nous sommes au cœur d'une histoire, bien menée, et qui aboutit à quelque chose.

L'auteur a une très jolie plume, tantôt pleine de naïveté, tantôt pleine de sagesse. C'est agréable de lire ce livre car on croit lire une chanson, un poème. On se retrouve face aux situations difficiles de la vie de famille, les secrets trop longtemps cachés, la maladie d'un enfant qui rend les choses plus difficiles, les conflits parents-enfants. En 109 pages le roman nous raconte une petite histoire pleine de poésie, de tristesse et de tendresse.

Si ce livre avait été plus long, il aurait pu devenir un coup de cœur, car la plume de l'auteur est saisissante et poétique. Je suis maintenant sûre que je lirai un autre roman d'Anne Loyer car son style me plaît, et je vous conseille à vous aussi de lire ce petit roman si vous souhaitez la découvrir ; j'espère que, comme moi, vous allez succomber à la beauté de ses mots.

Une très bonne petite lecture.

3 juin 2015

Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens - Becky Albertalli.

« Je tombe un peu amoureux de tout le monde. »

Auteur : Becky Albertalli.
Éditions : Hachette.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie : 2015.
Nombre de pages : 315.

Synopsis : « Simon Spier, 16 ans, est gay. Personne n’est au courant. Les seuls moments où il est vraiment lui-même, c’est bien à l’abri derrière l’écran de son ordinateur. C’est sur un chat qu’il a « rencontré » Blue. Il ne sait pas grand-chose de lui. Simplement : 1/ Ils fréquentent le même lycée. 2/ Blue est irrésistible. 3/ Il l’apprécie énormément. (Pour être tout à fait honnête, Simon commence même à être un peu accro.) Simon commet alors une erreur monumentale : il oublie de fermer sa session sur l’ordi du lycée. Résultat ? Martin, un de ses camarades de classe, sait désormais que Simon est gay. Soit Simon lui arrange un coup avec sa meilleure amie, soit Marin révèle son secret à la terre entière. Problème réglé ? Pas si sûr... »

Mon avis :
J'ai rarement lu des romans adolescents qui se concentrent uniquement sur le sujet de l'homosexualité. J'ai donc été intriguée par ce nouveau livre, curieuse de découvrir ce qu'il pouvait m'apporter, je l'ai demandé aux éditions Hachette que je remercie pour cet envoi. Je suis loin d'être déçue de ma lecture, je peux d'ores et déjà vous dire que je vous le recommande !

Simon est un adolescent, mais surtout, il est gay. Pas de problème, me direz-vous, si ce n'est que son entourage l'ignore. Jusqu'à ce qu'un certain Martin tombe sur ses mails et apprenne la nouvelle, décidant de lui faire du chantage, sinon, les mails de Simon et Blue seront à la vue de tous. Blue, c'est le correspondant de Simon. Garçon mystérieux, nous ignorons absolument tout de lui, si ce n'est qu'il a l'air d'apprécier Simon, tout comme ce dernier commence à éprouver de réels sentiments pour ce pseudo dissimulé par un écran. Le résumé paraît un peu... immature comparé au roman en lui même. Car les personnages ont tout de même 16 ans, et donc sont confrontés à des situations qui les mettent de plus en plus face à la vie adulte.

L'histoire ne tourne pas qu'autour de Martin et de son chantage, comme le laisse penser le résumé, mais plutôt autour des sentiments de Simon, sa crainte de tout dire, d'avouer son orientation sexuelle à sa famille, ses amis. On veut aussi savoir qui est Blue, quel est ce personnage si mystérieux qui se cache derrière ce pseudo. L'histoire possède plusieurs intrigues qui nous créent beaucoup de mystère, et qui nous donnent donc envie d'en savoir toujours plus. J'ai aimé passer du temps avec Simon et ses amis qui ont tous des personnalités très différentes. Et les voir avec les yeux de Simon était parfois amusant, découvrir ce qu'il pensait d'eux, découvrir de quelle manière il tenait à eux. Je n'étais pas à côté de Simon en lisant ce livre : j'étais Simon.

La plume est simple, familière, mais surtout pleine de réalité. L'auteur sait aborder les sujets de l'adolescence, que l'on soit homosexuel ou non, mais elle sait aussi dévoiler les sentiments de Simon peu à peu, des sentiments que l'on ressent avec lui. J'étais toujours dans le même état que lui, dès qu'une émotion le traversait je la ressentais instantanément, expérience étrange mais intense et agréable, ce personnage m'a touchée, et je l'ai trouvé très attachant. La fin m'a aussi beaucoup émue, une fin que j'ai fortement apprécié, parce qu'elle m'a fait du bien. J'étais heureuse, détendue, agréablement surprise, et ça compensait ma tristesse de refermer ce roman en me disant qu'il était terminé.

J'ai donc beaucoup apprécié ce roman qui traitait d'un sujet fort intéressant, d'actualité, ce qui donne un livre qui se démarque de ceux qu'on a l'habitude de lire et donc qui nous passionne d'autant plus. J'ai aimé le fil du récit, les personnages et les relations qui les liaient, ce qui fait que je ressors de cette lecture entièrement satisfaite, je n'ai pas trouvé de défaut à ce livre et je sais que je me souviendrai de lui encore longtemps. En conclusion : lisez-le, vous allez adorer.

Une excellente lecture.

1 juin 2015

Enclave - Ann Aguirre.

« Pour être pris au sérieux, il ne fallait pas montrer sa fragilité aux autres. »

Auteur : Ann Aguirre.
Éditions : Le Livre de Poche Jeunesse.
Genre : Dystopie, Jeunesse.
Année de sortie : 2015 pour la présente édition.
Nombre de pages : 317.


Synopsis : « Le monde est ravagé. A la surface, plus rien ne vit, plus rien ne pousse. Les hommes se sont réfugiés dans des villes souterraines : les enclaves. L'enclave, c'est ma vie. C'est le lieu qui nous protège des créatures rôdant dans les tunnels, ces Monstres mangeurs de chair humaine. Et moi, je suis celle qui protège l'enclave en retour, celle qui chasse les Monstres. Il faut servir l'enclave. C'est ce que nous disent les Aînés. Mais ce n'est pas ce que dit Del, mon partenaire de chasse. Je ne sais plus qui croire... »

Mon avis :
Enclave est une saga dont je n'ai entendu que du bien, ce qui me tentait évidemment, car un univers dystopique est toujours attirant pour moi. Je remercie donc les éditions Hachette de m'avoir fait parvenir ce livre, car grâce à eux j'ai enfin pu découvrir le monde qu'Ann Aguirre a créé, et je me suis fait mon propre avis sur ce début de trilogie.

Trèfle est le personnage principal de l'histoire, jeune fille disciplinée, bien décidée à suivre les règles et à se faire intégrer dans son enclave. Elle rêve d'avoir une bonne place au sein de son lieu de vie, afin qu'on puisse la reconnaître telle qu'elle est : une battante. Et Del, son partenaire de chasse, un garçon mystérieux qui, lui, n'a aucunement envie de suivre l'opinion des habitants de l'enclave, car il sait des choses sur l'extérieur. Des personnages adolescents, et cela se ressent, car la plume manque parfois d'une touche de... maturité ? Du moins c'est ce que j'ai ressenti durant ma lecture. L'auteur souhaitait peut-être que les plus jeunes se sentent proches des personnages, mais personnellement cela m'a mise un peu à l'écart à certains moments. Et certaines réactions de Trèfle m'agaçaient fortement, mais là-dessus l'auteur a bien fait, car nous voyons à quel point le conditionnement peut donner des idées fermées à une personne en capacité de penser et de réfléchir.

L'histoire suit la dystopie habituelle, mais comme il s'agit là d'un monde que je n'avais jamais lu, j'ai été ravie de découvrir un nouveau mode de vie, de nouvelles règles ainsi que de nouveaux mystères. L'auteur savait évidemment mettre le suspens là où cela était nécessaire, car il m'arrivait de prévoir une page d'arrêt mais la fin de chapitre était trop tentante et je n'étais pas capable de rester sur une intrigue pareille. Nous sommes dans un monde plein d'action, un monde sanglant, où les blessures peuvent être fatales et où l'auteur n'hésite pas à nous montrer qu'elle peut tuer qui elle souhaite, on se retrouve donc à appréhender les scènes qui vont suivre, en se questionnant sur l'état critique d'un des personnages.

Au niveau du style, comme je le disais précédemment, je ne l'ai pas trouvé extraordinaire, et c'est ce qui m'a légèrement déçue comparé aux autres dystopies que j'ai lu auparavant. Ici nous nous retrouvons presque avec un récit parlé, car Trèfle en est le narrateur, et cela expliquerait certainement la plume parfois trop jeunesse – pourtant je lis beaucoup de jeunesse mais le contexte sanglant du roman, à mes yeux, s'associait mal avec le style. Cela n'a pas été si dérangeant que ça, mais je tiens à le souligner car il s'agit tout de même d'un point important dans une histoire, le style.

Ce fut une lecture bonne dans l'ensemble, mais qui à mes yeux ne sortait pas vraiment de l'ordinaire. Certes le roman était addictif et donnait envie de savoir la suite dès que nous étions dedans, mais la plume parfois trop jeunesse me refroidissait, me mettait à l'écart de l'histoire. C'est le seul défaut de ce roman qui m'a tout de même bien divertie et donc que je vous reccomande grandement si, comme moi, vous adorez les dystopies.

Un bon roman.

25 mai 2015

Cendrillon - Disney.

« Pour moi, le ciel est comme le bal de ce soir. Tout le monde y est invité. »

Auteur : Disney (Brittany Candau).
Éditions : Hachette.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie : 2015.
Nombre de pages : 269.


Synopsis : « "Cendrillon" nous présente les aventures d'Ella, dont le père se remarie après la mort tragique de sa mère. Bien décidée à soutenir son père, Ella accueille avec la plus grande gentillesse sa belle-mère Lady Tremaine et ses deux filles. Mais lorsque le père d'Ella meurt à son tour, elle se retrouve à la merci d'une famille cruelle... »


Mon avis :
Le film Cendrillon est sorti il y a peu, et un roman a suivi, afin d'écrire le livre qui correspond à cette nouvelle adaptation de ce conte si bien connu. Un conte de mon enfance que j'ai adoré lire, dans toutes ses versions, mais surtout que j'adorais voir plus jeune – il n'y a pas de Disney que je connaisse davantage que Cendrillon. Ce fut donc un plaisir de me plonger entre les pages de ce livre, je remercie les éditions Hachette pour cette réception.

Ici, nous suivons le personnage d'Ella – ou Cendrillon – qui vit une merveilleuse vie aux côtés de ses parents bien-aimés. Mais le bonheur est parfois écourté, et c'est ce qui se passe pour cette adorable enfant, avec la perte de sa mère. Vint ensuite l'arrivée de la belle-mère et des deux nouvelles sœurs de Cendrillon, puis le décès du père de Cendrillon. C'est là que l'histoire commence réellement, quand on découvre les conditions de vie de la malheureuse enfant, et la méchanceté de sa marâtre. Ella est une jeune fille si attachante, et ayant vu le dessin animé de nombreuses fois je ne pouvais que l'imaginais avec le même physique, mais avec en plus des émotions qui m'étaient inconnus plus jeune.

Évidemment, l'histoire suit exactement le même fil que le film Disney, la version que nous sommes nombreux à connaître. Je ne vous apprends donc pas grand chose sur la tournure que les événements vont prendre. Il y a évidemment quelques détails qui changent, ce qui ajoute parfois du suspens au roman : « est-ce que l'histoire va être différente de celle que je connais ? », une question que je me suis posée à plusieurs reprises, ravie de voir des changements çà et là dans le récit.

Ce que j'ai vraiment apprécié, ce sont les souvenirs d'un conte que j'adorais, et que j'aime toujours avec autant d'étoiles dans les yeux. Redécouvrir cette histoire en la lisant, c'était magique, et ça me faisait tant plaisir. C'est une lecture qui détend, qui fait du bien, qui met un peu de magie dans nos vies, et qui nous fait rêver. La plume est belle, poétique, agréable, et le livre-objet en lui-même est si beau et si bien fait que rien que la présentation des pages donne envie.

Je suis donc très satisfaite de cette adaptation du conte de Cendrillon, et cela me donne envie de voir le film qui a inspiré ce roman (film sorti il y a peu). Je vous conseille cette lecture pour replonger dans vos vieux souvenirs mais surtout pour rêver un peu, ressentir de la magie autour de vous, et apprécier ce conte plein de princesses, de couronnes et de robes merveilleuses.

Un vrai plaisir de lire ce roman.

23 mai 2015

L'année Solitaire - Alice Oseman.

« Divisée entre le bleu et le vert, il y a une beauté indéfinissable qu'on appelle l'humanité. »

Auteur : Alice Oseman.
Éditions : Nathan.
Genre : Jeunesse.
Année de sortie : 2015.
Nombre de pages : 407.

Synopsis : « C'est l'histoire de… Tori. Michael. Becky. Lucas. Charlie. Et de l'année où tout a changé.
– Mais t’es qui, toi ?
Il se fige devant moi et annonce d’une voix caverneuse :
– Je m’appelle Michael Holden.
Michael Holden.
– Et toi, qui es-tu, Victoria Spring ?
Je ne trouve rien à répondre, parce que c’est précisément ce que je répondrais : rien. Je suis du néant. Du vide. Je ne suis rien.
Soudain, la voix du proviseur retentit et je me tourne vers le haut-parleur.
Quand le silence revient, je baisse le regard et la salle est vide. J’ouvre mon poing et dans ma main, il y a le Post-it SOLITAIRE.CO.UK. Je ne sais pas à quel moment il est passé de celle de Michael Holden à la mienne, mais c’est un fait.
Ça doit être là que tout a commencé. »

Mon avis :
Ce livre attendait depuis un petit moment dans ma pile à lire, je remercie les éditions Nathan pour cet envoi. Il m'a tentée dès sa réception, et j'avais hâte de le découvrir dès que le temps me le permettrait. Et voilà, la dernière fois, prise d'une envie de plonger dans un style nouveau, j'ai choisi L'année Solitaire. Et tout ce que je peux dire à présent, c'est qu'écrire cette chronique va être très, très, très compliqué.

Tori est une adolescente, simple, ou alors seulement un petit peu plus triste que les autres, mais cela ne se perçoit que légèrement. Tori vit normalement, jusqu'à ce petit post-it avec un site internet écrit dessus. Jusqu'à ce que SOLITAIRE s'approprie certains droits qu'il n'a pas afin de faire bouger le lycée et afin d'y semer suspens, action, et zizanie. Mais au delà de ça, on ne sait rien de l'histoire. On ne sait pas où l'on va, on ne sait pas où l'auteur veut nous emmener. C'était perturbant, et terriblement agréable de lire un roman aussi mystérieux, mais surtout aussi bien écrit. Les personnages sont humains, attachants, repoussants. Tori est une fille que j'ai apprécié malgré son pessimisme, et Michael était un garçon à mes yeux merveilleux. Comme le dit Tori dans le roman, on s'attache aux gens avec leurs défauts, parce que c'est ce qui fait d'eux des personnes réelles.

Le mystère présent, l'histoire floue, l'incertitude de l'endroit vers lequel on se dirige, le doute sur la suite possible de l'histoire. Mais surtout le questionnement. C'est en refermant le roman que j'ai saisi l'histoire entière, que j'ai saisi les désirs de l'auteur en nous offrant ce récit, ce qu'elle souhaitait nous apporter. Un roman qui mélange plusieurs grandes phases de l'adolescence. L'addiction aux réseaux sociaux, les difficultés des premiers amours, l'amitié instable, les grands moments de dépression. Mais Tori est encore plus différente que les autres, on sait qu'en elle quelque chose est atypique, unique, sauf qu'on ignore quoi. Et l'auteur se garde bien de nous le révéler dès le début.

Le style est plutôt simple, mais surtout très agréable. On relève parfois des phrases pleines d’innocence, et pleines de réalité. Sachant que l'auteur a 18 ans, et ayant lu ce livre, je peux dire que jamais je n'aurai pu deviner son âge si je ne l'avais pas su. Elle possède un talent pour raconter et construire les histoires, et ce roman me donne envie d'en découvrir un autre, et encore un autre. Ce livre peut être une lecture légère pour certains, ou bien une lecture difficile pour d'autres. Je crois que tout dépend de la manière avec laquelle on lit ce roman, et aussi de notre adolescence, ou des souvenirs qu'il en reste.

Mon avis est brouillon car je me sens totalement incapable de parler de ce livre sans en dire trop, ou bien pas assez. Mais si vous deviez ne retenir qu'une chose de mon avis, c'est que j'ai vraiment adoré ce livre. Il m'a passionnée mais surtout surprise, bien que ce ne soit pas le but premier de l'histoire, mais ce que j'ai adoré, c'est cette humanité présente tout au long du roman. L'humanité, la réalité, fait que je me sentais très proche de tout le récit. Et que j'ai eu du mal à avoir envie d'autre chose que de le lire.

Un roman unique.

15 mai 2015

Qui es-tu Alaska ? - John Green.

« On se sert de l'avenir pour échapper au présent. »

Auteur : John Green.
Éditions : Gallimard collection Scripto.
Genre : Jeunesse, Drame.
Année de sortie : 2007.
Nombre de pages : 365.

Synopsis :
« Miles Halter a seize ans et n'a pas l'impression d'avoir vécu. Assoiffé d'expériences, il décide de quitter le petit cocon familial pour partir loin, en Alabama au pensionnat de Culver Creek. Ce sera le lieu de tous les possibles. Et de toutes les premières fois. C'est là aussi, qu'il rencontre Alaska. La troublante, l'insaisissable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young. »



Mon avis :
Je me suis réveillée, et j'avais envie de lire un roman de John Green. Pourquoi ? Je n'en ai pas la moindre idée, mais j'ai décidé de ne pas hésiter, j'ai pris ce roman entre mes mains, je l'ai ouvert, et je me suis plongée dans ce livre unique, déroutant. Et c'est cet affreux sentiment de ne pas savoir si ce roman est un coup de cœur ou non qui me perturbe le plus. Peut-être que ce doute possède un lien avec le Grand Peut-Être, et donc que ce doute restera un mystère encore longtemps. Je ne sais pas, mais ce dont je suis sûre, c'est que ce livre est une perle rare, un bijou.

Miles est jeune, et il décide de vivre pleinement son adolescence en partant de chez ses parents afin de découvrir un nouveau monde, loin de sa famille, et près de ses nouveaux amis. Une expérience que l'on vit avec lui. Et on rencontre Alaska Young avec lui. Alaska, cette fille si merveilleuse, si vivante, si bouleversante, si lunatique, si magnifique. L'auteur sait nous offrir des personnages vivants, humains, bourrés de qualités mais aussi de défauts. Des défauts qui nous plaisent, et d'autres un peu moins. Mais c'est ce qui constitue un être humain à part entière. Alaska était tout sauf comme les autres. Elle était unique, et la découvrir au fil des pages fut une aventure merveilleuse. Je me suis attachée à elle ainsi qu'aux autres amis de Miles, et c'est parce qu'ils avaient tous cette sensibilité qui m'a touchée, attendrie, et qui m'a surtout passionnée.

Cette histoire n'est pas exceptionnelle en soi, mais ce sont les personnages qui la rendent si unique. Chacun d'entre eux apporte à ce roman son savoir, son histoire. Et tout ce récit fait extrêmement songer à notre existence, notre présence sur terre. John Green réussit à nous interroger implicitement sur notre condition, à l'aide de métaphores et de phrases aux tournures philosophiques. C'est ce qui rend ses romans ni incroyables : ils sont particuliers, possèdent leur propre style, avec un auteur qui possède sa plume et ses idées. Des idées qui nous envoûtent du début à la fin.

Ce livre m'a fait sourire et pleurer. Mais surtout sourire. L'auteur sait nous faire rire avec seulement quelques mots, mais il est aussi capable de faire couler des larmes le long de notre visage. C'est un talent que j'admire chez lui, mais j'admire surtout sa capacité à nous fasciner par ses romans, de la première page jusqu'à la dernière. John Green a un don, je n'en doutais pas, mais Alaska ne fait que le confirmer. Il nous fait vivre certaines situations comme si elles étaient réelles, et cela nous procure des sensations nouvelles, méconnues, mais surtout étranges. Ce roman n'est pas parfait à mes yeux, je ne saurais citer ses imperfections, mais il est comme Alaska : magnifique, bouleversant et retournant. Il n'est pas parfait parce qu'Alaska a ses défauts. Mais on peut apprendre à apprécier les défauts d'un personnage, ou bien ceux d'un livre.

Ma chronique n'est pas exceptionnelle, pas très ordonnée, parce que mes idées sur ce roman sont, je l'avoue, assez troubles et incertaines. Je n'arrive pas à expliquer ce que j'ai ressenti. Je n'arrive pas à dire ce que j'ai tant apprécié, mais je sais que je l'ai énormément aimé. Je sais que ce livre nous apprend beaucoup, je sais aussi qu'il nous fait ressentir de merveilleuses émotions, certainement parce que lui-même est merveilleux.

Un roman unique, magnifique.

12 mai 2015

Perdue et Retrouvée - Cat Clarke.

« Tu as remis ma vie à l'endroit.»

Auteur : Cat Clarke.
Éditions : Robert Laffont, collection R.
Genre : Contemporain.
Année de sortie : 2015.
Nombre de pages : 405.

Synopsis :
« PERDUE. Quand Laurel Logan, 6 ans, a été kidnappée, seule sa petite sœur en a été témoin. Toute l'enfance de Faith a été façonnée par la disparition de Laurel : de la séparation de ses parents à la présence constante des médias, en passant par celle de ces soi-disant amis qui ne veulent que lui parler de sa sœur. RETROUVÉE. Treize ans plus tard, une jeune femme est retrouvée dans le jardin de l'ancienne maison des Logan, totalement déboussolée et serrant dans ses bras l'ours en peluche avec lequel Laurel a disparu. Laurel est enfin de retour chez elle, saine et sauve. Faith avait toujours rêvé de revoir sa sœur, sans oser vraiment croire que cela arriverait. Mais une série troublante d'événements isole Faith et la pousse à la paranoïa : ce que l'on a perdu peut-il réellement être retrouvé ? »



Mon avis :
Jamais un Cat Clarke n'a échappé à la règle du coup de cœur. J'attendais ce nouveau roman avec une grande impatience, j'appréhendais même d'en attendre trop, parce que c'est ce qui arrive quand on aime de trop les romans d'une auteur : si le suivant nous déçoit, c'est difficile de s'en remettre. Je l'ai commencé comme si je tenais un trésor entre mes mains, et j'avais bien raison : c'est un trésor.

On rencontre Faith, une adolescente dont la vie n'a rien d'ordinaire car sa sœur s'est faite enlevée il y a 13 ans. Mais plus fou encore, elle est de retour à la maison, plus vraie que jamais, et tout le monde y voit le plus beau miracle du monde. Faith aussi, évidemment, jusqu'à ce que les événements prennent une tournure assez étrange, voir catastrophique. On se retrouve alors plongé dans un thriller déroutant et perturbant qui sait nous garder en haleine jusqu'à la dernière ligne de la dernière page. Faith est une adolescente à qui j'ai très vite réussi à m'identifier, elle était tout simplement humaine. Comme tous les personnages de Cat Clarke, elle avait ses défauts et ses qualités, son caractère était réaliste, véritable, et c'était d'autant plus agréable de se sentir proche du narrateur. Laurel était attachante, mais parfois inquiétante, j'avais du mal à cerner le personnage, et l'auteur a su en faire une véritable énigme, difficile à résoudre. Mon seul petit regret c'est la mise en retrait de Martha et Thomas, l'ami et le copain de Faith, car ils ont été assez peu approfondis à mes yeux, je m'attendais à en apprendre davantage sur eux.

C'était juste extraordinaire. J'ai eu la sensation de vivre chaque événement comme si j'avais écrit ce livre tant mon corps était en coordination avec le récit. J'étais surprise de ressentir tant d'émotions contradictoires, mais surtout c'est bien la première fois qu'un roman me fait ressentir une gêne, un malaise. Et c'était une position assez inconfortable ; l'auteur est incroyable de réussir à nous faire découvrir ce qu'un livre peut être en mesure de nous faire éprouver. Au delà d'être gênée, j'étais carrément traumatisée par moments : la boule au ventre qui ne voulait pas s'en aller, et les situations que j'appréhendais, redoutant le pire, imaginant des horreurs pas possible. C'était une expérience incroyable que de lire ce roman, car j'ai découvert qu'un livre pouvait me faire ressentir des choses qui m'étaient encore inconnus, malgré tous les romans que j'avais déjà lus auparavant. C'était même magique.

Cat Clarke a comme à son habitude une plume simple, mais addictive au possible. Pour la première fois avec cette auteur, la fin paraissait évidente, mais évidemment que deviner un simple événement fait que nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Ce roman peut paraître lent, mais il est surtout réaliste : on vit avec Faith chaque journée depuis le retour de sa sœur, et chaque moment est important, bien que parfois cela ne se perçoit pas. Et c'est ce qui m'a une nouvelle fois passionnée, car le roman n'a pas tenu deux jours, je l'ai littéralement dévorée, pour en ressortir totalement perdue, puis bouleversée, puis émerveillée. Que des sentiments contradictoires qui s'entrechoquaient en moi, et ça me fascinait. Cat Clarke m'a fascinée avec ce roman, j'en suis tombée amoureuse, je crois.

Je ne sais pas si j'ai employé les bons mots pour vous donner mon ressenti sur ce livre. C'est toujours extrêmement difficile de chroniquer les romans de Cat Clarke, car ils nous laissent généralement dans une confusion totale, inhabituelle, et c'en est d'autant plus perturbant. En tout cas, s'il faut retenir une chose de tout ce blabla, c'est que ce roman, il faut le lire. Il ne faut pas passer à côté, il faut s'arrêter devant, l'observer, l'acheter, le dévorer, et l'aimer aussi fort que je l'ai aimé. N'hésitez pas avec ce livre, vraiment pas.

Un coup de cœur.

9 mai 2015

Sur les trois heures après dîner - Michel Quint.

« Vous avez mille vies que des auteurs vous offrent et qui vous resteront si vous si vous savez leur prêter la vôtre. »

Auteur : Michel Quint.
Éditions : Gallimard (collection Scripto).
Genre : Jeunesse.
Année de sortie : 2004.
Nombre de pages : 105.

Synopsis : « Quand Thomas Bertin, le nouveau prof de théâtre, est apparu, Rachel n'a pas compris tout de suite ce qui lui arrivait. "Du chaud aux joues, un picottis partout partout et une bête envie de pleurer". Le mot amour, elle n'y a pas pensé tout de suite. C'est le soir qu'elle a compris. Elle aimerait Thomas Bertin jusqu'à son "dernier battement de cœur". Sauf que Rachel n'est qu'une lycéenne de dix-sept ans, sauf qu'il y a Babette, la ravissante compagne de Thomas... Et sauf qu'un matin, la tragédie décide de s'en mêler. Le cours va commencer mais Thomas n'arrive pas... »

Mon avis :
J'ai lu ce roman dans le cadre d'un événement dont vous entendrez parler plus tard. Je ne savais rien de cette histoire, si ce n'est qu'Iris avait adoré, et qu'elle espérait que je serais touchée autant qu'elle l'avait été. Je me suis donc plongée dans l'inconnu, un inconnu qui m'a passionnée mais surtout qui m'a frustrée de se terminer si vite.

Une salle de théâtre, des élèves, et un professeur. L'histoire commence, et c'est Rachel qui nous la raconte. Rachel qui aime les belles paroles, la beauté, la tendresse. Rachel qui, la première fois qu'elle a vu le nouveau prof de théâtre, Thomas Bertin, a su qu'elle avait eu un merveilleux coup de foudre. Rachel est un personnage touchant, et si attentionné qu'on ne peut que s'attacher à elle. Les autres personnes de cette histoire m'ont moins touchée, certainement parce qu'avec seulement 105 pages, peu d'entre eux sont approfondis.

Ce n'est pas la simple histoire d'un cours de théâtre, non, c'est une histoire d'amour. Mais là encore, vous n'allez pas lire une romance habituelle, loin de là. Cette relation a comme un goût d'interdit, la différence d'âge et de milieu crée comme une barrière, et nous la voyons parfois s'épaissir, parfois devenir de plus en plus transparente. Et quand le drame survient, l'amour est toujours là, plus fort que jamais. On suit une relation atypique, et on a toujours cette envie de faire avancer les choses, ainsi que d'avancer dans les pages pour savoir. On est surpris, heureux, et triste. Mais j'ai surtout été ravie de découvrir ce petit bouquin.

Il est difficile de parler d'un roman de 105 pages seulement, car on aimerait en dire beaucoup, mais on risque d'en dire trop. Alors je vais simplement vous dire que cette histoire d'amour est magnifique, unique, que ce petit roman qui se lit en une seule lecture est une merveilleuse découverte à mes yeux, et que je le trouve sublime. J'ai découvert différentes sortes d'amour, et d'environnements. L'auteur a su varier les situations sans trop s'attarder, ce qui donne à ce petit roman le pouvoir de la frustration : on le termine trop vite, on aurait aimé lire davantage sur cette histoire si touchante.

J'ai été très touchée par ce petit livre, bien que son peu de pages soit frustrant, on en ressort ému. J'ai découvert un amour nouveau, différent et unique, et j'ai beaucoup apprécié lire l'évolution de cette relation, de ses premiers pas jusqu'au dénouement final. Je vous le recommande vivement parce qu'il sort de ce que j'ai l'habitude de lire, et qu'il sortira aussi de vos habitudes personnelles de lecture.

Une merveilleuse histoire.

1 mai 2015

#Scandale - Sarah Ockler.

« Si je n'ai pas de cœur, quelle est cette chose douloureuse, brûlante et pleine d'espoir qui palpite si fort dans ma poitrine que ça m'empêche de dormir et de réfléchir ? Cette chose qui se serre lorsqu'il m'embrasse, et encore plus lors que je m'éloigne ? »

Auteur : Sarah Ockler.
Éditions : Nathan.
Genre : Jeunesse.
Date de sortie : 25 juin 2015.
Nombre de pages : 297.

Synopsis : « Le soir du bal d’automne, Lucy se retrouve au bras de Cole, le petit-copain de sa meilleure amie, cette dernière étant malade. Emportée par l’euphorie et son amour secret pour le jeune homme, Lucy finit par commettre l’irréparable : l’embrasser. Mais bientôt, une photo de son baiser avec Cole est postée sur son propre compte Facebook, ainsi qu’une série de photos présentant ses amis dans des situations compromettantes. En quelques heures, le lycée entier la déteste et pour elle, l’enfer commence... »

Mon avis :
Rien que le titre a réussi à me plaire en quelques secondes, car #nous #sommes #tous #concernés #par #le #phénomène #internet. Un #SCANDALE peut vite éclater. J'ai voulu voir comment le roman abordait le thème des réseaux sociaux, ce qui allait s'ensuivre, et j'ai adoré suivre cette histoire qui sort de l'ordinaire. Je remercie donc les éditions Nathan pour ce très bon partenariat !

Presque chacun d'entre nous a un compte sur un réseau social, que ce soit facebook, twitter, instragram... Et ce n'est pas faute qu'on nous ait répété de faire attention. Lucy n'était pourtant pas du genre à créer des histoires, ni du genre à rabaisser les gens. Pourtant, les photos qui vont être publiées sur son profil seront bien mises à son nom, et elles ne mettent pas une seule personne à son avantage. Un véritable #Scandale éclate, comment prouver son innocence quand aucune preuve n'est vérifiable, et surtout quand le monde entier décide donc de se retourner contre vous ?

Le thème abordé est si intéressant que ma lecture en a été d'autant plus agréable. Les réseaux sociaux sont d'actualité, leurs conséquences de même, et j'ai beaucoup apprécié de lire ce récit qui mélange humour, vie de tous les jours et gravité de la situation. Parce que ce n'est pas tous les jours qu'on perd ses amis, qu'on se prend des projectiles, qu'on récolte des insultes. Ce roman va finalement prendre des allures d'enquête, car une question tourne en boucle dans nos têtes : « qui a posté les photos sur le compte de Lucy ? ». Difficile de répondre à cette question dès le début, et malgré quelques doutes et quelques idées, j'ai tout de même été surprise. Par l'histoire, par la fin, par le roman dans son intégralité.

Au delà du réseau social en lui-même sont abordés d'autres thèmes, comme les relations humaines, les désirs de vengeance, les accusations, la célébrité, la haine. Un mélange très peu commun qui a réussi à ravir mon esprit et qui m'a fait apprécié ma lecture. Le style reste très simple, la plume n'a rien d'extraordinaire en soi, mais cela ne rabaisse pas le livre au contraire, je vous conseille justement de l'acheter à sa sortie, fin juin, afin de pouvoir le lire sous le soleil, sur la plage. Il n'y aura rien de plus agréable que de découvrir cette histoire dans ces conditions.

Les réseaux sociaux sont au centre de nos vies à notre époque, et je crois qu'il est intéressant de découvrir cette histoire pour voir jusqu'où peuvent mener les réseaux sociaux et la jalousie, pour voir qu'il faut parfois profiter de la vie réelle, des odeurs et des sensations. Le but n'était pas de dévaloriser les réseaux sociaux mais juste voir que les médias, les circulations d'informations peuvent être trop extrêmes. Alors n'hésitez pas à le lire cet été, ça va vous détendre et vous intéresser.

Une histoire passionnante.